Pourquoi le Paris-Levallois a besoin du PSG ?

Le club francilien doit remporter le championnat cette année et s’installer en Euroleague. Pour son avenir.

Alors que les clubs allemands de Bamberg et Berlin sont soutenus par la participation financière de puissants industriels, la France cherche encore un modèle économique qui lui permettrait de rivaliser avec les plus grosses cylindrées continentales. Si la juxtaposition du marque aux côtés du nom du club a connu un échec relatif entre la fin des années 90 et le début des années 2000, que ce soit avec Cholet et l’ASVEL, l’arrivée des Qataris à Paris offre une solution nouvelle à des entités sportives trop souvent dépendantes de leurs collectivités.

Les années sombres sont terminées pour le Paris Levallois. Après des années de disette, le club parisien a retrouvé le haut du tableau dans une Pro A toujours plus homogène et incertaine. Mais pour continuer d’exister, le club de la capitale doit remporter le titre à la fin de la saison. Et poursuivre sa progression en sachant que l’ombre PSG n’est pas loin…

Des investissements financiers très importants

Cet été, le Paris Levallois a décidé de voir grand et a opéré l’un des recrutements les plus clinquants de la Pro A. Andrew Albicy est revenu dans son club formateur pour 2 ans contre une indemnité de transfert, Sean May a également signé pour les deux prochaines saisons avec l’un des plus gros salaires de la ligue et Jawad Williams a dans le même temps prolongé son bail d’une saison avec une augmentation. La masse salariale est devenue l’une des plus importantes de Pro A. En bref, sur le plan financier, le club a pris des risques. Il faut dire que le Paris Levallois est soutenu politiquement que ce soit à Levallois, bastion de Patrick Balkany qui a toujours été impliqué dans le club et dans son financement, et à Paris qui encore cette année a versé un peu plus d’un million d’euros de subventions.

Ce budget consistant rappelle celui de 2007, lorsque le Paris Basket Racing et Levallois avaient débuté leur fusion. A cette époque déjà, le PL avait montré de fortes ambitions en ayant la 2e masse salariale de Pro A et en recrutant un coach à gros CV, Elias Zouros. Malheureusement, l’effectif avait été totalement renouvelé et l’alchimie n’a jamais réussi à prendre. Pire, le club a plus fait parler de lui à travers l’extrasportif (une défaite sur tapis vert à Chalon suite à l’affaire Koné, départ de Zouros puis démission d’Antoine Rigaudeau de son poste de vice-président). Et oui, à Paris, quelque soit le sport, rien ne se passe comme ailleurs. Au final, le club s’est reconstruit en partant de la Pro B et n’a jamais été aussi proche de retrouver les sommets.

Les play-offs atteints l’an passé n’étaient qu’une étape, le Paris-Levallois veut un titre et le basket français en a besoin. Un besoin réciproque puisque le club récupèrerait alors un retour sur ses gros investissements de l’été. De plus, peu de villes françaises peuvent faire parler d’elle comme Paris en est capable. Une qualification du club en Euroleague pourrait même permettre au basket français de s’installer à Bercy pour les grosses affiches. Hors cadre du All Star Game ainsi que lors des finales de Coupe de France ou de championnat, cela n’a été réalisé qu’une seule fois : le 2 avril 2006, le PBR avait reçu le champion de France en titre, Strasbourg, au POPB. Depuis cette date, aucun club francilien n’a investi Bercy.

La solution PSG ?

Les apparitions du basket à Bercy se font rare mais en cas de changement de propriétaire, elles pourraient être plus nombreuses. La solution à laquelle la majorité pense, c’est le PSG de Nasser Al Khelaifi. Les propriétaires qataris n’ont pas envie de se limiter à 2 sports (foot et hand) et souhaitent créer une vraie entité multisports à l’instar de certains clubs espagnols. Néanmoins, si le Qatar a investi dans le foot et dans le hand, c’est parce que l’émirat organise des compétitions internationales dans ces deux sports. Pour le basket, l’intérêt est donc moins flagrant. Cependant, les contacts existent entre les deux clubs. Si les dirigeants du PL ne semblent pour le moment pas près de lâcher leur club, ils pourraient changer d’avis si cette saison se termine sans titre, ni Euroleague. Les finances du club ne seraient alors pas au mieux… Le Paris Levallois pourrait avoir besoin du PSG plus rapidement qu’il ne le pense. Surtout que l’ensemble du basket français espère voir ces investisseurs sans limites débarquer. Avec eux, imaginer Lorbek ou Teodosic en Pro A ne serait plus un doux rêve utopique. Plus qu’une Coupe à Disney ou un passage à 18 clubs, le basket français a besoin d’argent et de sa capitale pour être plus intéressant.

