Pierre Vincent « Dans la constitution de l’équipe, on a toujours pensé que Tony pourrait venir »

Pierre Vincent revenait aujourd’hui sur la venue de Tony Parker et ses implications pour l’ASVEL.

« Je pense que suite à ce qu’a fait l’équipe nationale cet été, que ce soit relayé par des joueurs NBA qui viennent sur les terrains de Pro A effectivement, ça va avoir un impact sur la ligue masculine. C’est certain et c’est très bien pour le basket français.

On reste sur nos systèmes de jeux, sur nos choix défensifs et offensifs. Je reste concentré sur ce que j’ai à faire au quotidien à l’entrainement. Dans la constitution de l’équipe on a toujours pensé que ça pouvait être une possibilité (la venue de Tony – ndlr), donc nous avons construit notre jeu et notre recrutement en nous laissant cette possibilité.

Si vous mettez Shaquille O’Neal dans notre raquette, ce ne sera pas le même type de jeu que ce qu’on a produit jusqu’à maintenant, ce qui poserait des problèmes de reconstruction du jeu. Vous pouvez mettre deux poste 5 dans une équipe, ils peuvent avoir des profiles totalement différent et donc ne pas pouvoir s’adapter au style qui est pratiqué par l’équipe. Donc ça, ça a été un peu anticipé avant. Non pas que nous étions sûrs ou que nous avions les garanties que Tony vienne, mais simplement ça pouvait être une possibilité.

On a essayé de réfléchir à comment organiser l’équipe au mieux, qu’il soit là ou pas ou même qu’il soit là un temps et qu’il s’en aille ensuite. Ça veut dire que Phil Goss a été recruté en fonction de ça. On avait besoin d’un numéro 1-2 scoreur dans notre équipe, qui pouvait jouer 1 et 2, qui pouvait être sur le terrain avec Léo, avec Paul par exemple, et éventuellement à coté de Tony Parker.

Tony a été leader partout où il est passé, même dans les plus grandes équipes, donc je ne vois pas pourquoi il ne le serait pas ici. Pour nous, pour les jeunes joueurs, c’est une chance d’apprendre avec lui. Comment diriger une équipe, comment gagner des matches, comment on se prépare, les contraintes du plus haut niveau… Je pense que c’est une chance pour l’équipe. En même temps, ça peut être un danger, j’ai vécu ça avec Tony quand on était en équipe de France juniors et qu’il rentrait du Nike Hoop Summit. On a joué les matches officiels et tout à coup tout le monde le regardait jouer parce qu’ils pensaient que Tony serait la solution à tous nos problèmes, sauf que le basket est un sport collectif.

Il y a des métiers différents sur le terrain, donc penser que parce que Tony va être là on va pouvoir se décharger de ses responsabilités ou en faire moins, ce serait une erreur grave. Tout le travail que nous allons avoir à faire, nous le staff, et que lui aura à faire aussi c’est de trouver sa place dans l’effectif en mettant en valeur les joueurs qui sont autour de lui. Et les joueurs autour de lui auront besoin de comprendre qu’ils auront besoin d’exister si on veut que l’équipe tienne.

En équipe nationale, il a fait une grosse performance, mais il n’a jamais existé tant qu’il n’y avait pas de gens autour de lui. Quand il a été obligé de forcer les choses, l’équipe n’a pas été aussi loin. Il était là parce qu’il y avait des gens autour de lui, des gens à l’intérieur, parce qu’il y avait des shooteurs, une belle équipe autour de lui. C’est l’ambition que nous devons avoir pour notre club.

C’est une belle surprise pur moi de l’avoir à nouveau. Je l’ai eu à 14-15 ans, j’ai travaillé avec lui pendant 4 ans. On a eu une relation assez proche parce qu’entre coach et meneur de jeu, les relations sont particulières. J’ai beaucoup appris de lui sur la gestion de la star, mais pas de la star du coté médiatique, mais la star en tant que joueur un peu hors norme. J’ai beaucoup appris de lui aussi de la « mutliculturalité », je ne sais pas si ça peut se dire, je vais faire du Ségolène Royale. Dans l’approche de la différence culturel, dans la différence d’approche des joueurs. On joue avec des joueurs français qui ont des habitudes et des comportements particuliers. Les joueurs américains ont une mentalité particulière. Lui, il est d’origine américaine, son père a été important dans son éducation basket et donc il avait une façon différente de voir les choses différente des autres joueurs français et ça, ça a été pour moi une richesse. J’ai essayé de lui apporter dans la compréhension de ce qu’était le jeu collectif, le rôle d’un meneur de jeu. Maintenant, je pense que je vais avoir moins de choses à lui apporter, mais mon rôle est de l’inscrire dans le projet collectif, de le sensibiliser sur ce qu’on attend de lui. »

L’ASVEL fausse-t-elle le championnat en signant TP ?

« On ne se pose jamais la question quand les équipes prennent 18 joueurs, changent 4-5 Américains si le championnat a été faussé parce qu’on a joué contre un Américain plus faible ou plus fort, c’est des mauvais procès, de mauvaises questions. Je comprends que des gens aient plutôt envie de jouer contre une équipe sans Tony Parker, mais ça reste une équipe de basket, une équipe qui bataille.

Je sais que les entraineurs vont dire à leurs joueurs « Ils sont tellement fort que vous avez rien à perdre ». Les règles sont les mêmes pour tout le monde, on joue deux fois le même adversaire et il a un classement qui est fait à la fin. Je ne me suis pas plaint que nous jouions contre Lakovic en disant qu’il coûtait tant d’argent par mois et que ce n’était pas équitable. »

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Comments

Commentaires (7)

  1. AND11

    Nico pèse dans la masse salariale du club (200 000 euros), TP ne pèse pas dans celle de l'Asvel.

    Nico a été recruté comme le poste 3 titulaire du Sluc pour la saison, TP rejoint un effectif déjà établit.

    Quand Nico rejoindra les Blazers, le sluc aura les sous pour recruter un poste 3 américain de gros niveau. Quand Parker s'en ira, il ne sera pas remplacé.

    Ce sont les petites différences qui me font penser que les 2 clubs vont vivre cette venue différemment..

    Par contre médiatiquement c'est fantastique pour la pro A et j'espère vraiment que la ligue va surfer dessus car on a jamais entendu parler basket partout (télé, radios, presse) depuis… depuis longtemps !!

  2. OscarAbine

    J'aime beaucoup la réponse de Vincent sur le "championnat faussé". Oui, c'est une mauvaise question. Qui n'attire même pas de réponse. Point.

  3. OscarAbine

    Batum est à 200 000 € par mois ? Tu te fous de ma gueule ?

    Et si c'est par an, ça change pas vraiment grand chose. C'est le prix d'un joueur, oui. Mais pas de Batum. Rappelle-moi combien il gagne en NBA ?

    Tu vas quand même pas encore te plaindre ? Ou alors faut te plaindre auprès de Batum qu'il se fasse payer autant alors que d'autres, comme TP ou Diaw, y vont quasi-gratos. Parce que, finalement, là, c'est Batum qui passe pour un rapia…

  4. AND11

    Euh oui par an désolé ;)

    Je dis pas que c'est le prix de Batum. Je dis que c'est son salaire au sluc.

    Et je ne me plains à aucun moment. Je dis que la situation est différente, en le démontrant par les chiffres. Après j'ai pas dis que c'était bien ou que c'était mal.. Je dis juste que c'est pas comparable ;)