Laurent Sciarra : « Notre génération n’a pas été élevée avec la NBA »

Hier, à l’occasion des quarts de finale Euroligue, Laurent Sciarra était de passage sur le plateau de Sport+.

Après avoir affiché sa préférence pour le Panathinaikos de Dimitris Diamantidis, l’ancien international est revenu sur les raisons de son départ prématuré de Pau :

« Je m’étais toujours dit que le jour où j’avais l’impression de trahir le basket, j’arrêterais. Je ne veux pas tricher. »

En début de saison, Laurent Sciarra débarquait à l’Elan Béarnais pour assurer le rôle de back-up à la mène mais après 19 matches à 4.8 pts, 2.6 rbds et 4.7 pds, il décidait de raccrocher. Il annonçait sa retraite officielle en février dernier.

« Je suis soulagé, heureux. (…) Je suis content aussi que ce soit moi qui aie décidé d’arrêter. Le jeu me manque oui. Je serais un menteur de dire non. Mais je suis un privilégié ! On m’a payé des milliers d’euros pour ne jouer qu’au basket, vivre de ma passion. Je me suis amusé, j’ai pris du plaisir. » expliquait-il dans l’Equipe.

Après de nombreuses années de bons et loyaux services, il semblerait qu’un ras-le-bol général ait gagné le meneur français qui « n’a pas l’habitude de faire dans l’alimentaire ».

« Je n’ai pas peur de m’arrêter quand ça ne se passe pas comme on me l’a expliqué. »

Sciarra est ensuite revenu sur ses débuts au Paris Racing, son parcours avec les Bleus aux JO de Sydney en 2000 et la légendaire finale olympique où il termine meilleur marqueur de son équipe face à Team USA. Mais son meilleur souvenir reste son premier titre de Champion d’Europe en 92 à Budapest avec l’EDF Juniors :

« Parce que ce sont mes potes, des mecs avec qui je jouais depuis l’âge de dix ans, parce qu’on était jeunes, parce que l’argent n’était pas entré dans le jeu. » confiait-t-il dans les colonnes de l’Equipe.

« Notre génération n’a pas été élevée avec la NBA, nous on a grandi avec le Panathinaikos, l’Olympiakos… »

Il a également soulevé les problèmes du basket français visant « l’ouverture des frontières » et donc « l’élargissement du nombre d’étrangers dans les équipes », précisant que cette situation n’était pas propre à la France.

« Avant, on avait le droit à deux étrangers ans chaque équipe. Maintenant, ça monte à 6 avec les Cotonou et les Bosman. »

A l’annonce de son arrêt à Pau, les rumeurs l’annonçant coach au Paris Levallois n’ont cessé d’enfler. Hier, Sciarra a confirmé qu’il passait effectivement son BE2 et que c’est bien dans le coaching qu’il envisageait sa nouvelle carrière :

« Le coaching, c’est quelque chose qui me plaît. Mais souvent, entre ce qu’on veut et ce qui arrive, il y a un fossé. »

« Paris a fait de moi ce que je suis devenu. On s’est tellement couru après. J’ai envie de rendre énormément de ce que m’a amené le basket. Si c’est par le coaching tant mieux, si c’est par autre chose tant mieux. »

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Comments

Commentaires (26)

  1. marcellus walace

    Comme d'habitude en France quand il y a un probleme c'est la faute des immigrés. Plus con tu meurs. L'ouverture des frontieres fait toujours mal au sport. Le voit en NBA, au football, partout d'ailleurs

  2. rapid

    Grand monsieur !

    Qu'on ne soit pas toujours avec lui, peu importe, il manque des Lolo Sciarra dans le basket français aujourd'hui! Merci à lui et à tte la génération Sydney 2000 qui est loin d'avoir eu la reconnaissance qu'elle mérite…

    ps: Le cas Evan Fournier pr le hoop summit doit le rendre dingue !

  3. Tapion

    Grand joueur mais une mentalité/caractère un peu "bizarre"…

  4. Couguar

    @marcellus_walace : Il ne dit pas que c'est "la faute aux étrangers", il a précisé que si on revenait à deux non-européens (souvent US) en Pro A, les joueurs français auraient forcément plus de responsabilités, et donc, progresseraient plus vite. Il s'agit du développement du basket français, non pas le genre de discours front-nationaliste du genre : "les étrangers nous piquent notre boulot".

