Landon Milbourne : « A Limoges, on donne tout à chaque fois »

L’ancien ailier fort de Maryland Landon Milbourne est l’une des pièces maitresses du CSP Limoges.

BasketActu : Tu joues pour la 2nde année en France, t’es tu familiarisé avec  le style de jeu ?

Landon Milbourne : Oui complètement, je me suis familiarisé au style de jeu français, au rythme auquel les gens jouent, la défense ainsi que les différents types d’attaques auxquels on est confronté. Je me sens relativement bien.

BasketActu : Quelles sont les différences en termes de jeu et d’infrastructures par rapport à ton passage aux Terps de Maryland ?

LM : C’est différent car lorsque tu es à l’école, tu t’entraines une fois par jour seulement et ce pour une durée de 3h environ. Ici, tu n’as pas à aller en cours ou quoi que ce soit, donc la plupart du temps, tu t’entraines deux fois par jour : une fois le matin, une fois l’après midi. Pour moi la transition s’est bien faite, j’ai dû m’habituer à ce rythme. Tout va bien, parce qu’en plus tu as beaucoup plus de temps pour te concentrer sur le basket et rien d’autre. Ça m’a facilité les choses car j’ai passé beaucoup de temps à perfectionner mon basket.

BasketActu : J’ai eu la chance de visiter les vestiaires à Maryland, mais aussi vos infrastructures. N’est-ce pas un choc pour un joueur sorti d’une grosse université d’arriver dans les infrastructures telles que sont les nôtres en France ?

LM : Au début, je ne savais pas trop à quoi m’attendre puis une fois que je suis arrivé ici et que j’ai compris que ce serait différent, et bien ce sont des choses que tu acceptes. Tu apprends à ne pas prêter attention à ça. Tu dois juste t’inquiéter de savoir ce qui se passe sur le terrain et rien d’autre. Tu sais que quand tu te déplaces, les choses sont différentes. C’est le basket professionnel, nous sommes payés pour jouer ici et nous ne l’étions pas à la fac donc l’un dans l’autre… Avec le temps, tu t’y fais et tu ne te prends pas la tête avec ce genre de choses.

BasketActu : Quel aspect de ton jeu est ce que Gary Williams t’a aidé à développer ?

LM : Lorsque je suis arrivé aux Terps’, j’ai en fait appris à jouer au basket, c’est à dire à comprendre le sens du jeu. Quand j’y suis arrivé, je ne savais faire que jouer les uns contre uns, dribler, shooter en première intention. Je n’avais pas besoin de beaucoup plus en high school. Mais dès que je suis arrivé à l’université, il me fallait apprendre tout cela. Je devais apprendre à jouer dans le sens du jeu, apprendre à lire certaines situations, à réagir en fonctions de ce qui se présente. Tu apprends ce que tu dois faire ou ne pas faire, quand shooter, quand passer la balle. Coach Williams était un véritable enseignant pour moi. Il enseignait constamment une fois sur le terrain, et j’ai tiré profit de cela pendant 4 ans. J’ai beaucoup appris lors de mon passage là bas.

BasketActu : Coach Williams est connu pour être très axé sur la défense, est-ce aussi le cas à Limoges ?

LM : Ce n’est pas la même chose. A Maryland, si tu ne défends pas à mort tu ne joues pas. C’est aussi simple que ça. Si quelqu’un score sur toi une ou deux fois, tu ne reverras sûrement plus le terrain. Ici, c’est différent car tu traites avec le monde professionnel. Les gars vont forcément scorer car c’est leur métier de le faire. Tu peux produire une défense parfaite, mais ils vont tout de même scorer. Parfois, tu ne disposes pas d’un joueur sur le banc qui peut rentrer à ta place et qui te pousserait à jouer encore plus dur. Parfois tu défends dur, parfois un peu moins ça dépend des situations qui se présentent. C’est en ça que c’est différent. Ici, ce sont plus tes coéquipiers qui te poussent à défendre dur et à insister sur les détails plus que le coach. Ça marche pour nous car nous savons quoi attendre de chacun d’entre nous et si on ne fait pas le job, on ne gagne pas les matches. Et si on ne gagne pas ça donne une mauvaise image de l’équipe et de soi. C’est pour ça qu’à Limoges, on donne tout à chaque fois.

