Liga Endesa, le début de la fin ?

Reconnue comme étant le meilleur championnat européen, l’ACB est désormais contrainte de se serrer la ceinture.

Tractée par la sur-puissance financière de ses deux clubs omnisports, le Real Madrid et le FC Barcelone, et l’ingéniosité du Saski Baskonia et d’Unicaja Malaga, formations ayant fondé leur réussite sur la qualité du recrutement de jeunes prospects, l’ACB a su rattraper et prendre de la distance sur ses rivales du début des années 2000 afin de devenir la meilleure compétition nationale FIBA. Mais jusqu’à quand ?

Hémorragie interne

Pour se targuer d’avoir le meilleur championnat du monde, encore faut-il savoir garder ses meilleurs joueurs. Car si les clubs espagnols ont su attirer Rudy Fernandez, Nathan Jawai, Thomas Kelati ou encore Taylor Rochestie dans leurs filets, c’est une véritable hémorragie qu’ils ont connu cet été.

L’année prochaine, Kim Tillie, Lamont Hamilton, Adrien Moerman, John Holland, Taylor Rochestie et Fabien Causeur évolueront en Liga Endesa. Si les fans français peuvent se féliciter de voir le contingent des anciens pensionnaires de la Pro A présents en Espagne s’agrandir encore un peu plus, les plus mesquins y voient l’un des symptômes de l’appauvrissement d’une compétition heurtée de plein fouet par la crise économique, et devant (enfin ?) faire face à des limites qu’elle a longtemps volontairement occultées.

Outre le cas très particulier des joueurs ayant décidé de rejoindre la NBA, nombres de gros CV ont fait le choix de quitter l’Espagne afin de percevoir un plus gros cachet. Aaron Jackson, Marko Banic, Paul Davis et James Augustine ont répondu favorablement à l’appel des pétrodollars. Andy Panko et Mike Bramos ont exporté leurs talents du côté de la mer Égée. Nik Caner-Medley a rejoint Tel Aviv alors que le président de Valence est l’un des dirigeants les plus riches de la Liga Endesa. Boni Ndong va faire une pige d’un million et demi d’euros en Turquie. Chuck Eidson, mis à la porte par un Barça en quête d’économie, a trouvé son bonheur en moins d’une semaine du côté de Kazan (6ème sur 10 du dernier championnat de Russie)… Une fuite qui rappelle étrangement l’Italie du début des années 2000.

De plus, beaucoup de grands talents ont aussi glissé entre les doigts des formations espagnoles. Là où les rumeurs Vassilis Spanoulis à Barcelone ou Mike Batiste au Real Madrid étaient plus ou moins infondées (le marché espagnol étant traditionnellement régit par des agents plus ou moins bien intentionnés), Milan Macvan, David Logan ou encore Roko Ukic n’ont pas rejoint Unicaja Malaga. Un club andalou qui, pour se reconstruire, avait pourtant pu compter sur la découverte d’un sentiment appelé compassion chez Jordi Bertomeu et la générosité d’un Joel Freeland n’ayant nul d’autre choix que de payer sa clause libératoire pour découvrir la NBA. Pas sûr que les supporters malagueños trouvent le recrutement de Kruno Simon, Zoran Dragic ou d’Earl Calloway, en provenance de l’ennemi sevillan, très sexy à titre de comparaison.

Top 10 arrivées :                              Top 10 départs :

Rudy Fernandez                                Mirza Teletovic

Nathan Jawai                                     Nik Caner-Medley

Sarunas Jasikevicius                         Andy Panko

Clay Tucker                                      Aaron Jackson

Thomas Kelati                                   Nando De Colo

Marcus Slaughter                              Paul Davis

Nikos Zisis                                       Joel Freeland

Taylor Rochestie                               Boni Ndong

James Gist                                       Chuck Eidson

Fabien Causeur                                 Kyle Singler

Si la balance arrivée/départ des stars est déficitaire, dans la mesure où les plus belles cylindrées n’ont pas réussi à attirer de très gros poissons (n’en déplaise aux fans de Jasikevicius), c’est chez les équipes de bas de tableau que la crise est la plus palpable.

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Comments
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Commentaires (10)

  1. GW

    Ce qui me tue c'est que tous les championnats historiques et notamment les équipes de milieu et bas de tableau souffrent énormément et que la pro A n'en profitent absolument pas…

    Ca sert à quoi d'avoir une DNCG, un financement stable majoritairement public, des règles protectrices si en temps de crise, nos clubs souffrent autant que les autres et n'arrivent meme pas à grignoter l'avance des clubs étrangers ?

    On recrute toujours en LegaDue, en Belgique ou sur les bancs des facs américaines alors qu'il y a des pointures disponibles à bas prix ?

    A part pour le CSP, on a l'impression que la pro A est un championnat coupé de l'actualité du reste du monde…

    Et puis c'est rassurant de savoir que la Liga n'a plus de thunes l'année où elle nous pique des joueurs qui n'ont pas encore le niveau international…

  2. pp33

    vous piquez tous les sujets de basketnews en fait ?

    non il voulait dire que seul le CSP a un recrutement plus ou moins cohérent et je suis pas loin de partager son avis à ceci près que je rajouterai roanne et chalon quand même.

  3. WeWantArenas

    Étonnant de ne pas vous voir citer la Bundesliga qui, à mon sens, à tout pour devenir la ligue européenne n°1 dans les années 2020…