    D'autant plus que les US en Pro A demeurent souvent des mercenaires, n'hésitant pas eux à s'expatrier par la suite en ACB, un peu comme nos jeunes français impatients en NBA..

  5. bobine

    super joueur qui a des coronesss comme on dit,le cas fournier doit le rendre dingue car il va faire comme tt le monde a moins qu il est vu sciarra sur sport + hier soir

  6. Milissounga

    C'est sur que si on se base sur des morceaux choisis de ses propos, on va l'attaquer non stop. Après, ce que Sciarra devrait quand même comprendre, c'est que chaque génération a son vécu, ses réalités. En effet, si à son époque, la NBA ne s'exportait pas trop, entre temps, les choses ont changé. Et au lieu d'insister uniquement sur ce qui paraît déplaisant dans cette approche, mieux vaut encourager la pratique du basket et conseiller aux gens de voir du basket quel qu'il soit s'ils le peuvent.

  7. Ilyes

    Qu'est ce que vous avez tous avec evan fournier?

    Je ne vois pas le problème a ce qu'il fasse le hoop summit.

    Dans 5 ans quand il sera en NBA vous vous rappelerez de lui comme le joueur si moral , si amoureux du maillot qu'il a renoncé au hoop summit pour sauver le club de la relégation? Non je ne crois pas .

    Donc si faire le hoop summit et faire une grosse prestation lui permet de monter sa côte ,hype ,par la même de monter sa position dans la draft et donc de signer un plus gros contrat ,c'est respectable et défendable.

    La NBA reste son reve et poitiers a signé la clause qui lui permet de jouer au hoop summit.

    Des mecs comme tony parker,dirk nowitski,ajinca,seraphin ,batum et ibaka ont bénéficié de ce passage au hoop summit pour se faire un nom.

  8. Ilyes

    Le truc c'est que je suis tout à fait d'accord avec toi a part une chose.

    Des mecs comme petro,mahinmi,seraphin etc…c'est leur reve d'aller en NBA coute que coute, meme si c'est pour chauffer le banc.Et meme si je prefererais qu'ils partent en étant des joueurs plus accomplis , je respecte leurs choix.

    Dans leurs tete ils se disent aujourd'hui j'ai l'opportunité d'y aller , j'y vais.Parce ce que qui sait je peux me blesser,regresser, et la je peux rester coincé en europe.Alors c'est un choix économique et non professionnel et c'est bien dommage qu'il ne se développent pas plus avant de partir mais que veux tu , ca les fait rever la vie à l'américaine.

    Ces jeunes joueurs n'ont pas comme reve de gagner l'euroleague , de jouer au pana , au barca , au real etc…

    Le fait est aussi que leurs qualités ( pour postes 5 francais) ne se retranscrivent pas dans le jeu européen mais plutot dans le jeu NBA.

    Voila

  9. Ilyes

    Je pense que ces jeunes joueurs savent qu'ils ne vont ni dominer , ni etre des joueurs importants de leur équipe NBA mais ils se disent j'ai une opportunité autant en profiter et toucher ce reve ne serait ce que pour 3-4 ans au mieux pour les plus chanceux sur le banc.

    Le système NBA est tel que les postes 4-5 sont draftés sur leurs mensurations et leur potentiel.

    Alors certes d'un point de vue professionnel ils ne vont pas progresser car ils ne jouent pas mais c'est triste à dire mais leur accomplissement c'est de faire partie d'un roster NBA.

  10. Ilyes

    *D'autre part le choix de carrière de DE colo est intelligent , dans une moindre mesure aussi celui de Heurtel même si je ne comprends ce que veut en faire l'Asvel.

  11. soldi

    Sciarra a raison,on a besoin de plus de place pour des jeunes francais,sur les bancs de pro A ,on aura besoin de supers joueurs us qu on a pas en france mais des moyens moins des us

    6 eme ou 7 eme joueur on s entape