Le PL, une wild card en question

L’annonce des équipes françaises engagées en Eurocup a surpris, notamment la wild card donnée au Paris Levallois. BasketActu revient sur cet épisode.

greg beugnotIl y a quelques jours, le Paris Levallois a obtenu une wild card pour la prochaine saison d’Eurocup. Ce « cadeau » est mal vu par les voisins nanterriens, ainsi que par des Manceaux déçus. En théorie, les wild card octroyées par le board de l’Euroleague sont offertes pour accompagner des projets. C’est l’exemple du Bayern Munich que l’Euroleague accompagne depuis plusieurs saisons (le club allemand avait obtenu sa première wild card pour l’Eurocup en 2011-2012). Ou même de l’ASVEL qui a déjà reçu plusieurs wild card malgré le peu d’avancement de son projet, notamment en ce qui concerne la future Arena désirée par Tony Parker . Mais pourquoi donner une wild card au Paris Levallois ?

Pour cela il faut revenir un an en arrière. Juin 2013, il se dit avec de plus en plus d’insistance que le PSG va prendre contrôle du Paris Levallois. L’affaire semble bouclée, les Qataris arriveront à l’intersaison 2014. Le PL se prépare à rêver plus grand en recrutant des personnages du basket français (Jacques Monclar, Greg Beugnot, ou même Alain De Senne). En Espagne, on est alors intrigué par la nouvelle puissance du PSG foot et plusieurs sources estiment que sa section basket pourrait prétendre à une wild card pour l’Euroleague 2014-2015. Sauf que le PSG n’est finalement pas venu. Malgré un rapprochement avec Patrick Balkany, toujours très investi dans son club, Paris n’a pas encore de grande salle et les Qataris n’ont pas appréciés les résultats moyens de la section hand du PSG. Pire, le PL et ses dirigeants ont finalement fait plus parler d’eux dans des affaires extra sportives (notamment la désormais célèbre bagarre lors du match contre le BCM et la garde à vue récente de Jean-Pierre Aubry dans une affaire Balkany mais qui relevait de l’ordre du privé). La venue du PSG est ainsi sans cesse repoussée mais sans les Qataris, le potentiel du PL semble bien mince. Beaucoup rêvent d’un grand club à Paris, mais le PL peine toujours à remplir sa salle à domicile (63% de taux de remplissage en 2012-2013) et a terminé la saison avec une victoire lors du Trophée des champions (face à Nanterre) et un quart de finale de playoffs. Alors pourquoi privilégier le PL au détriment du Mans ou de Nanterre ?

Le Mans a remporté la Leaders Cup, s’est attaché les services de Erman Kunter et opère pour le moment un recrutement séduisant (Charles Kahudi va rester, Mouphtaou Yarou et Rodrigue Beaubois sont arrivés). Le club dirigé par Christophe Le Bouille, a une salle aux normes Euroleague (6023 places) et est continuellement en coupe d’Europe depuis la saison 2003-2004 (ULEB Cup, Euroleague, Eurocup). Enfin, il possède toujours l’un des budgets les plus solides de notre division.

Elton Brown Johan Passave DucteilA côté, la JSF Nanterre a remporté la Coupe de France et a été le dernier club français cette saison engagé en coupe d’Europe (1/8e de finale d’Eurocup contre Budivelnik Kiev). Le club de Jean Donnadieu bénéficie d’une vague de sympathie importante, a récupéré de nombreux nouveaux sponsors et va agrandir son palais des sports prochainement (passage à 3000 places). La JSF est en constante progression et, malgré une faible baisse de son budget (4,36 millions d’euros en 2013-2014), restera une équipe compétitive. Surtout, la JSF Nanterre joue ses matchs de coupe d’Europe à fond. Ce qui n’a pas toujours été le cas des clubs français…

Deux projets qui semble-t-il ne suffisaient pas. En effet, Alain Béral aurait demandé au PL de se positionner pour une wild card, ce que Jean-Pierre Aubry, président du PL, a déclaré dans les colonnes du Parisien. Étonnant venant du créateur de la Leaders Cup ou d’un spectateur assidu des matchs à domicile de Nanterre en Euroleague. Mais celui a précisé dans le quotidien francilien avoir toutefois plaidé la cause du club champion de France 2013 sans succès, l’Euroleague privilégiant « le marché économique essentiel » du PL.

Aussi, le basket français a aujourd’hui besoin de clarté, si l’ASVEL n’a volé personne en obtenant sa wild card pour le tour préliminaire de l’Euroleague, d’autres wild cards semblent plus discutables. Il ne faut pas oublier le réel objectif de la wild card, aider des projets à germer ou grandir, favoriser des clubs à fort potentiel à réaliser leurs grandes ambitions. Bref, en un mot : le business. Actuellement, le Paris-Levallois a peut être cette ambition mais n’en a pas encore les moyens.

Crédits Photos : F. Blaise

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