Preview Euroleague : FC Regal Barcelone – Olympiacos BC

Le Final Four de l’Euroleague démarre ce vendredi à Istanbul avec notamment la rencontre Barca-Oly.

Olympiacos Le Pirée

 

Le parcours:

 

Alors qu’on l’avait laissé pour mort au sortir d’un été 2011 catastrophique au cours duquel Milos Teodosic, Yotam Halperin, Ioannis Bourousis et Matt Nielsen se sont fait la belle, l’Olympiacos a réussi à arracher son ticket pour le Final Four. Pourtant, rien ne fut simple. Sortis second d’un groupe A très dense, les Reds ne fanfaronnaient pas début 2012. Obligé de composer avec un regroupe moins qualitatif et plus inexpérimenté que les saisons précédentes, Dusan Ivkovic n’avait que peu de chances de retrouver le dernier carré de l’Euroleague.

Le tournant a toutefois eu lieu en janvier dernier. Exit Matt Howard et Kalin Lucas, tous deux coupables de ne pas avoir suffisamment répondu aux attentes. Acie Law et Joey Dorsey, deux joueurs qui avaient soufflé le chaud et le froid dans leurs clubs respectifs jusqu’ici, posent leur valises sur le port d’Athènes. De plus, fini de rigoler, les jeunes de 20 ans, qui avaient eu le droit de se dégourdir les jambes contre le SLUC en phase de poule, regagnent le bout du bout du banc. Au final, l’effectif a certes été rajeuni, mais il apparait que le « projet jeunes », si ardemment désiré par les propriétaires, a bien vite atteint ses limites.

L’équipe n’est pas sexy, le jeu encore moins, mais tout le monde se bat. Georgios Printezis retrouve son niveau de jeu après deux années très compliquées en Espagne, Kostas Sloukas se révèle et la raquette ressemble à une forteresse imprenable. Bien qu’étrillée à deux reprises par le CSKA Moscou, Lazaros Papadopoulos et son dos en compote réussissent à terminer devant l’Anadolu Efes et le Galatasaray Istanbul. Viennent alors les quarts de finale.

Manque de chance, les Grecs héritent de Montespachi Siena. La cylindrée italienne est belle. Très belle même. Emmenée par un Bo McCalebb resplendissant, l’équipe toscane développait jusqu’ici le plus beau basket offensif d’Europe.

Reste que, incapables de répondre au défit physique lancé par Kyle Hines et sa bande, les Toscans déjouent complétement et se voient contraint de sortir par la petite porte. Un an avant, c’était l’Oly bling-bling de Théo Papaloukas qui subissait le même sort.

En confiance après avoir terminé premier de la phase régulière de leur championnat, les Reds ne sont jamais aussi forts que lorsqu’on ne les attends pas.

 

 

Les clés du match :

 

→ Tenir le choc à l’intérieur

 

C’est un fait, l’Olympiacos a l’un des secteurs intérieurs les plus solides d’Europe. Ça manque peut-être de folie et de talent, mais Joey Dorsey et ses compagnons compensent ces quelques défauts par un hargne et une férocité de tous les instants. Mais sont-ils capables de faire plier Erazem Lorbek et Boniface Ndong ? Pero Antic est utile de par sa capacité à étirer les défenses adverses, mais il n’a jamais été un grand adepte du combat sous les panneaux. Presque du pain bénit pour un Erazem Lorbek qui, de par sa capacité à être une arme de destruction massive aussi bien sous le cercle que derrière l’arc, pourrait causer quelques maux de tête au coach Ivkovic. De la même façon, Printezis et Papanikalaou, trop légers, ne semblent pas être les hommes de la situation pour stopper l’intérieur slovène, malgré leurs belles aptitudes au poste 4. Il faudra donc la jouer serrée, d’autant plus que Kyle Hines et Joey Dorsey, occupés à stopper Ndong, auront déjà fort à faire de leur côté.

 

 

→ L’arbitrage

 

Assurément la donnée capitale pour cette rencontre.  Extrêmement agressive, la formation du Pirée a pour habitude de sauter à la gorge de son adversaire dès les toutes premières minutes de la partie. Or, sauf surprise, les arbitres devraient se intransigeants. Final Four oblige. Il faudra donc faire attention à ne pas prendre de fautes trop rapidement. Chose qu’a trop tendance à faire Joey Dorsey. D’autant plus que les Espagnols, Juanca Navarro en tête, aiment bien en rajouter…

 

→ L’adresse extérieure

 

Le facteur X de cette finale. Si les artilleurs des Reds ont le compas dans l’œil, le Barça pourrait connaître les pires difficultés. Malheureusement, malgré Kostas Sloukas, Pero Antic, Acie Law ou encore Georgios Printezis pour jouer les shooters d’élite, l’équipe athénienne alterne le chaud et le froid derrière la ligne. Pour preuve, sur la campagne Euroleague, le Pirée n’est que la 15ème meilleure équipe (sur 24) aux tirs à trois points. Toutefois, tout le monde le sait, une fois que Marko Keselj et Vassilis Spanoulis ont trouvé la mire, il devient très difficile de les arrêter.