BasketActu : Qu’est ce qui t’a fait passé de Boulogne  à Limoges ?

LM : En fait, j’ai parlé au GM à Boulogne, Oliver Bourgain. Lui et moi sommes devenus de bons amis. A l’issue de la saison, il m’a fait asseoir pour parler de mes objectifs personnels et de leurs attentes. Il m’a dit qu’ils adoreraient me voir revenir l’année suivante mais que dans le même temps ils souhaitaient me voir développer mon jeu et devenir un meilleur joueur. Il m’a dit qu’il pensait que Limoges serait un bon choix pour moi en termes de compétition et d’accession à la Pro A, ce que je recherchais. Je le remercie pour ça. Je sais qu’il s’entend bien avec mon président ici, et ça c’est bien passé en prenant cette option. Limoges est descendu de Pro A et veut faire son retour. Je pense qu’ils ont senti que m’avoir dans l’équipe pouvait contribuer à l’objectif commun et à faire en sorte que l’accession en première division se réalise. C’est une bonne opportunité pour tous les gars de retrouver l’élite française et j’espère que l’on y arrivera.

BasketActu : Quelles sont les attentes du coach concernant ton apport sur le terrain ?

LM : Lorsque nous avons parlé la première fois, il m’a dit qu’il avait passé beaucoup de temps à voir mes vidéos. Il m’a dit qu’il aimerait que je joue comme je le faisais à Boulogne, que je joue mon jeu et que je garde mon agressivité offensive. Il ne souhaitait pas que je change mais plutôt que j’ajoute d’autres cordes à mon arc. Il attendait de moi que je prenne plus de rebonds, que je défende mieux et que je score. Il m’a dit d’utiliser mes qualités athlétiques. Il ne voulait pas que je change complètement mon jeu. Chacun d’entre nous a son propre style de jeu, et quand on fait chacun notre job nous sommes durs à battre.

BasketActu : Comment t’es tu acclimaté à l’ambiance de Beaublanc ?

LM : Avant même de venir j’avais entendu que le public de Limoges était le meilleur en termes de soutien, de chaleur humaine, et d’implication dans toute la ville. Du coup lorsque je suis arrivé, je m’attendais un peu à ça. Mais lorsque j’ai joué mon premier match, c’était complètement fou. Je savais qu’il y aurait du monde mais je n’ai jamais pensé qu’ils seraient autant derrière nous. C’est juste énorme d’avoir ce public ici. Lorsque l’on gagne, et même lorsque ce n’est pas le cas, ils nous supportent, nous soutiennent et nous encouragent à fond. Ils attendent de nous que l’on joue à très haut niveau et c’est vraiment bon pour nous car ça nous pousse à donner le meilleur de nous même, à travailler dur et à ne pas prendre les matches pour acquis quelque soit l’adversaire. On doit jouer très dur car c’est ce qu’ils attendent de nous.

BasketActu : Un mot sur le choc des leaders entre Boulazac et vous.

LM : C’était dur parce que c’était à l’extérieur et les matches à l’extérieur sont toujours durs. C’est une très bonne équipe qui a une profondeur de banc tout comme nous. Ils ont des individualités très fortes dans cette équipe, et ce n’était pas facile d’être confronté à ces joueurs qui évoluaient dans leur environnement. Je pense que cette défaite nous a permis de bien ressentir leur jeu et que maintenant nous sommes plus en mesure de comprendre ce qu’il faudra faire pour les battre lorsqu’ils viendront jouer à la maison. Quand on les jouera à Limoges, on espère cette fois-ci être en mesure de les battre.

BasketActu : Etait-ce profitable pour vous de perdre contre Boulazac pour relever la tête ? 

LM : C’était difficile d’y repenser. Ça nous a marqués. Chaque fois que tu perds un match, c’est difficile à encaisser, mais perdre contre eux… C’était vraiment dur, parce que l’on voulait ce match. On voulait pouvoir quelque part prouver que nous étions meilleurs que ces gars et prendre la place de numéro 1. Puis finalement, lorsque ça n’est pas arrivé nous avons du retourner à nos habitudes pour préparer la suite à savoir travailler dur à l’entrainement, essayer de prendre une victoire le match suivant. Ça a été dur, mais on a arraché la victoire juste après. Après une défaite on est obligé de se relever et d’élever notre niveau de jeu. On doit juste continuer à gagner les matches et on se retrouvera un jour, et j’espère que l’on gagnera cette fois.

