Mory Correa : « La clé de la saison, c’est le coach »

Après des années de galère, Mory Correa était de retour en force avec Evreux la saison passée.

Evreux est actuellement en pleine lutte pour la montée en Pro A et Mory a accepté de répondre à quelques questions à la veille de la rencontre face à Bourg.

BasketActu : Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours basket ?

Mory Correa : J’ai commencé le basket à 14-15 ans dans ma petite ville de Fontenay-Le-Fleury dans le 78. J’ai commencé en cadets puis je suis allé à Montpellier en espoirs. J’ai enchaîné à Poissy en espoirs, puis en Pro. Après ça, je me suis envolé pour les Etats-Unis pour 4 ans, 2 ans en JuCo dans le Kansas, et 2 ans à l’Université de Wyoming. J’avais fait un camp organisé par Pascal Levy à l’époque et Olivier Ruiz, mais aussi un camp à Philadephie où il y avait plusieurs coaches d’université. Il y a un coach qui m’a repéré là-bas et c’est comme ça que j’ai atterri aux USA.

BasketActu : En JuCo, ça s’est plutôt bien passé puisque tu t’es retrouvé en Div 1 de NCAA…

MC : Oui, c’est sûr, ça c’est bien passé, j’ai fait deux grosses années en Juco. J’étais un des meilleurs joueurs de ma division donc après j’ai signé direct dans une grosse université. Là-bas aussi ça s’est bien passé, mais bon, je pense que j’aurais pu trouver une meilleure université. En sortant de Juco, j’avais signé à Oklahoma State, à l’époque c’était une université du Top 25 ! Je n’ai pas pu rester là-bas car je devais une somme importante (3000 euros), ce qui correspondait au reste de ma bourse. Personne ne pouvait la payer, entre mon agent, et les gens là-bas, vu qu’ils ne peuvent pas donner d’argent aux étudiants. Donc Oklahoma State s’est désisté. Mes parents ont dû payer. J’avais encore des universités qui me suivaient mais ce n’était plus le même calibre. Au final, j’ai signé par force à Wyoming. C’étaient les seuls qui paraissaient vraiment intéressés par moi, ils m’ont fait un plan de carrière plutôt pas mal, et au final, ce n’était pas trop ça.

BasketActu : Des regrets ?

MC : Un petit peu quand même, après c’est la vie… C’est le destin. J’ai fait 2 ans à Wyoming, j’ai bien kiffé quand même ! Je suis revenu en France, c’était la galère un peu pour trouver un club de Pro A. J’étais blessé à la cheville en plus. J’ai atterri en cours de saison à Châlons-en-Champagne (ProA). C’était la super galère, ils m’avaient signé pour 700 dollars ! Je me suis retrouvais logé avec un espoir toute l’année. Je me suis sacrifié un an, juste un peu pour montrer que je pouvais jouer, remettre les pieds en France, comme-ci j’étais un jeune. J’ai fait le reste de l’année avec eux. Après ça j’ai trouvé un club en Pro B, Charleville-Mézières, où j’ai fait une bonne saison. Comme j’y ai fait une bonne saison je me suis retrouvé en Pro A à Besançon, et là-bas, je n’ai pas joué du tout. C’était carrément une saison blanche, le coach ne me faisait pas jouer. J’avais été signé en tant que quatrième intérieur. Dans l’équipe il y a avait Medhi Labeyrie, qui était un des meilleurs intérieurs de Pro B, et lui non plus ne jouait pas du tout. Ils faisaient jouer les étrangers, nous, nous étions sur le banc et nous les regardions jouer. Je crois qu’on avait le niveau, mais bon, c’est le système qui voulait ça.

Après Besançon j’ai atteri en N1 à Challans. J’en avais un peu marre donc j’ai voulu descendre de niveau pour jouer, pour me faire plaisir et retrouver des automatismes. J’ai fait une saison correcte, mais sans plus. Je m’attendais à mieux du niveau N1, c’était pas trop ça.

Je suis revenu en Pro B à Boulazac, c’est mon ancien coach, quand j’étais en espoir, qui reprenait l’équipe. Il m’a appelé, c’était dans l’optique de jouer quand même mais en fait je n’ai pas joué tant que ça. Une année donc un peu difficile. On avait pour objectif de monter en Pro A ou de faire les playoffs et au final on s’est battu pour le maintien toute l’année. C’était franchement une année un peu pourrie.

Et après je suis arrivé à Evreux. C’est là que j’ai pu retrouver mon jeu, le coach me faisait jouer. J’ai fait une super saison l’année dernière, on a fait les playoffs, ça faisait plaisir.

BasketActu : Tu peux nous parler un peu de votre saison?

MC : On est dans la course aux playoffs, on est 4ème. On a commencé par un 9-0, c’est un record pour le club d’Evreux.

BasketActu : Vous vous attendiez à faire une telle saison et un tel début de saison ?

MC : Non, pas du tout ! Surtout vu les objectifs et le petit budget que l’on a. Ce n’était franchement pas prévu de faire une saison comme ça. En plus dès la pré-saison, je me blesse, un autre intérieur se blesse, on signe deux nouveaux intérieurs, qui ont vraiment du se mettre rapidement dans le système. Tout le monde était surpris, nous les premiers.

BasketActu : La clef de cette réussite?

