Marcellus Sommerville : « On est dos au mur »

Le Paris-Levallois jouera ce mardi une rencontre décisive pour le maintien et sera privé de Sommerville. Entretien.

Récemment blessé à la malléole et indisponible jusqu’à l’issue du championnat, Marcellus Sommerville a été tout au long de cette saison l’un des piliers du Paris-Levallois. Valeur sûre de par son rendement en Pro A depuis plusieurs années, champion de France 2010 avec Cholet, il a vécu son année la plus difficile depuis son arrivée en France avec le PL.

Ce natif de l’Illinois qui n’a pas été drafté à sa sortie d’université a opté pour l’Europe. D’abord passé par la Hongrie, il s’est vite retrouvé dans le championnat de France Pro B à Angers avant de rebondir aussitôt en Pro A. Le Paris-Levallois est le 6e club de Pro A où Marcellus officie. Après une saison très difficile, il revient pour BasketActu sur son expérience en Europe, l’épisode PL et l’état d’esprit de l’équipe à l’aube du dernier match décisif face à Villeurbanne ce mardi soir.

BasketActu : En quittant les États-Unis à la recherche d’une première expérience étrangère, à quoi t’attendais tu ?
Marcellus Sommerville : Honnêtement en étant un joueur de basket aux US, je n’ai jamais vraiment su ce qu’était le basket en Europe, en tout cas, pas comme j’étais sensé le connaître. J’ai suivi le parcours d’Anthony Parker, parce qu’il est passé par la même université que moi. Du coup, j’ai suivi sa carrière à l’étranger, mais je n’étais pas vraiment un connaisseur des ligues, ni du jeu ici en Europe.

BasketActu : Tu es passé par la Belgique, la Hongrie et la France. Comment compares-tu le basket universitaire à ce que tu as vécu ici ?
MS : C’était très différent. Pour moi, la plus grosse différence c’est le rythme plus soutenu qu’il y a en France, mais aussi en Belgique. J’ai joué pour le club de Mons. Le rythme est beaucoup plus intense en France et en Belgique qu’en Hongrie où c’est plus un championnat où la cadence est lente. C’était plus une ligue pour de vieux joueurs ou des débutants. En fait, il y avait beaucoup de gars qui venaient jouer là lorsqu’ils prenaient leur retraite ou quand ils étaient sur le point d’arrêter. Je pense que la France est beaucoup plus proche de ce que j’ai vécu en université aux États-Unis. Bien évidemment, le niveau est meilleur ici car nous sommes des pros, mais tu retrouves cette même atmosphère et ces mêmes aspects du basket en France que ce que tu as à la fac. En plus, maintenant tu peux avoir 5 Américains en France. C’est vraiment comme si je vivais le même modèle qu’aux États-Unis.

BasketActu : Depuis que tu es là, as tu croisé beaucoup de joueurs que tu connaissais lorsque tu étais aux États-Unis ?
MS : Oui bien sur. Je connais beaucoup de gars qui sont venus jouer ici en France et que j’ai croisé en AAU, en sélections, dans les matches de championnats universitaires. Et puis lorsque je m’entraîne avec Tim Grover à Chicago pendant l’été, je croise plein de gars qui viennent faire du travail individuel et qui se retrouvent ensuite en France. Je me souviens aussi des workouts qui avaient précédé la draft, j’en ai croisé beaucoup, des tonnes !

BasketActu : Est-ce que c’est un processus par lequel tu passes tous les étés, faire des « Workouts » pour progresser ?
MS : Oui complètement. Il y a toujours des bonnes salles où tu peux travailler ton athléticité, ce genre de chose. Habituellement, je vais à la maison, je me repose pendant une ou deux semaines. Ensuite, je me remets à travailler sur les compartiments que j’ai besoin d’améliorer pour l’année suivante. Je me mets dans cette ambiance de travail, je prépare mon corps et tout ce qui va avec pour la saison.

BasketActu : Après plusieurs années en France, comment comparerais-tu ton expérience parisienne aux précédentes ?
MS : C’est marrant que tu me poses la question. La différence avec les autres équipes pour lesquelles j’ai joué et la différence cette année c’est que j’ai toujours joué dans de petites villes hormis Le Havre qui était une ville assez grande. Paris est assez incroyable, et quelque part elle te donne une exposition en tant que joueur car il y a des similitudes entre vivre à Paris et vivre aux États-Unis. Honnêtement, je pense que cette année, nous n’avons pas atteint ni notre potentiel en tant qu’équipe, ni les attentes élevées que je pouvais personnellement avoir pour nous. Ça a été une saison horrible, vraiment très difficile. En tant que joueurs, on a essayé de limiter nos distractions et de gagner autant de matches que nous pouvions en tenant compte de toutes les perturbations qu’il y a pu avoir cette saison.

 

BasketActu : L’an passé, tu remportais le Championnat de France avec Cholet, aujourd’hui l’équipe peine à se maintenir. Comment le vis-tu ?
MS : Honnêtement c’est tellement, tellement, tellement… Je ne peux même pas décrire combien c’est frustrant. Je ne peux même pas retranscrire avec des mots comment c’est. Je me souviens avoir passé l’année dernière une période de plus d’un mois avec 7 ou 8 victoires sans défaites. Et là… Tout au long de ma carrière en Europe, je suis allé en playoffs. Je suis au moins allé en quart de finales, demi-finales voire en finale. Deux années de suite, je suis allé en finale que ce soit à Mons en Belgique ou à Cholet l’an passé et j’ai eu la chance de remporter le championnat. Du coup, c’est vraiment très dur pour moi car je me considère comme un gagneur et traverser tout ça, ne jamais être dans la position dans laquelle j’ai été toutes ces années ça rend limite dépressif et c’est très difficile à gérer. En tant que joueurs, on cherche les réponses pour savoir pourquoi on n’a pas réussi, et après vous essayez de faire ce qui est en votre pouvoir pour travailler dur tous les jours, pour essayer d’être un bon exemple pour l’équipe et pour le club… essayer d’insuffler un peu de ça. Ça a vraiment été très difficile.

 

BasketActu : En dépit de ta blessure, quelle est l’approche que vous adoptez à l’aube du dernier match face à Villeurbanne ?
MS : L’approche, c’est juste d’aller là bas et… On est dos au mur et on a beaucoup à perdre surtout collectivement. Donc, on veut juste aller là bas, surprendre beaucoup de gens et gagner cette rencontre. On se prépare vraiment dur pour ce match. Les joueurs sont vraiment très excités à l’idée de jouer et de saisir l’opportunité de remporter ce match essentiel.

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