P. Da Silva : « En playoffs, les équipes ne se font pas de cadeaux »

Da Silva a.k.a. « The Disher » a été élu MVP français de Pro B et récompensé par la LNB pour sa bonne saison.

Partie sur les chapeaux de roues, l’ALM Evreux a très tôt donné le sentiment de pouvoir aspirer au titre de champion de France Pro B. Diminué par une avalanche de blessures qui a commencé par les deux intérieurs titulaires, Mory Corréa et Benoit Toffin, et qui se prolonge jusqu’à ce jour, le club ébroïcien a su faire les bons ajustements pour maintenir le cap jusqu’au bout.

Rémy Valin est passé par tous ses états en voyant son équipe voguer de leader incontesté à une équipe en proie au doute qui a enchainé jusqu’à 4 défaites consécutives dernièrement. Il avait d’ailleurs du composer avec la perte de ses deux meneurs lors de la 26e journée. Philippe Da Silva (5 semaines) et Ludovic Chelle (3 semaines) s’étaient alors tous les deux blessés. L’équipe en a souffert, mais la casse a été limitée puisqu’ Evreux termine la saison régulière à la 5e place, son plus mauvais classement de la saison en ayant presque jamais été au complet.

Il reste désormais une chance à l’ALM de prouver que son statut de leader du championnat était légitime puisque les hommes de Rémy Valin se retrouveront en playoffs ce soir opposés à Fos sur mer qui a terminé à la 4e place à l’issue du championnat. A quelques jours de cette échéance le meneur d’Evreux, Philippe Da Silva, a été récompensé lors de la remise des Trophées LNB en recevant le titre de MVP français de Pro B. BasketActu a saisi l’occasion pour l’interroger sur cette distinction et faire un point sur la saison avant l’entame des playoffs. Extraits choisis…

BasketActu : Cela fait plusieurs années que tu es nominé pour le titre de MVP français,  mais c’est la première fois que tu obtiens cette distinction. Qu’est ce qui a fait la différence cette année selon toi ?

Philippe da Silva : Je pense que ce qui fait la différence cette année mine de rien, ce sont les résultats de l’équipe. On termine à la 5e place là où l’an passé on finit à la 8e. Je pense que c’est ce qui a du jouer en ma faveur, et puis même si je n’aime pas parler de cela, j’ai été plus régulier dans mes performances individuelles. Les coachs et les collègues de la profession l’ont vu et c’est pour ça qu’ils ont cru en moi et je les en remercie. Mais, je remercie surtout mon coach et mes partenaires parce que sans eux, je n’aurai pas pu avoir cette distinction.

BasketActu : Comment perçois tu cette distinction ?

PDS : Ben, on a été convié à la soirée organisée par la LNB et nous étions 3 nominés pour cette distinction.  Ca a été vraiment une réelle surprise de savoir le Jour J que j’étais MVP français de Pro B. Ca m’a fait énormément plaisir car ce trophée m’a été remis par Moustapha Sonko. On connaît tous son parcours et mine de rien, il a débuté en Pro B et a terminé très loin donc ça a vraiment été un honneur de recevoir ce trophée de ses mains. C’était énorme.

BasketActu : Cette année tu t’es surtout illustré à la passe avec 7 double-doubles, un triple double, et deux matchs à 14 passes décisives. Est-ce qu’on peut dire que ces performances sont liées à la maturité de ton jeu ?

PDS : Oui… Bon, je n’ai jamais eu un jeu très, très ‘’flashy’’ si je puis dire. Il est surtout basé sur le sens du jeu collectif, sur les lectures de jeu et voilà pourquoi je me distingue à la passe. Il est vrai que mon réel plaisir, c’est de partager le ballon de rendre mes coéquipiers meilleurs, et d’essayer de leur faire plaisir en leur permettant de marquer des paniers tout faits. C’est plus mon ‘‘trip’’ que de marquer des paniers. C’est vrai que cette année, en étant entouré de joueurs comme Ludovic Chelle qui est un gros artilleur à 3 points, Calvin Watson qui était un joueur très talentueux ou des joueurs comme Teddy Maizeroi qui est un gros shooteur aussi, ça m’a facilité la tâche. Après, il est vrai qu’avec mes intérieurs Mory et Benoit on a développé une vraie complicité du fait d’avoir joué plusieurs années ensemble. Je les trouve les yeux fermés. C’est un ensemble de choses qui font que je me suis distingué à la passe.

BasketActu : Evreux a cette saison alterné le très bon et le pire. Quel bilan tires-tu de la saison régulière ?

PDS : C’est un bilan positif, dans l’ensemble car si l’on regarde les ambitions du club au départ vu le budget, c’était de prendre match après match et surtout se mettre à l’abri en assurant le maintien, puis de viser plus haut. Toute l’année, on a été dans le Top 4 avec énormément de blessures. Je crois que c’est la première année de toute ma carrière où j’ai connu autant de blessures. On en a eu sept, et ce n’était pas des petites blessures. Elles ont souvent duré plus de 4 semaines. Ca a souvent stoppé l’élan de l’équipe, c’est pour ça qu’on a beaucoup alterné le bien et le moins bien. Avec des rotations et des nouveaux joueurs à intégrer à chaque fois, on a pris du retard à tous les niveaux. C’est donc vrai qu’on a eu des hauts et des bas, mais dans l’ensemble, franchement c’est superbe d’avoir terminé 5e.

