Le Mans en perdition

Malgré un effectif talentueux, le Mans est passé à côté de sa saison. Autopsie d’un.e descente aux enfers

kahudiLe 28 septembre 2012, Le Mans venait de tomber face à Cantu en finale du tour préliminaire de l’Euroleague. Auparavant, l’équipe sarthoise avait brillamment éliminé Kazan, redoutable club dont la masse salariale est supérieure au budget du Mans. Environ, 7 mois plus tard, le MSB chutait piteusement à Nancy pour le compte de la dernière journée de Pro A. Aujourd’hui, le MSB, comme le PL avant lui, a prouvé qu’on pouvait être impressionnant en début de saison… puis finalement ne plus avoir de fond de jeu en fin de saison. Que s’est il passé pour en arriver là ?

Tout d’abord, les blessures inhérentes à une saison sportive ont touché 2 JFL essentiels à l’équipe, Dounia Issa pendant 2 mois et Charles Kahudi sur la deuxième partie de saison. L’ainé des Kahudi, pièce majeure dans l’effectif manceau, avait cependant été décevant avant sa blessure. Son passage à vide au mois de décembre a coïncidé avec la première crise mancelle (3 défaites consécutives en championnat). Avec ces blessures, Andrew Drevo puis Marko Keselj ont rejoint la Sarthe. L’ancienne victime favorite de Dusan Ivkovic est venue au Mans pour se relancer. Il a plutôt bien joué son rôle de sniper avec 40% à 3 points en championnat, même si on sait qu’il peut donner plus… Donner plus pour gagner plus, c’était également ce qui était demandé à Khalid El Amin.

Le club sarthois n’a pas pour habitude de collectionner les étrangers pendant une saison, une façon pour eux de traduire le slogan de Franklin Delano Roosevelt, « Don’t change horse in midstream » et de se démarquer d’autres clubs français qui changent de JNFL comme de chaussettes. Capable de coup d’éclat, tout le monde se souvient de son énorme buzzer-beater à Roanne, le meneur américain ne semblait pas correspondre au jeu du MSB, nostalgique de Taylor Rochestie. Quand on sait à quel point le meneur est important dans le système Phil JD Jackson, cela pose forcément problème. D’autant plus que derrière lui, Henri Kahudi n’a pas eu la progression attendue.

L’autre problème El-Amin était sur le plan défensif. Avec Cam Long à ses côtés, la base arrière du MSB organisait souvent des opérations portes ouvertes le samedi soir. Darius Washington est donc arrivé pour remplacer numériquement son compatriote. Sur le papier, ce nouveau meneur apparaissait intéressant puisqu’aussi habitué des championnats européennes. Ses statistiques ont été excellentes (16 pts de moyenne sur 11 matchs). Mais le meneur américain implique parfois trop peu ses coéquipiers. De plus, sa non-défense face au SLUC l’a rendu plus utile dans le maintien de Nancy que Nicholas Pope sur l’ensemble de la saison… Ainsi, le problème défensif n’a pu être réglé. Cela avait d’ailleurs été pointé du doigt par entraîneur manceau, sur le site officiel du club, après la défaite face à Poitiers lors de la 29ème journée :

« L’objectif était d’être solide défensivement, et quand je vois le résultat… On savait que Poitiers était une équipe talentueuse, libérée de toute pression négative, la preuve ce soir. C’était un match d’attaque, pas du tout ce que nous voulions. On a perdu beaucoup de ballons bêtes. Bravo à Poitiers qui a su rentrer les nombreux shoots faciles que l’on a laissés… »

Une déclaration qui traduisait beaucoup de déception. Souvent apathiques sur le terrain, laissant trop d’espaces dans leur défense et souffrant d’un manque d’agressivité, les Manceaux ont forcé leur coach a avalé beaucoup d’aspirine cette saison. JD Jackson n’avait parfois pas d’autres choix que de se prendre une technique pour tenter de réveiller ses joueurs. Une méthode qui a payé face à l’ASVEL si on en croit le résultat final, mais dans le jeu cela n’avait fondamentalement rien changé. Toutefois, s’il y a bien une chose que l’on peut vraiment reprocher au MSB, c’est le syndrome Space Jam. Qui a volé le talent d’Alain Koffi et celui de JP Batista ? La petite production du Brésilien en a laissé plus d’un perplexe et justifierait presque le fait que nos présidents ne fassent pas signer de contrats longue durée à des étrangers.

Reste que le MSB de cette saison n’a rien a envié à ses prédécesseurs sur le plan des résultats. Comme depuis la saison 1996-1997, l’équipe est au rendez vous des play offs. La marque d’un grand club, qui aura un statut à assumer dans quelques jours…

 

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Comments
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Commentaires (8)

  1. zither

    une bonne analyse de la situation du msb et de ce qui ne fonctionne pas cette année, l'équipe était tellement bonne en début de saison que tout ce qui est arrivé n'a pas de sens.
    l'élimination de la coupe d'europe (où ils ont fait n'importe quoi dans les derniers matchs d'eurocup) leurs a cassé les jambes, après il n'y a eu plus aucun jeu collectif et el-amin qui était très bon dans son rôle avant l'élimination n'a plus rien fait de bien après.
    l'autre gros problème du msb c'est le secteur intérieur qui se fait dominé au rebond dans quasiment tous les matchs (dans la 2nd partie du championnat) et qui n'est pas servit pas les solistes américains à l'arrière en attaque.

    ps/ pape sy a été beaucoup blessé cette saison aussi.

  2. OscarAbine

    Tant que les play-offs ne sont pas joués, ça me semble un peu prématuré de faire un bilan.
    Si Le Mans venait à être champion…

  3. Barbara Youinou

    Ce commentaire n'est que de la pure calomnie ^^

  4. BOB72

    Effectivement, bonne analyse du problème du MSB mais il manque à mon avis 2 remarques très importantes.
    Il ne faut pas passer sous silence les erreurs de coaching répétées cette année : JD a bien trop souvent laissé sur le terrain des joueurs qui ne faisaient pas le job …D’autre part,on veut bien du « tout défense » mais alors on assume fermement et non avec laxisme.
    Enfin, le recrutement a été très bizarre : comment assurer une saison ( Europe + Championnat) avec le seul H. Kahudi comme 2éme meneur !!!