Preview EuroCup : Bilbao défie l’ogre Kuban

Pourtant pas favori, le club basque a les arguments pour faire déjouer le Lokomotiv Kuban.

Quand Ali Traoré a rejoint le Lokomotiv Kuban en juillet 2011, beaucoup ont été surpris par ce choix. Depuis, le club russe n’a cessé d’impressionner et est aujourd’hui une destination presqu’aussi prisée que Khimki ou Kazan. Les Russes ont de l’argent et ont pu s’offrir deux joueurs du Panathinaikos cet été.

Premier de cordée : Nick Calathes. Après avoir appris auprès de Diamantidis et Obradovic, le Grec est devenu en moins d’une saison l’un des piliers de l’équipe russe (13,1pts et 6,6pds par match). Le combo a montré qu’il pouvait prendre ses responsabilités, notamment en sauvant les siens face à Valencia au match retour du quart de finale. Pour Bilbao il sera essentiel de limiter son emprise sur le jeu. Pour l’autre ex-Green en revanche, Aleks Maric, la saison a été plus irrégulière. On l’a vu retrouver son niveau « belgradesque » au Last16 puis une blessure l’a éloigné des parquets. De retour, l’Australien pourrait être le facteur X de son équipe de par son expérience des matchs à enjeux.

Autre forces pour le Patrice pas triste Loko : Richard Hendrix, ancien chouchou de David Blatt au Maccabi Tel Aviv, et Derrick Brown, meilleur marqueur du club dans la compétition (16pts par match). Deux forts Américains entourés de joueurs de devoir rompus aux joutes européennes (Kalnietis, Jasaitis, Bykov…) et à même de sanctionner tout opposant ayant commis l’imprudence de les sous-estimer. Au final, Krasnodar dispose des individualités nécessaires pour faire la différence dans cette finale.

L'effectif de Kuban est plein à craquer.

Mais attention, l’irrégularité de certains joueurs pourrait porter préjudice à un club russe animé par une volonté farouche de mettre fin à treize années de disette.

Bilbao : la victoire ou la fin ?

Reste que l’ex-Rostov, battu par le SLUC Nancy en finale de la Coupe Korac en 2002, possède en la personne d’Evgeny Pashutin, son coach, un dernier atout de poids. Déjà victorieux de la compétition avec l’UNICS Kazan,  l’ancien disciple de Messina au CSKA Moscou, était le favori des médias pour prendre les rênes de la sélection nationale russe en décembre dernier. Néanmoins, le poste est finalement revenu à… Fotis Katsikaris, le tacticien d’Uxue.

Voir son Bilbao en finale de l’EuroCup, c’est presque une revanche pour le technicien grec, élu entraîneur de l’année dans la compétition. Ancien joueur puis entraîneur de l’AEK Athènes, Katsikaris a souvent fait face aux difficultés. Viré de Valence, malheureux lors d’un rapide passage à l’Aris Thessalonique, parti de Saint Petersburg alors que le club était en proie à des problèmes financiers, le coach hellène semble revivre avec Bilbao où il est sous contrat jusqu’en 2014. Troisième de l’EuroCup 2010, quart de finaliste de l’Euroleague la saison passée, son Bilbao apprécie l’Europe qui le lui rend bien. Cette saison, le club espagnol n’a été réellement inquiété qu’une seule fois, au début du Last16 (débuté par deux défaites). Toutes les autres phases ayant été maîtrisées avec aisance et cela en parti grâce à lui.

Pouvant s’appuyer sur des joueurs avec un fort kilométrage au compteur Euroleague (Grimau, Zisis, Rakovic, Lopez…), Bilbao Basket a également su recruter malin en prenant l’un des meilleurs joueurs du championnat de France, Lamont Hamilton. L’ancien parisien est l’arme offensive numéro 2 du club en EuroCup avec 13,8pts par match. Seul Kostas Vasileiadis fait mieux avec 14,4pts. Très fort scoreur grâce à son shoot extérieur, la mitraillette grecque est aujourd’hui également capable de tenir les meilleurs ailiers adverses en défense. Un grand Vasileiadis sera donc nécessaire samedi pour emmener l’équipe espagnole.

Les Basques peuvent également compter sur l’inusable Alex Mumbru et leur Francophone Connection à l’intérieur (Alex Hervelle, Adrien Moerman, Mamadou Samb).

Doté d’un effectif moins impressionnant que Kuban (et pourtant…), Bilbao s’appuyera sur son fort collectif pour faire la différence. Et nul doute que les tracas financiers du club, désormais connus de tous, décupleront encore plus l’envie d’Adrien Moerman et de ses partenaires.

Mais après tout, Bilbao Basket ne joue pas seulement un ticket qualificatif pour l’Euroleague, ce soir. En effet, c’est avant tout de survie dont il est question; car pour attirer les sponsors, il ne faudra pas imiter Girona, défait en finale de l’EuroCup et relégué administrativement quelques semaines plus tard.

Finale au RTL SpirouDome de Charleroi, à 21h.

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Comments
Plongeur avec Rudy Fernandez et coiffeur de Simone Pianigiani. Aussi solide que Lior Eliyahu dans un Final Four. Email | Compte Twitter

Commentaires (3)

  1. Péricl&egrave

    Merci pour cet avant match!

    L'"ogre", c'est un ogre économique je présume! Car ça s'annonce super serré ce match.

    L'effectif de Bilbao est plus dense et mature que celui de Kuban à mes yeux. LeLoko, c'est plus Calathès dépendant. Bykov il en touche pas à une depuis quelque temps. Calathès joue environ 35min. Il impulse dès le rebond défensif (que que lui laisser faire -parfois- Obradovic). Attention aux turnovers et % aux shots. Avec Kalnietis, ça gambade sec. Ça donne du rythme pour un Jasaitis qui apprécie ce style. Baron ça envoie du shot aussi. Hendrix, c'est typique bon pour l'Eurocup, Brown, c'est une révélation pour moi (pas mal du tout à ce niveau). Quid de Maric en effet…?

    Après y'a moins de vécu commun. Y'a des expérimentés du haut niveau par contre.

    Coté Bilbao, ça peut venir comme consécation du job de Katsikaris depuis 2-3ans… Les Hervelle, Mumbru, Lopez, Zisis, Grimau sont les catalyseurs… et y'a Hamilton et Vassiliadis comme boosters offensifs. Katsikaris lui a donné plus de confiance avec un plus gros temps de jeu et il optimise tout çà. Et puis, c'est un sacré leader, caractère… ce Bilbao n'en manque pas! Bilbao pourrait essayer de casser le rythme de Kuban. A voir s'ils y parviennent. Ils peuvent manquer un peu de poids et de taille dans la peinture.

  2. Frankie

    Les bookies donnent -2 à Krasnodar, ce qui en fait un très très léger favori. Comme il est dit, parier dessus ressemblerait au loto tellement ce Loko a des joueurs irréguliers, notamment Maric, Kalnietis et Jasaitis, capables du pire comme du meilleur. Je suis curieux de voir ce que ça va donner.