Pascal Donnadieu : « En bonne voie pour se maintenir »

Après la victoire face à Pau, le coach francilien avait le sourire et entend bien avec son équipe jouer les troubles-fêts dans la course aux play-offs.

Après la victoire, on imagine qu’il y’a du soulagement…

 

Oui. Comme l’a dit Marc, il y’a toujours un petit doute. Mais il faut considérer que l’on est passé un pourcentage de 60 à 90. Mais effectivement on ne sait jamais ce qui peut arriver. C’est quand même un très grand pas et la cerise sur le gâteau c’est de pouvoir prendre le pointaverage. Il faudrait vraiment une catastrophe pour que l’on ne se maintienne pas en Pro A. Il faut être honnête mais le jour où ça sera fait mathématiquement je pousserais un véritable ouf de soulagement.

 

Ce qui est satisfaisant aussi c’est de voir que l’équipe a su tenir sur la fin de match alors qu’elle avait eu du mal à ce niveau récemment…

Je crois que nous les coaches on est tous logé à la même enseigne. La difficulté de notre métier c’est de faire en sorte de corriger les erreurs qui peuvent se produire, d’essayer de s’améliorer. Je pense que l’on a bien corrigé la défaillance contre Cholet. Ce soir (hier), on a tenu compte de cette expérience. La part belle a été faite à de jeunes joueurs à l’image de Loïc Akono qui est un des rares meneurs de cet âge-là, français, à évoluer avec de grosses responsabilités. On a retenu les erreurs mais c’est à l’image de notre saison.

Cette saison, les joueurs ont eu le mérite d’essayer de s’adapter, de trouver les solutions. On a beaucoup travaillé et on a toujours su rebondir après des défaillances, des moments difficiles comme le calendrier en début de saison. On a su s’accrocher et ça c’est la marque d’une équipe et d’un club serein.

 

On a pu voir aussi sur le match la qualité de votre jeu rapide…

Oui mais après ce qui est frustrant avec nous c’est qu’il y’a toujours quelques minutes dans le match où je ne sais pas pourquoi on ne joue plus notre basket. On s’égare, on est brouillon, on n’est plus attentif. Ça m’a un petit peu iniquité car à cause de notre mauvaise fin de première mi-temps on les remet en confiance alors qu’à ce moment du match si on est encore plus sérieux, encore plus rigoureux, peut-être qu’on les fait encore moins espéré. Il faut que l’on travaille là-dessus, qu’on arrive à corriger ce genre d’erreurs.

 

Il y’a eu aussi un gros match offensif de Marc Judith, ce qui n’est pas forcément son registre ; ça vous a étonné ?

 Je vais être très clair. Après le match de Cholet, j’ai fait des entretiens individualisés avec tout le monde pour bien repréciser les objectifs de fin de saison, leur dire ce que j’attendais d’eux. Ça fait maintenant la troisième saison que je suis comme un général qui a des soldats et qui peut partir à la guerre avec n’importe quel soldat. Et Marc Judith, c’est ce que je lui ai dit à l’entretien, fait parti des joueurs où le jour J au moment où j’aurais vraiment besoin de lui sera là. Et il tendra la main au club. Je pense que c’est ce qu’il a fait ce soir (hier) comme Loïc a pu le faire, comme Xavier… C’est des gars sur qui je peux vraiment compter. Et avoir une telle relation de confiance avec ce type de joueurs pour un coach c’est extraordinaire.

 

Qu’est-ce-que vous avez dit à vos joueurs à la mi-temps ?

A la mi-temps, je n’étais pas content. Je leur avais dit qu’on avait produit comme d’habitude une dizaine de minutes de très bon basket. Et on s’est ensuite autorisé cinq/six minutes où on n’a pas bloqué au rebond, où on s’est mis à faire des passes dans la raquette dans un petit périmètre. On a déjoué complètement. Et puis on a pris 9 rebonds offensifs dans la première mi-temps et trois dans la deuxième.

Je les ai secoué à la mi-temps. Quand on est train de jouer sa saison et que l’on fait les trois/quatre minutes de la première mi-temps, on ne peut pas laisser passer ça. C’est aussi la faculté de ce groupe, ils sont en capacité de réagir.

Et je pense qu’en début de deuxième mi-temps on a réussi à trouver un gros cinq majeur. Souvent les derniers matches, j’ai fait beaucoup de rotations mais je pense que quand tu as trouvé le cinq qui peut peser, qui tue vraiment les autres, tu fais beaucoup moins de rotations. C’est à double-tranchant car tu peux finir le match un petit peu plus fatigué.

 

Comment expliquez-vous le choix d’avoir démarré avec Will Daniels sur le banc ?

Stephen est rentré dans le cinq à sa place car je considère que sur des matches comme ça Mam’ et Stephen sont en capacité, ce sont les deux joueurs les plus expérimentés de l’équipe. Ils sont en capacité de faire en sorte que l’équipe se positionne correctement. C’est bien aussi d’avoir des petits changements de temps en temps. J’avais l’impression qu’il y’avait un sentiment de routine au niveau des rotations par rapport aux derniers matches.

 

Le Top8 devient un objectif ?

Je ne connais pas bien les résultats de la soirée ni le classement. Je ne peux pas le dire (il sourit). Mais comme l’a dit Marc il ne faut pas non plus avoir la langue de bois. En début de saison, tout le monde nous voyait seizième, relégable. Aujourd’hui c’est en bonne voie pour se maintenir donc déjà ça c’est une très grande satisfaction. Après si on a la chance de jouer six matches l’esprit libre, si on a la possibilité d’aller faire des coups, se faire plaisir, d’être en course pour les play-offs, même la dernière journée, on ne va pas se gêner.

Là on est en place pour écrire une page importante de l’histoire. Marc l’a très bien résumé, s’il peut y avoir une encore plus belle page tant mieux mais comme je l’ai toujours dit  si jamais on finit quatorzième du championnat sur seize, je serais le plus heureux des coaches. Car je considère que c’était vraiment un gros gros challenge en début de saison. Et on est en passe de le relever avec beaucoup de joueurs qui évoluent au club depuis trois ans. Après ça n’est que du bonus mais moi aussi je vais prendre du plaisir entre les matches de l’année dernière pour monter et là où ils sont tous importants. Et si on peut jouer les troubles-fêtes on ne va pas se gêner.

 

Après être revenu sur le match, l’entraineur de la JSF a tenu à revenir sur la mobilisation de tout un club pour ce match contre Pau ô combien important pour l’objectif du maintien.

« Je rends hommage au club en général car on a senti au niveau de ce match-là au niveau du personnel administratif, des dirigeants, au niveau du public comme on leur avait demandé, Mathieu qui a fait un gros travail, il y’avait eu une mobilisation autour du match pour qu’il y’ait des animations, que les joueurs sentent que c’était un match très important. Je leur tire mon chapeau car nous on est devant les projecteurs. Je pense aussi que la réussite de ce soir (hier) c’est que ce match on l’ait joué dans une salle pleine avec beaucoup d’ambiance car les joueurs ont aussi besoin de ça pour se transcender ».

 

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