Orléans en eaux troubles

Depuis le début du championnat, l’OLB peine à trouver son rythme de croisière.

Demi-finaliste des playoffs de Pro A 2012 face à Chalon, Orléans était passé pour près de la finale. Et qui sait alors ce que cela aurait donné face au Mans sur un match à quitte ou double. Finalement, la belle saison de l’équipe du Loiret s’est finie dans la frustration. Un peu comme l’intersaison durant laquelle le staff a du gérer des départs non-prévus et composer avec un budget limité. Avec un effectif remanié et quelques paris, Philippe Hervé devait se douter que la saison à venir serait compliquée. Si bien évidemment on n’en est qu’à cinq matchs force est de constater que les voyants sont loin d’être au vert. Analyse.

Des rotations peu efficaces

Antoine Eito, Fernando Raposo, Bambale Osby… Le recrutement estival a été marqué par la prise de risques. Etonnant ? Pas vraiment car Philippe Hervé a du composer avec des finances moindres mais aussi la difficulté de signer les profils idoines.

« On a sollicité beaucoup, beaucoup de joueurs. On n’a pas eu les réponses positives qu’on souhaitait obtenir » déclarait-il en septembre à La République du Centre.

D’où les arrivées des deux paris sur le poste 5 : Fernando Raposo et Bambale Osby. Peut-être un de trop car pour le moment le premier n’a pas encore convaincu qu’il avait acquis le niveau Pro A. Bambale Osby, qui découvre la Pro A, apporte davantage offensivement mais en défense, l’ex tour de contrôle d’Aix-Maurienne peine. Il reste que ses capacités athlétiques sont précieuses mais n’en font pas encore le titulaire sûr qu’il est sensé être. Et quand on connait l’importance du poste 5….

Récemment Philippe Hervé a poussé un coup de gueule envers cette équipe dont il disait après le match de reprise face au PL qu’elle n’était qu’à 40%. Il lui a donné deux matchs pour réagir. S’il n’a pas donné le nom des joueurs visés, il va sans dire qu’Antoine Eito est dans l’œil du cyclone. Pour sa défense le meneur a pour lui de s’être blessé au tibia durant la préparation. Mais cela ne peut justifier ses difficultés derrière un Marco Pellin costaud dans la peau du titulaire. Son impact est ultra-limité sur ses cinq minutes de temps et l’Eurocup ne lui a pas permis de retrouver la confiance (0 point en 9 minutes). Le risque, s’il n’intègre pas plus vite la méthode Hervé, c’est de griller très vite Marco Pellin qui ne pourra faire 30 minutes intenses deux fois par semaine indéfiniment.

Un scénario qui se répète

Eclat dans le premier quart-temps, effort pour revenir, manque de jus dans le money-time… C’est à peu près le scénario que subit l’OLB à chacune de ses sorties. En manque d’automatismes, les joueurs le payent à travers un total de balles perdues bien trop important : 16,8 en moyenne par match, soit le pire total des équipes engagées en Pro A. C’est également en défense que le constat est implacable. Réputé pour ses équipes défensives à l’organisation irréprochable, Philippe Hervé ne doit pas reconnaitre celle de 2012-2013 car avec 82,8 points l’OLB est la plus mauvaise défense de Pro A alors que paradoxalement elle est capable de très bonnes séquences.

Sauf qu’un manque de discipline individuelle la pénalise de manière récurrente surtout lors du premier quart-temps : 29 pts encaissés face au PL, 24 par Cholet, 30 par Le Mans, 21 par Roanne puis 26 par Chalon soit une moyenne de 26 points. Encore trop léger sur les rotations (cf ci-dessus), l’OLB doit donc à chaque fois refaire son retard pour arriver à concurrencer son adversaire. Ce handicap empêche, par ricochet, l’équipe d’être sereine et d’avoir une véritable efficacité en attaque. Après le match face au Mans lors de la troisième journée, Philippe Hervé pointait d’ailleurs ce manque dans les colonnes de La République du Centre.

« Ce match contre Le Mans, on pouvait le gagner, car, dans le troisième quart-temps, on a eu l’occasion de passer devant. Il aurait fallu, pour cela, trouver une efficacité qui est venue nous fuir totalement à ce moment-là de la partie. Sur des tirs à trois points, sur des tirs proches du cercle ».

Sans cela difficile en effet de gagner des matchs mêmes avec toute la bonne volonté du monde et un groupe dont l’entraineur a à plusieurs reprises aussi loué l’état d’esprit à l’entrainement.

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Comments

Commentaires (6)

  1. bucky

    Excellemment résumé… rien à redire ou à préciser si ce n'est ALLEZ OLB !!!

  2. GW

    Y a 3 joueurs essentiels dans cette équipe que vous citez pas.

    Calebb Green qui doit prendre plus le jeu à son compte. Avec l'absence de Broyles c'est lui qui doit etre le go to guy de l'équipe. Il a une bonne palette en attaque, un physique taillé pour la pro A, il lui manque la constance.

    Greene qui est pour moi le facteur X de l'équipe. Très bon dans le jeu sans ballon, essentiel pour aérer le jeu et fluidifier la circulation de balle, si Osby était meilleur au poste (j'entends avec un autre argument que sa simple puissance) et si Green attaquait plus le cercle, il serait parfait. Et puis défensivement il est la.

    Lebrun qui est un leader vocal mais qui peine à trouver sa place dans cette équipe et qui a un jeu totalement stéréotypé. Presque incapable de socrer autrement qu'en pénétration il est attendu maintenant…

    Mais sinon Raposo, Eito, Ayers c'est très faible pour de la pro A…

    Quant à Jahmar Young c'est une starlette avec un potentiel qui semble très important mais vu qu'il a pas de concurrence directe il tente des choses compliquées, fonce parfois tete blessé. En fait on dirait Jamal Shuler mais pas celui du SLUC, celui de Vichy qui a amené son club en Pro B…

  3. GW

    En tout cas la gestion du club pose débat. Comment est ce possible, en décochant l'Eurocup de laisser partir Sy, Joseph, Sangaré et N'Doye… pour des clubs moins bien classés ?

    Soit le discours de Philippe Hervé ne passait plus, soit la direction a mal geré les prolongations/projets de chacun, mais quel gachis !

    Résultat on a un club qui fait de la figuration en Eurocup, alors que le BCM et le Paris Levallois auraient été de bien meilleur représentant…

  4. bucky

    Caleb Green est devenu, en l'absence du supposé leader offensif Broyles, le rôle du scoreur, c'est une bonne confirmation de ses talents.

    Greene quant à lui, m'épate par sa capacité à prendre une autre dimension : l'année dernière il faisait le job tout en ayant l'intelligence de laisser les shoots aux autres en se sacrifiant pour le sale boulot (notamment en jouant pivot par moment) et là, cette année il prend ses responsabilité.

    Quant à ton paragraphe, GW, sur Lebrun, je pense que tu t'es trompé de nom car ce n'est pas un leader vocal, il est trop jeune et ce n'est pas son rôle. De plus il est doté d'un shoot extérieur fiable, l'année dernière il était 2ème de la LNB en réussite à 3 points donc non, je pense que tu t'es trompé de nom mais je ne vois pas lequel :p

    Pour le reste, je suis plutôt d'accord dans l'ensemble sauf que pour moi, le BCM a, certes, de meilleurs résultats que l'OLB, mais je ne suis pas certain qu'ils auraient fait un grand parcours pour autant.