Milan champion d’Italie 2014 !

Non sans mal, Milan a disposé de la Montepaschi Sienne en finale des playoffs de Lega (74-67 dans le match 7).

EA7 Emporio Armani Milano – Montepaschi Siena 74-67

Milan accueillait Sienne pour le septième et dernier match de cette finale à l’issue follement incertaine et c’est peu dire que l’ambiance était électrique au Mediolanum Forum. Giorgio Armani, assis au premier rang, était venu soutenir ses poulains, espérant que tout l’argent investi permettrait enfin à son Olimpia chéri de décrocher un vingt-sixième titre national. De leur côté, les Siennois gardaient dans un coin de leur tête l’image du shoot victorieux de Curtis Jerrells dans le money time du match 6 et débutaient la partie sur la pointe des pieds. Les intérieurs maison Samardo Samuels (6 points, 7 rebonds) et Nicolo Melli (11 points, 13 rebonds, 1 « not tonight ») combinaient parfaitement avec le duo d’arrières Ale Gentile (18-3-1)-Keith Langford (9 punti) et permettaient à l’EA7 de prendre le large dans le premier quart-temps (19-9). Touchés dans leur orgueuil, les Sienesi se reprenaient grâce à leurs mobylettes américaines Erick Green (15 panini), MarQuez Haynes (14-3-4) et Matt Janning (7-6-2 +1 « not in my house »), qui profitaient des trous d’air dans la défense rossa pour ramener leur squadra à 7 points à la mi-temps.

Que s’est-il dit dans le vestiaire siennois à la pause ? Difficile à savoir, toujours est-il que les guerriers toscans revenaient sur le parquet la fleur au fusil, les missiles longue distance de Josh Carter (13-8-2) trouvant leur cible tandis que dans la raquette Othello Hunter (9 Kobe, 10 Big Ben) montrait enfin le bout de son museau, utlisant ses longs segments pour transformer en or les pick’n’rolls concoctés par Coach Crespi. Malgré l’intensité des projecteurs du Forum, les Milanais n’y voyaient plus clair et s’obstinaient à tirer from Downtown. En pure perte (et pour une fois ce n’est pas Curtis Jerrells 2/3 de loin le coupable). Les spadassins siennois menaient ainsi de 6 points au tableau d’affichage lorsque Luigi Lamonica sifflait le début de la dernière période. Les tifosi milanais en restaient sans voix et le coach Luca Banchi se voyait déjà en train d’aller pointer au Pôle Emploi de Milan lundi matin. Mais Ale Gentile, l’enfant du pays, ne l’entendait pas de cette oreille et choisissait cet instant critique pour enfiler sa cape de vengeur masqué, faisant perdre la tête aux défenseurs toscans avec ses raids incessants, combinant les yeux fermés avec Nicolò Melli, et sortant même David Moss (7-3-3) de son long sommeil. Les Milanais reprenaient le contrôle du match. La Mens Sana, prise au dépourvu, s’en remettait aux exploits individuels de MarQuez Haynes et Erick Green mais, en manque de solutions, abusait des tirs à 3 points (1/8 sur ce quart-temps) et s’écroulait à quelques mètres de la ligne d’arrivée. Au coup de sifflet final, le peuple milanais entrait en transe, Luca Banchi soufflait un grand coup, Giorgio Armani retrouvait son sourire d’enfant et Ale Gentile allait chercher son titre de MVP des finales (moins de vingt-quatre heures après avoir été drafté en cinquante-troisième position par les Timberwolves). Dix-huit après son dernier titre national, l’Olimpia régnait de nouveau sur la Botte.

sienneEt les Siennois. Qu’en dire ? Après avoir décroché sept titres d’affilée, ils rendent leur tropée et repartiront de zéro (quatrième division) l’année prochaine. Mais au-delà de cette défaite, on retiendra l’image d’un groupe intense, ultra solidaire et appliqué, bricolé avec les moyens du bord (MarQuez Haynes et Matt Janning jetés de Milan et Zagreb ont été accueillis à bras ouverts en janvier, Othello Hunter et Erick Green arrivés dans un certain anonymat…), une équipe transparente tout au long de l’hiver qui, après le départ de sa star Daniel Hackett, s’est complètement métamorphosée à l’occasion de la Coupe d’Italie en février où après avoir éliminé la Roma et Brindisi, les Toscans avaient été défaits par Sassari en finale. On retiendra également ce coach, Marco Crespi, un alchimiste du basket, fin, passionné, émouvant, qui lança à ses joueurs au soir de la qualification pour la finale après une victoire contre la Roma : « I dramatically love you, guys !  » Voici ses derniers mots prononcés dans la nuit milanaise à ses joueurs effondrés: « Ce que nous avons fait ensemble c’est le rêve ! Si ce soir ils nous ont battu c’est simplement parce qu’ils sont plus riches mais croyez-moi, pour tout le monde les vrais vainqueurs de cette saison c’est nous. C’est ce que tout le monde pense et vous le méritez ! Les gars, c’est le moment de savourer ce que vous avez fait. Le seul gars qui soit dans la m… c’est moi, maintenant… porca puttana… je dois trouver un autre rêve parce que vous avez exaucé le rêve que j’ai depuis que j’ai 12 ans et que je rêvais de devenir un jour coach de basket. Merci beaucoup ! » Superbe, forcément superbe…

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