BasketActu : Le match était très serré face à Antibes, mais vous avez arraché lac victoire. Que s’est il passé ?

LM : On a eu une réunion de groupe et nous avons parlé. On voulait se retrouver pour renforcer le groupe pour cette nouvelle année. Le but de l’opération était de s’assurer que tout le monde était sur la même longueur d’ondes pour la phase retour. On est arrivé dans le match pensant que nous allions dominer parce que nous avions eu ce meeting qui avait permis de regonfler à bloc le moral de l’équipe et nous étions donc très confiants. Cependant, quand le match a commencé nous n’arrivions pas à rentrer nos shoots, nous avons multiplié les pertes de balles et Antibes s’était enflammé. Ils nous attendaient de pieds fermes. Ils ont rentré des tirs longue distance, ils ont fait le job à l’intérieur. Le match a très bien débuté pour eux et puis on a fait notre retour. Ça a été un chassé croisé entre les deux équipes. On a commencé à retrouver notre rythme. On n’a juste pas été en mesure de produire les « stops » défensifs dont nous avions besoin. Le match est resté très serré tout le temps. A la fin, Coach nous a mis un mouvement en place avec quelques secondes à jouer. Le système a fonctionné, j’ai une bonne position à 3 pts, j’ai pris le tir, les gars ont fait faute sur moi et j’ai fini par rentrer le shoot. On est reparti avec la victoire.

BasketActu : Tu as marqué 26 pts en 29 minutes, qu’est-ce qui a fait que tu sois autant en réussite ?

LM : J’ai juste essayé de rester agressif tout au long de la rencontre. Je suis rentré dans le match en me sentant bien. J’étais très confiant notamment après le meeting. J’avais le sentiment que nous allions tous bien jouer. Je me suis juste assuré que j’étais prêt pour ce match. J’ai vu que mon défenseur ne pouvait pas me tenir en première mi-temps, donc en seconde, j’ai tenté de tirer avantage de cela à chaque fois. J’ai mis quelques tirs, mes coéquipiers m’ont donné la balle dans de bonnes conditions. On a exécuté les systèmes comme il fallait et ça a marché.

BasketActu : Quelle est l’ambiance dans le groupe de Limoges ?

LM : Ca se passe toujours bien quand dans une équipe les gars s’apprécient, beaucoup de joueurs se retrouvent dans des équipes où les gars ne s’aiment pas mais se respectent. C’est complètement différent quand tu aimes les gars avec qui tu joues. Tu n’auras aucun problème à lui venir en aide en défense mais aussi en dehors du terrain. Quand il est ouvert tu n’hésites pas une seconde, tu lui passes la balle car tu t’attends à ce qu’il prenne ce tir. On partage la balle et c’est certainement mieux comme ça. Je pense que c’est une très bonne chose pour nous.

BasketActu : Comment se passe la vie en dehors du terrain ?

LM : La vie est agréable ici à Limoges. Pour ma part, j’essaie de me focaliser sur le basket avant tout. Je regarde quelques films pour « chiller », des matchs NBA… Je travaille sur un projet  musical avec des amis qui sont à la maison (Atlanta, Géorgie) pour me garder connecter avec ce qui se passe là bas. Tout va très bien dans l’ensemble, particulièrement ici, la ville est belle. Il ne se passe pas non plus des milliers de choses, mais les gens sont chaleureux. C’est un excellent endroit pour rester concentré.

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Comments

Commentaires (3)

  1. bobby

    fort joueur d'attaque et remplie de bonne volontée cependant il semble avoir du mal sur des sequences courte de jeu que coach sarre lui impose par moment , ca reste un tres bon pospect pour la pro a, j'espere avec le csp.

  2. on rêve ?

    j'aime sa réponse sur l'ambiance à Beaublanc….

  3. Jérémy

    sur la vidéo déjà au premier shoot il le met.. on connait la suite !