Présentation Liga ACB : les pistoleros sont fatigués

Coup de projecteur sur la Liga ACB. Le championnat espagnol, ses forces, ses faiblesses, le bilan de la dernière saison…

Liga ACB ! Il y a encore trois ans, ces deux mots accolés l’un à l’autre évoquaient le gratin du basket européen. Plages de sable fin, salles parmi les plus grandes d’Europe, fiesta dans les gradins et bottelons improvisés au sortir de la salle. La Liga ACB, c’était d’un côté l’exotisme méditerranéen, et d’autre part la garantie d’assister à ce qui se pratique de mieux sur le Vieux Continent en termes de tactique et d’intelligence de jeu avec des joueurs parmi les plus dominants d’Europe.

Olympiacos Piraeus v FC Barcelona Regal - Turkish Airlines EuroLeague Final Four Semi Final

 

Mais dans un pays où la bulle immobilière a fragilisé le secteur financier et bancaire, ainsi que celui de la construction, l’heure n’est plus à l’euphorie. Au cours du premier trimestre 2013 le taux de chômage flirtait ainsi avec la moyenne de points en carrière de LeBron James. Obligées de couper dans les budgets de la santé ou de l’éducation, les collectivités locales sont dans le rouge et les présidents de clubs n’ont d’autre choix que de se concentrer sur leurs propres business afin d’assurer leur survie. Dans ce contexte, la Liga ACB a été contrainte de réduire la voilure et derrière les deux forteresses que sont le Real Madrid et Barcelone c’est l’hémorragie. A un an du Championnat du monde 2014 qui aura lieu en Espagne, le président de la Fédération, José Luis Saez, a beau se féliciter que « dans le monde du basket, l’Espagne fait partie du G4 », ses propos ne trompent personne. Car si l’équipe nationale enchaîne les prouesses, la situation des clubs espagnols n’a, elle, rien d’idyllique.

A l’aube de la saison passée, Madrid et Barcelone pouvaient s’appuyer sur un budget de 30 millions d’euros chacun, laissant leur premier poursuivant à des années lumières (Vitoria avec 15 millions €). Derrière, des bastions traditionnels du basket espagnol comme Malaga et Valence ont du mal à suivre. Pas étonnant quand on sait que le budget global des clubs a baissé de 42 millions d’euros entre 2011 et 2013. Comme un symbole, Bilbao, pourtant fort d’un « sympathique » budget de 9 millions d’euros, a été lâché en plein cœur de la saison dernière par son sponsor maillot Uxue et n’a dû sa survie qu’à l’injection d’argent frais par le gouvernement de la province de Biscaye. Paradoxalement cette situation est intervenue l’année même où les Basques parvenaient à se hisser en finale de l’Eurocup. Au sortir de cette saison ô combien symptomatique, le meneur grec Nikos Zizis a plié bagage direction la Russie (Unics Kazan), Kostas Vasileiadis – septième du classement du MVP – s’est envolé pour Istanbul (Anadolu Efes) et Lamont Hamilton – quatrième du classement de révélation de la saison – a rejoint Victoria. Quant au mythique coach Katsikaris, à peine élu Eurocup coach of the Year, il s’est engagé avec la sélection nationale russe. Et encore, Bilbao n’est pas le cas le plus édifiant.

Tags : , , , ,
Comments

Commentaires (2)

  1. someone

    Bon petit tacle à la formation française en milieu de deuxième page.

  2. Mat2

    De la détection au travail de formation, notre pays est à l'opposé de l'Espagne, on favorise les qualités physiques au détriment de la lecture de jeu et de la vista… c'est un vrai problème de choix de formation