Les Bleus se rassurent et se font plaisir contre la Chine

L’équipe de France s’est bien reprise après sa défaite contre l’Australie. Nando De Colo et ses coéquipiers ont largement battu la Chine.

Kim-Tillie

France 88 – 60 Chine

Sept premières minutes difficiles et anxiogènes. Sept suivantes un peu brouillonnes mais libératrice. Puis enfin du plaisir. L’équipe de France a eu besoin d’un bon quart d’heure pour vraiment se mettre en jambes et laisser derrière elle les séquelles de la gifle inaugurale contre l’Australie. Elle a déroulé par la suite.

La Chine n’est pas venue à Rio pour faire de la figuration lors de ces Jeux Olympiques et ses joueurs l’ont rappelé dès l’entame de match. Comme contre Team USA, ils ont déboursé beaucoup d’énergie d’entrée de jeu. Ils ont fait preuve d’envie en mettant une forte pression sur le porteur de balle adverse en défense et en faisant circuler la balle en attaque. Ils ont crée des décalages et ils menaient même de deux points à la moitié du premier quart temps.

Mais – sans remettre en cause les efforts chinois – les Français se sont compliqués la tâche en perdant plusieurs ballons. Six en sept minutes. Du ballon qui glisse des mains de Nicolas Batum, seul sous le cercle, à la mauvaise passe de Rudy Gobert. Des fautes d’inattention récurrentes pour les Bleus et des erreurs qui ont gâché un sentiment d’implication bien plus fort que celui affiché lors des premières minutes contre l’Australie. Boris Diaw a émergé dans ce balbutiement collectif pour distribuer les offrandes à ses partenaires. Une passe à deux mains pour Tony Parker près du panier. Un service dans la course de Batum qui n’avait plus qu’à monter au dunk. Deux autres du même type pour Joffrey Lauvergne et Gobert, son futur coéquipier au Utah Jazz. Diaw a régalé. Il a donné le ton de par son activité sur le parquet et les autres ont suivi.

C’est Diaw qui régale !

Le premier écart s’est dessiné à la sortie des titulaires – « Babac » accompagnant le second cinq – avec un premier tir primé de Mickael Gelabale bien servi par Thomas Heurtel (19-14). On en restera là pour le premier quart. C’est avec un groupe résolument plus défensif aligné par Vincent Collet que les Bleus ont attaqué le second. Charles Kahudi et Florent Piétrus sont venus jouer des coudes. Ils ont fait le boulot. Aucune des deux équipes n’a marqué pendant deux minutes, la France subissant le contre-coup de ce visage défensif en manquant de réussite en attaque. Elle s’est tournée vers Gelabale dos au panier, une assurance lorsqu’elle est sans solution. Une feinte, un jump shot en fadeaway et voilà les tricolores avec sept points d’avance.

De Colo a retrouvé son costume de MVP

Si Wang (9 points à 4/4 après une dizaine de minutes) a démontré une panoplie de moves intéressants au poste bas, les Chinois ont vite lâché prise. La pression imposée par une défense française retrouvée était trop forte. Il y a eu évidemment quelques errements logiques mais les Bleus ont su chiper des ballons et s’offrir des panier en contre-attaque à l’image de celle conclue par Nando De Colo (32-21). Le meneur prodige du CSKA Moscou était bien plus incisif que lors du premier match. Il a montré son vrai visage, celui du multiple MVP de la saison (Euroleague, Russie). Il a ajouté des lancers puis une ficelle à trois-points avant que Batum l’imite. A la pause, l’équipe de France comptait 19 points d’avance (42-23).

Les Français peuvent enfin kiffer

Malmené par Andrew Bogut et ses soldats avant hier, le cinq majeur français a redressé la barre cette nuit. Avec Nando De Colo et Boris Diaw en patrons. Ils ne se sont pas les seuls à s’être illustrés. Rudy Gobert a continué son chantier dans la raquette en bloquant plusieurs tirs chinois dont une très présomptueuse tentative de poster. C’est plutôt le géant de Salt Lake City qui est monté au tomar quelques minutes plus tard, parfaitement servi par un Tony Parker auteur d’un slalom dans la défense.

Les cadres étaient cette fois au rendez-vous

Ce troisième quart a d’ailleurs été assez spectaculaire avec deux contres consécutifs de « Gobzilla » dont le tir a lui-même été repoussé dans la foulée suite… à un layup contré de Batum. Block party messieurs, dames. Mais les Bleus n’ont pas perdu de vue l’essentiel. Ils ont continué de faire grimper cet écart jusqu’à 26 points avant de subir un run de la Chine (8-0). De Colo a stoppé l’hémorragie sur la ligne des lancers.

L’équipe de France n’a pas fait l’erreur de se reposer sur ses lauriers et de s’endormir dans le quatrième quart d’un match a priori déjà plié. Elle est restée concentrée dans l’ensemble même si elle a concédé quelques paniers faciles et perdu des ballons. Les joueurs ont tout de même fait preuve d’application. Ils ont révisé leurs gammes et leurs systèmes. Ils n’ont pas laissé les Chinois se remettre en confiance.

De la confiance, justement, les Français en ont emmagasiné avec ce succès. Ils ont corrigé les lacunes aperçues lors du premier match, à savoir principalement la défense et la circulation du ballon en attaque. Contre un adversaire plus faible il est vrai. Mais il est encourageant de retrouver les cadres de l’équipe de France avec un état d’esprit conquérant. D’autant plus que les remplaçants ont aussi pu profiter – et contribuer – à la fête.

Les Bleus retrouveront la Serbie mercredi dans ce qui ressemble fort à un choc pour la troisième place de groupe.

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