La correspondance avec les critères européens

En attribuant le système de licences, Jordi Bertomeu souhaitait pérenniser la présence des places fortes du basket européen en Euroleague. Moscou, Barcelone, Madrid, Athènes, Milan, Istanbul, Kaunas ont leur licence A. Ces clubs devront à l’avenir posséder des arenas modernes de plus de 10 000 places. Surtout, ces clubs correspondent à des villes qui sont soit des capitales régionales, soit des capitales nationales. Donc des villes dont on ne peut contester le rayonnement. L’objectif de l’Euroleague est bien d’installer le basket dans ces grandes villes. C’est ce que l’on fait en France à une autre échelle en installant le basket à Marseille.

Il en va de même pour David Stern. Avec le passage de la NBA en Europe la semaine dernière, le boss de la ligue américaine est revenu sur l’idée de franchises européennes. Et pour le moment, deux villes tiennent la corde grâce à leurs salles : Berlin et Londres. Deux capitales européennes, deux gros marchés pour la NBA. Et où se situe Paris ? Notre capitale est en retard, Bercy se fait vieux, cependant David Stern a avoué que la NBA reviendrait à Paris dès que Bercy serait rénové. Logiquement les travaux du POPB seront terminés dans le courant de l’année 2015 et offriront à Paris une salle ultra moderne avec une augmentation du nombre de loges (passage de 18 à 52 loges), du nombre de places (de 17 000 à 21 000), et l’ajout de restaurants et de boutiques. Paris aura un équipement à sa hauteur et surtout une salle capable d’accueillir de grands matchs d’Euroleague.

Il existe également le projet du dôme de Sarcelles et ses 20 000 places. Sauf que la France n’est pas un pays réputé pour la construction rapide de ses équipements sportifs. Le seul projet auquel on peut faire confiance est celui du BCM et de son Arena de 10 700 places, dont le contrat de partenariat a été signé. Mais le club d’Hervé Beddeleem n’a pas les mêmes possibilités de notoriété ou d’expansion que Paris. En revanche, la salle nordiste sera elle aussi livrée pour 2015 et ça c’est une vraie bonne nouvelle.

D’ici là, Sean May ne devrait plus être en France, mais un club parisien aura les moyens de viser le Top 16 et pourquoi pas de tenir tête au Real Madrid de Rudy Fernandez dans un POPB rempli. Enfin, on l’espère.

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Comments
Plongeur avec Rudy Fernandez et coiffeur de Simone Pianigiani. Aussi solide que Lior Eliyahu dans un Final Four. Email | Compte Twitter

Commentaires (33)

  1. Zack

    Est-ce que ça veut dire que les finances du PL pour cette saison ne sont pas équilibrées ?

    Ou que sans titre, il ne sera pas possible de reconduire cette équipe ?

  2. DUPUIS Michel

    Si le PL doit faire un rapprochement avec le PSG et le Quatar c'est maintenant qu'il doit le faire. La saison prochaine se travaille et se prépare dès maintenant. En fin de saison c'est trop et la grande équipe à Paris est encore repoussée en 201……

  3. BCMers

    Article intéressant, mais j'ai quand même l'impression que derrière (pas dans cet article précisément, mais sur la question de la venue ou non du PSG) la vraie question posée c'est "pourquoi la proA a besoin du PSG ?".

    Après tout, le PL peut très bien réussir sans eux (les deux dernières saisons ne sont-elles pas déjà une réussite ?), et puis celui qui va devoir calmer Balkany, je lui souhaite bon courage. (les mauvaises langues diront que quelques $$$ qataris le convaincront)

  4. burt cassander

    La Pro A a tout aussi besoin d'un club moteur comme le PSG que d'autres grandes villes capables de rivaliser, histoire de donner de l'attrait au championnat. Le top serait que les clubs historiques et reconnaissables pour le grand public (Limoges, Pau…) puissent suivre le train en marche et de résultats en Coupes d'Europe et l'EDF qui cartonne… bref y'a pas de secret.

