Pourquoi il ne faut pas s’inquiéter de la première ratée d’Evan Fournier

Evan Fournier a loupé son premier match avec Boston. Même si la feuille de stats est accablante, tout n’est pas à jeter dans la copie du Français.

Evan Fournier rêvait forcément de débuts flamboyants et victorieux avec les Boston Celtics dans l’antre du TD Garden. Il n’y a eu ni l’un, ni l’autre. On ne va évidemment pas tomber à bras raccourcis sur Evan, tradé par Orlando vers le Massachusetts juste avant la deadline. Quelques internautes américains s’en sont déjà chargés, en critiquant tour à tour ses qualités de basketteurs, son numéro de maillot, sa nationalité, ou le fait qu’il soit entré dans l’histoire de la franchise pour une raison pour enviable…

On va plutôt prendre le parti de se dire que le meilleur scoreur des Bleus au Mondial 2019 avait réellement des circonstances atténuantes et que ce sont les prochains matches qui permettront de se faire une meilleure idée sur le fit entre « More Champagne » et le groupe de Brad Stevens.

Evan Fournier a donc joué 33 minutes en sortie de banc lors de la défaite contre les New Orleans Pelicans. Bilan : 0 point à 0/10, dont 0/5 à 3 points. Jamais un joueur des Celtics n’avait passé autant de temps sur le terrain dans un match sans marquer et en ayant pris au moins 10 tirs. Evan n’a pas non plus fait de passe décisive et affiche le plus mauvais +/- de Boston. La mule est chargée, on peut maintenant passée à la plaidoirie de la défense.

La défense, justement. S’il y a un secteur sur lequel le Charentonnais ne s’est pas défilé ou n’a en tout cas pas été moins bon que les autres, c’est celui-là. On ne l’a pas vu éprouver de difficultés au moment de switcher, ce que les Celtics font bien plus fréquemment que le Magic, et il a montré une certaine agressivité en dérobant deux ballons et en contrant des adversaires à deux reprises, notamment Zion Williamson. C’est plutôt bon signe pour la suite, surtout quand on sait que c’est l’ADN défensif de ce groupe qui lui a permis par le passé de lutter à armes égales avec les meilleurs. Brad Stevens doit pouvoir être sûr qu’avoir Evan Fournier sur le terrain n’est pas un handicap en défense. L’échantillon est mince, mais les signaux plutôt intéressants.

Evan Fournier, le projet des Celtics expliqué par Danny Ainge

Sur l’impression visuelle, ensuite, on l’a senti plutôt à l’aise en termes de compréhension des intentions des deux joueurs majeurs de l’équipe, Jayson Tatum et Jaylen Brown. Quelque chose qui peut paraître anodin, mais qui ne l’est pas vraiment puisque Brad Stevens affectionnait particulièrement de pouvoir s’appuyer sur des doublettes pour constamment conserver sur le terrain deux grosses menaces offensives parmi les JayJay, Kemba Walker et Gordon Hayward. Evan n’est pas le même joueur qu’Hayward, mais sa production offensive pourrait être comparable et faire de lui un indispensable.

Toujours sur le visuel, les shoots qu’Evan Fournier a manqués ne sont pas des tirs erratiques, les fameux « bad shots » déplorés par Paul George. Ce sont des tirs qu’il a mis et met fréquemment avec Orlando et l’équipe de France. Il y a simplement des soirs où le filet ne veut pas trembler.

Dans quelques jours, une fois qu’il aura pu se poser – un trade, c’est aussi un déménagement avec femme et enfant ainsi que pas mal de stress – et souffler après une fin de deadline mouvementée, on est prêts à parier que les choses iront beaucoup mieux. Jeté directement dans le grand bain, le Francilien n’a pas franchement eu le temps d’apprendre et de travailler les systèmes chers à Stevens. La fin de saison arrive vite et le temps presse déjà. Les Celtics ont besoin d’un Evan Fournier de gala et Evan Fournier a besoin de prouver sa valeur dans une équipe ambitieuse à quelques mois de la fin de son contrat.

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