P. Da Silva :  » Ca fait plaisir lorsque tu as le respect de l’adversaire »

Le Meneur du PL partage son expérience de l’Euro avec le Portugal

Philippe Da Silva, alias « The Disher », a pris le temps, juste après le second match de cet Euro qui a opposé le Portugal à l’Espagne, de revenir sur le parcours du Portugal qui affronte en ce moment même la Pologne. Le Portugal, l’un des petits poucets de cet Euro, est toujours à la recherche de sa première victoire.

 

L’arrivée en Lituanie

Philippe Da Silva : On est arrivé en Lituanie dans la nuit de samedi à dimanche, il était 3h30 du matin. Il fait relativement frais là-bas, 10, 15 degrés. C’est déjà l’automne là-bas. En partant, on a fait escale à Francfort et là on a pris le même avion que la Croatie et le Monténégro.

On s’est retrouvé à plus d’une trentaine de basketteurs recroquevillés dans l’avion. Là, tu réalises vraiment ce qu’est la notion d’être grand. Quand tu vois des gars de 2,10 m ou 2,20 m qui sont là en nombre, c’est impressionnant. Je suis passé à coté de Pekovic pour voir, c’était fou. Le gars est un bûcheron, il est tanké comme pas possible. Son tee-shirt était sur le point de craquer tellement il était étriqué dedans.

De là, il fallait compter 1h30 de bus pour arriver dans la ville où l’on jouait. Du coup, on n’a fait qu’un entrainement de repérage le dimanche pour que chacun puisse prendre ses marques.

 

L’entrée dans le championnat

PDS : La veille du premier match, le coach a mis une séance de scouting vidéo pour que l’on puisse voir la Turquie. Ce qui marque avec la Turquie c’est que c’est très, très grand à tous les postes, c’est complètement fou. Ca va de Turkoglu qui joue 2 à Onan qui fait 1,95 m, ensuite tous les intérieurs sont à 2,15m ou 2,10 m. C’est une équipe de géants.

Le jour J, on a joué contre eux et ce n’est que du positif qui en ressort. C’est là que tu vois vraiment ce qu’est le haut niveau en termes d’intensité. Les gars jouent 5 minutes et puis ils sortent, 6 minutes et ça tourne.  Il y a une demande d’intensité de la part du coach à chaque fois qui est énorme. C’est la mentalité à haut niveau, tu sais très bien que tu ne peux pas tenir avec l’intensité requise en attaque et en défense 35 minutes. Ce n’est pas possible.

 

La perception des autres équipes face au petit poucet que vous êtes

PDS : Ça s’est plutôt bien passé en dépit du résultat car les Turcs nous ont beaucoup respectés. Le coach en face, a fait des choix dans ce sens. Par exemple, dès que l’on mettait 7, 8 points d’affilée, il prenait un temps mort. Ca montre vraiment le respect qu’ils avaient pour nous. En conférence de presse, il avait dit qu’il nous avait suivi et qu’il avait très bien scouté notre préparation, qu’on était une bonne équipe et qu’il ne fallait pas tomber dans le piège de nous sous-estimer car on est capable de prendre feu.

Franchement, ça fait plaisir lorsque tu as le respect de l’adversaire.

Hier, on a joué l’Espagne et à part Rudy Fernandez qui est un peu spécial, qui a un peu le melon et qui est assez étrange, assez lunatique avec un comportement très bizarre les gars ont été très respectueux et ne nous ont pas pris de haut, pourtant c’est l’Espagne.

 

Une action marquante

PDS : A un moment, je vois Pau Gasol arriver en contre attaque, il courait et on lui passe la balle dans la course. J’avais anticipé cette phase et me suis donc mis en position d’encaisser le passage en force. C’est un camion lancé à toutes vitesses qui m’a percuté. Je me suis mis sur son chemin et il m’a littéralement renversé. Tout de suite derrière, il est venu me voir et m’a dit bonne défense et il m’a aidé à me relever.

C’est vraiment cool d’être là.

 

Comment est ce que votre coach voit les choses ?