    Et un gros club à Paris finira bien par intéresser les journaux nationaux, vu qu'ils sont tous à la capitale, jacobins que l'on est. Pourquoi le Top 14 a prit son envol, grâce, entre autre, aux maillots roses du Stade Français.

  5. Romain Fougeron

    Malheureusement nos jeunes talents s'exportent car ne s'entrainant pas assez en France (c'est eux qui le disent). Et nos entraineurs ne leurs font pas toujours confiance.

    Reste l'arrivée de capitaux privés et Paris est la ville la plus capable d'en ramener. Comme le sont toutes les grandes villes en fait comme Lyon ou Marseille si un club de là bas arrive en Pro A… Pour progresser, on a besoin de ces grandes villes. C'est là bas que sont implantés la majorité des grandes équipes européennes. Je ne supporte pas le PL mais j'espère avoir un représentant en EL qui aura un budget un peu plus élevé que les 5-6 millions habituels. En sachant qu'une majeure partie de l'argent dépend des fonds publics dans ces cas là. Et comme tout le monde sait, on parle plutôt de dégradation des finances publiques en ce moment… Bref, une grande équipe à Paris attirera sûrement plus. Surtout si elle est sous le sigle PSG, on a tous vu l'effet que ça a fait au Hand…

  6. BCMers

    Y'a 3ans le PL était en proB aussi…

    Mais je suis pas du tout contre l'idée de locomotives, bien au contraire. Là tu prêcherais un convaincu.

    Et justement, tu parles de formation : Paris c'est pas plutôt bien placé pour attirer les meilleurs jeunes ?

  7. GW

    On tombe dans l'utopie la…

    Je veux bien que les qataris aient des moyens illimités mais ils n'ont pas oublié l'idée d'être un jour rentable au PSG.

    Le salaire de Teodosic c'est autant que l'ensemble de la masse salariale du PSG Handball…

    Et la masse salariale est un trompe l'oeil un peu comme celle de Roanne a l'époque de JDC. En terme de budget, Paris est dans le peloton.

    Et ils ont fait un effort cette saison, mais concentré sur 3 joueurs (Diot ne doit pas être payé très cher) !!!

    Le banc fait de la peine et malgré les bons résultats, Hodge n'a meme pas pu etre conservé ou remplacé. On est loin du modèle Euroleague à 10 joueurs…

    Et on a beau nous rabacher qu'il faut du basket dans les grandes villes – on a cru au projet de Paris, l'Euroleague a cru au projet de l'ASVEL, la LNB va surement offrir une wild card aux incompétents de Fos sur Mer incapables cette saison d'organiser un grand évenement ou plus modestement de garder leur meilleur joueur Shemann Gay, ca ne marche pas…

    Pour moi la solution viendra du Nord, de Strasbourg, de Nancy et du Mans, tous de moins en moins concurrencés par le football. Et il y a quand meme un petit potentiel économique.

    Tous ces clubs ont beaucoup plus de chances de progresser car le soutien du public et des partenaires, le savoir faire, le palmarès sont déja bien présents.

    Il y a d'autres championnats où les petites villes s'en sortent très bien, en Italie ou en Allemagne, Sienne, Bamberg, Cantu ou Varese c'est pas des megalopoles soutenus par des multinationales ou des milliardaires…

    Si vous preferez croire en des hypothèses, des "si", tout ca malgré les déboires du passé…

  8. burt cassander

    Faudrait peut être arrêtez de se comparer avec les autres pays. Les problématiques sont différentes. Déjà rien que le régime fiscale ça calme les investisseurs. Aussi tu parles de formation avec le Partizan. Mais le Partizan ne forme pas, ils récupèrent des jeunes déjà prêts, ils les lancent dans le grand bain et spéculent sur leur future réussite. Et surtout, tout porte à croire que le budget du club n'est pas si bas et qu'une partie circule en loucedé pour échapper aux taxes et impôts.

  9. ...

    @ GW

    Si le quatar investissait l meme budget au PL qu'il l'a fait pour le Paris Handball, le Pl remporterait surement chaque année le championnat. Et cela sans Teodosic et Lorbek.

    Comme tu dit Zach,

    je pense qu'un championnat inferieur tel que la N1 devrait servir de reservoir jeune. Alors que lorsque l'on regarde les effectifs de ces clubs, on doit retrouver a peine 2/3 joueurs de moins de 22 ans dans ces clubs.

    (L'equipe espoir de Charleroi est en div2 belge…)

  10. ...

    mdr okok!