La clef franchement c’est le coach ! Je n’ai pas trop pour habitude de dire ça mais là c’est la vérité. La façon dont il coache, la confiance qu’il accorde à ses joueurs. Il te laisse t’exprimer sur le terrain. En plus le jeu qu’il propose est simple, tout le monde arrive à se mettre dans son système.  J’apprécie franchement le contexte.

BasketActu : Comment vois-tu votre fin de saison?

MC : Difficile ! On a perdu Philippe Da Silva, notre meneur principal qui est la deuxième clef de notre réussite.

BasketActu : Vous sortez d’une grosse défaite face à Dijon. Qu’est ce qu’il c’est passé?

MC : On n’y était pas du tout. Même moi je ne pourrais pas l’expliquer. Même si tout le monde était prêt pour ce match, on fait les efforts qu’il fallait toute la semaine pour aborder ce match, le samedi au moment de jouer il n’y avait plus personne. On a manqué d’agressivité, d’énergie, d’intensité, on n’était pas dans le défi. C’était la déroute totale. On n’est pas souvent passé au travers…

BasketActu : La montée en Pro A ?

MC : En tant que compétiteur, je la sens toujours. Le coach, les joueurs, tout le monde la sent je pense… Après, il faut dire qu’on est diminué, un joueur en moins, malgré ça on arrive quand même à faire de bons matchs. Sinon on n’en parle pas. Depuis que je suis arrivé à Evreux, ça a toujours été ça. On joue match après match. C’est plus les gens autour de nous qui parle de Pro A.

BasketActu : Tu parlais de l’importance de Philippe. Tu penses que vous allez pouvoir compenser son absence ?

MC : On essaye mais Philippe c’est quand même un joueur qui pèse sur une équipe. Il est à un poste clef, celui de meneur. Il a du charisme, c’est un meneur, un leader sur le terrain. C’est dur de faire sans un joueur comme ça. Après son absence laisse une opportunité pour notre petit meneur Karim Dahak de s’exprimer un peu plus. Et il a prouvé qu’il pouvait combler l’absence de Philippe.

BasketActu : Sur un plan perso, comment gères-tu le fait d’être à un poste où les coaches ont plutôt tendance à faire confiance aux étrangers ?

MC : C’est clair que c’est difficile. Tous les adversaire que tu vas rencontrer sont les meilleurs joueurs de leurs équipes. Nous les français, on est plutôt pris dans les effectifs, comme deuxième, troisième voir quatrième intérieur. Tu fais ton boulot, on ne te demande pas trop de scoring, … Je m’y suis fait à la longue, c’est le système qui est fait comme ça. Tu ne travailles plus en conséquence pour être pivot dans le 5 majeur. Au début quand j’ai commencé en Pro A, j’essayais d’être meilleur que les Américains, je travaillais pour être le meilleur. Mais après au fur et à mesure, tu t’adaptes à ce qu’on te demandes. On te demande de plus défendre donc tu te concentres sur la défense. Tu en oublies même l’attaque, tu essayes d’être spécialiste dans ce que tu fais le mieux. Ce que je fais le mieux c’est la défense.

BasketActu : Quel est le joueur, surlequel tu as eu à défendre, qui t’a le plus impressionné ?

MC : Danny Granger, quand j’étais en université ! Très, très difficile à défendre. A l’époque je défendais sur les 4, il jouai 4 et il m’a posé beaucoup de problèmes.

BasketActu : Et le street dans tout ça ?

MC : Le street j’y jouais quand j’étais plus jeune, maintenant ça m’intéresse moins. Le Quai 54 tout ça, j’aime bien regarder, mais pour jouer ça ne m’intéresse plus trop. Ca fait partie de ma jeunesse maintenant c’est plus un plaisir de regarder.

BasketActu : Le game La Relève – Shest Hustler?

MC : Louvenor m’a appelé pour faire son match de gala. Je vais jouer avec la Relève parce que c’est une cause qui m’intéresse. Il veut construire des écoles et aider le peuple haïtien. Si je peux aider par ce biais-là, jouer au basket et faire venir des gens pour regarder, ça me va tout à fait. Et je passe un petit message aux Hustlers, pour leur dire que ça va être très difficile, car avec la Relève, on va être là !

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Commentaires (5)

  1. tonton

    morry correa quel jumper de ouf..quel longueur..découvert lors d'un concours de dunk ou il y avait toute la slam nation genre vers 1999-2000 à levallois, il avait fait un dunk une main en collant le ballon au dessus du carré avant de le dunker…flippant

    un mec surper sympa aussi, vu a NEUVILLE au célèbre tournoi annuel de fin de saison ou il était avec son frère LAURENT…très fort joueur qui n'a pas eu les opportunités pour briller…

  2. zdex

    il est très fort en 1 contre 1 très athlétique avec une grosse envie mais les consignes et les systèmes c'est pas son truc.

    A haut niveau on ne demande pas que de savoir dribler shooter, on demande d'avoir une grosse lecture de jeu et un mental à toute épreuve.

  3. preira patrick

    Wé mon cousin comment va? Jsuis fiere de ton parcours continue comme sa lache rien sa ma grave fait plaisir de lire ton ptit parcours jaurais aimé le suivre de plus prés mais ke ve tu la vie en a decider ainsi mais tout ce ke jsais je peux en etre temoins de ton envie de vaincre o basket tu trapelle kan on jouait kan ton était petit des barres sa reste de bon souvenirs pour moi bon couz gross bisou frero jtenvoi mon num jsais pa si ya ktoi ki lvera mai sinon pa grave 69 08 57 91