PDS : Ca va, il est très content. Bon, il avait un peu peur du fait que l’on soit tombé dans cette poule.  Il a eu peur qu’on ait du mal à jouer parce qu’en qualifications on défendait très bien mais on avait du mal à marquer des points. Du coup, il avait peur qu’on soit dominés dans beaucoup de compartiments du jeu. Finalement, il est content parce que par exemple contre la Turquie, on a gagné la bataille du rebond, on en prend 8 de plus qu’eux au final. Ca témoigne de la bonne attitude que l’on a. Ca veut dire qu’on ne lâche rien. Après on a beaucoup de mal à mettre des points.

 

L’adresse aux abonnés absents

PDS : Moi par exemple contre la Turquie, j’ai raté des tirs à 3 pts tout seul alors qu’en « qualifs », j’étais à plus de 50% à 3 pts. C’est valable pour toute l’équipe, je crois qu’on shoot à 27% à 3 pts et 33% à 2 pts donc face à ces équipes là c’est impossible de gagner ou d’accrocher le match si tu n’es pas au moins à 50% de réussite.

 

Hier, on a eu un pourcentage déjà plus intéressant face à l’Espagne. On a mis des 3 pts, on avait une meilleure réussite à 2 pts. Au final, on perd tout de même de 14 pts mais c’est l’Espagne en face. Gasol et Navarro n’ont joué que la moitié du match, mais les minutes où ils ont joué, c’est quand l’Espagne était en difficulté. Un moment on est à -20 et on revient à -11. Là, le coach espagnol prend un temps mort et remet Navarro et Gasol. Ca montre vraiment qu’il a du utiliser les meilleurs joueurs à un moment donné pour ne pas que l’on prenne confiance et qu’on revienne dans le match.

 

L’équipe d’Espagne

PDS : C’est vraiment du top niveau, c’est incroyable ! Quand tu vois Gasol un moment il est dans la raquette en bas, on lui fait une passe au niveau de l’arceau, il n’a plus eu qu’à descendre les bras et mettre la balle dans l’arceau.  Tu vois Navarro derrière qui fait 4/5 ou 4/6 à 3 pts, et ce même en sortie d’écran c’est incroyable. Ce sont des joueurs dominants ! On est vraiment content car on a fait un bon match et on n’a pas été ridicule.

 

Les autres matchs à venir

Là, on joue la Pologne. On se connaît, on les a déjà joué. On a déjà gagné mais aussi perdu. C’est un peu notre championnat. La Pologne et la Grande Bretagne sont nos prochains adversaires. Tu vois nous on perd le 1er jour de 23 pts contre la Turquie, ben la Grande Bretagne a encore plus souffert avec plus de 30 points d’écart malgré la présence de Luol Deng. C’est un championnat dans lequel il y a beaucoup de « dominants ». Il y a vraiment un écart entre les équipes du Top niveau mondial, La Turquie, la Lituanie et l’Espagne avec les équipes qui sont bonnes mais  un voire plusieurs crans en dessous.

Après, il y a aussi la question de la profondeur du banc. La Grande Bretagne a 6, 7 joueurs dès qu’elle commence à faire les rotations, c’est fini. Nous c’est la même chose surtout à l’intérieur où on n’est pas très grand et costauds. A part, un joueur on a du mal.

 

La préparation de chaque match

Vu qu’on joue tous les jours, on a entrainement très tôt le matin. On a entrainement à 9h car c’est le seul créneau qu’on a. On fait ça de 9h à 10h.

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Comments

Commentaires (3)

  1. Mr Abdel

    Courage à toi philippe !!!

    il faut profiter un max d'une telle aventure sportive ;-)

  2. FDB

    Félicitations à l'équipe portugaise de basket, leur précédente participation fut exeptionnelle déjà!

  3. OscarAbine

    Bravo à vous !

    J'adore cette citation :

    "C’est un camion lancé à toutes vitesses qui m’a percuté. Je me suis mis sur son chemin et il m’a littéralement renversé.

    C’est vraiment cool d’être là."

    Un brin maso, monsieur Da Silva ? :-)