BasketActu : Comment est ce que vous avez traversé la tempête notamment quand Ludovic et toi étiez blessés ?

PDS : En essayant de rester solidaires, et c’est vrai que sur ce plan, on y est pas arrivé tout le temps. On a manqué de solidarité à certains moments. Mais, à l’instant T, lorsqu’il y a eu de l’enjeu notamment en fin de saison l’équipe s’est mobilisée et s’est battue pour obtenir les meilleurs résultats possibles. C’est vrai que cette cohésion, cette solidarité, on en a manqué, on a pêché là dessus comme beaucoup d’autres choses pendant la totalité de l’année. Mais, on a su être solidaires lors de matchs décisifs pour notre classement final, et c’est ce qu’il faut retenir.

BasketActu : Peut-on espérer revoir l’ALM du début de saison en playoffs ?

PDS : Oui, c’est notre ambition. Montrer une image très conquérante, une équipe très solidaire. Là, on a encore vécu un gros coup dur en perdant notre ricain sur le dernier match de la saison. Donc, on va intégrer un autre joueur sachant que certains coéquipiers ont déjà des pépins comme Teddy qui s’est tordu la cheville en fin de saison. Voilà, il faudra être solidaires pour essayer de passer le 1er tour contre une équipe de Fos qui a fait une très belle saison. Ca a été un peu comme nous la révélation de la saison avec de très bon joueurs. Il faudra se méfier car ils ont vraiment un jeu très particulier beaucoup axé sur la mobilité, avec aucun point de fixation intérieure, donc il faudra neutraliser leur jeu.

BasketActu : Comment est-ce que ton coach te prépare à ce premier tour face à Fos qui a réussi à pas mal te gêner lors des confrontations de saison régulière ?

PDS : On a préparé d’autres alternatives. En jouant avec Ludovic Chelle en même temps, ça me permet à un moment donné de souffler, ça me permet de me libérer de la pression et de pouvoir enchainer sur d’autres systèmes. Et ça c’est fait naturellement, avec le départ de Calvin tout simplement. En perdant ce joueur, Ludo est rentré dans le starting five et c’est vrai qu’il peut alterner sur les deux postes : meneur de jeu et arrière. Du coup, dans le jeu il y a beaucoup plus de fluidité donc ce sera un atout contre Fos qui essaye de me couper du ballon le plus tôt possible, me met une grosse pression défensive. Mais bon, ça on s’y attend. En playoffs les équipes ne se font pas de cadeaux. L’équipe qui défendra le plus dur qui réussira. On s’attend à un match très, très dense de Fos.

BasketActu : Quels seront selon toi les éléments qui feront la différence dans cette série ?

PDS : Je pense que ce sont les rotations. Vraiment. Pour nous, en ayant coupé un joueur ricain on joue avec seulement deux américains donc par rapport aux autres équipes on est un peu moins bien. Ce sont surtout les rotations qui vont être importantes. Notre effectif était de 11 joueurs avec des jeunes qui ont appris durant toute l’année. Ca tombe bien que ces jeunes puissent désormais apporter un petit plus après avoir travaillé toute la saison. Ils se sont préparés à nous donner ce petit coup de main quand on en aura besoin. C’est vrai que la qualité de Calvin qui était une grosse menace sur le tir extérieur, ça on l’a perdu. Je pense donc que ce sont vraiment les rotations qui risquent de faire la différence. Fos qui dispose de tous ses joueurs auront plus de solutions que nous, maintenant il faudra que l’on soit très performants à l’extérieur et surtout solidaires pendant 40 minutes. En faisant ça, on pourra ramener une victoire du sud en dépit des rotations supplémentaires de Fos.

BasketActu : Est-ce que la montée fait toujours partie des objectifs d’Evreux ou souhaitez-vous juste bien terminer la saison ?

PDS : Tu sais quand tu entres en playoffs et que tu es un compétiteur, tu veux atteindre le graal comme on dit. Mon but c’est d’aller à Bercy et de monter en Pro A, maintenant le parcours est long. C’est un nouveau championnat qui commence. C’est l’équipe qui sera la plus concentrée sur toutes les séries, celle qui disposera du facteur chance car il en faut aussi, et celle qui sera la plus combative et solidaire qui aura le plus de chance d’aller au bout. Nous, on va d’abord penser à Fos tout en ayant à l’esprit d’aller à Bercy et pourquoi pas de monter en Pro A car on est des compétiteurs et qu’on veut aller jusqu’au bout. Là, il faut qu’on se concentre sur le 1er tour qui va être très délicat et très serré.

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Commentaires (2)

  1. Burt Cassander

    sympa la petite vidéo et de mettre en avant Phil' Da Silva

    C'est vrai qu'il avait claqué un triple-double cette année. Par contre pour le 1er match contre Fos, c'est un double-double un peu dégueu qu'il nous a sortit ; 10 pts- 10 TO …

  2. barbara

    j'espère qu'il aura sa chance en Pro A, c'est vraiment un bon joueur