 

 

FC Regal Barcelone

 

 

Le parcours :

 

Sans se fouler, le FC Regal Barcelone a atteint le Final Four Euroleague. 19 matches, 1 défaite, soit mieux que le CSKA Moscou. Pourtant, il faut bien l’avouer, on s’est ennuyé ferme. Le jeu enjoué, le strass, les paillettes, Pep Guardiola en costume Zara… Tout ça, c’est surtout pour la section football du club catalan. Parce qu’au risque de se fâcher avec bon nombre de supporters culés, Juanca Navarro et ses partenaires ne nous ont que trop habitué à jouer aux intermittents du spectacle.

Alors oui, le Barça enfile 20 pions dans la vue à Kaunas, Prokom ou Ljubjana. En même temps, avec Fran Vazquez, Joe Ingles, Chuck Eidson ou CJ Wallace en sortie de banc, l’inverse aurait quand même été inquiétant. Pour ne pas dire plus.

Non, ce qui dérange, c’est la manière. Les Blaugranas ont certes remporté une victoire de prestige dans la Nokia Arena face au Maccabi Tel Aviv, mais ils n’ont passé la seconde qu’à dix minutes de la fin. De quoi impressionner et, dans le même temps, agacer tant les Catalans semblent faire preuve de suffisance par moments. Un vilain défaut qui aurait d’ailleurs pu (dû ?) leur coûter une manche en quarts de finale contre l’Unics Kazan.

Certes, le Barça gagne, mais il ne donne que trop peu de plaisir compte tenu de la pléiade de stars dont il couche le nom chaque soir sur la feuille de match. De quoi rendre un petit peu plus nostalgique les fans d’un club qui a remporté l’Euroleague en 2003 en éblouissant tout le monde grâce à son trio Sarunas JasikeviciusDejan BodirogaGregor Fucka.

C’est donc peut-être ici l’une des lacunes de l’équipe coachée par Xavi Pascual, il y a comme un goût d’inachevé.

 

 

Les clés du match:

 

→ Imposer son style de jeu

 

Montepaschi Siena et le Real Madrid l’ont montré, le FC Barcelone n’aime pas jouer contre des équipes ultra offensives.  A 34 ans, Ndong et Mickael n’ont pas les jambes pour cavaler des deux côtés du parquet, et Lorbek aime jouer tranquillement assis dans son fauteuil. Une preuve, s’il en fallait encore une, que l’ancien intérieur de Rome sera tout à son aise du côté de San Antonio la saison prochaine. Les Catalans, soucieux de ne pas voir leur magnifique édifice défensif se fissurer, devraient donc s’attacher à ne jamais laisser leurs adversaires emballer la partie. Une fois le tempo dicté, le rouleau compresseur bleu et rouge n’aura plus qu’à dérouler son basket.

 

→ L’axe Navarro – Lorbek

 

Le Barça a beau avoir un effectif de star, il n’en demeure pas moins que les ballon reviennent systématiquement dans les mains de Navarro et Lorbek dans les (rares) moments difficiles. Les deux leaders devraient d’ailleurs avoir une belle carte à jouer puisque, à première vue, l’Olympiacos n’a pas les armes pour véritablement les arrêter. Dans une rencontre qui s’annonce d’ores et déjà très fermée, leur efficacité sera à n’en pas douter la clé de la victoire. Libre à eux de ne pas tomber dans l’excès à trois points, comme ils ont parfois trop tendance à le faire lorsqu’ils sont eux-mêmes en difficulté.

 

 

→ L’apport de Victor Sada

 

Si l’identité du joueur qui aura la lourde tâche de museler Navarro demeure inconnue, les plans du club de la Catalogne pour empêcher Spanoulis de monter dans les tours semblent clairs comme de l’eau de roche. En effet, à l’image de ceux qu’il avait fait en quarts de finale, Xavi Pascual devrait confier ce rôle de chien de garde à Victor Sada. Le natif de Badalone n’a peut-être pas le talent offensif pour évoluer dans un tel club, il n’en demeure pas moins qu’il est un défenseur de tout premier plan. Henry Domercant, qui a vécu l’enfer à chaque fois qu’il l’a retrouvé sur sa route, en sait quelque chose.

 

 

Le Pronostic: le Barça part favori mais il devra faire attention car l’Olympiacos, comme toute équipe grecque qui se respecte, saura sauter sur la moindre petite opportunité qui lui sera offerte. Le spectacle devrait aussi être en tribune puisque les fans des Reds, qui seront en nombre, devraient en découdre avec leurs homologues du Pana.

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Comments
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Commentaires (1)

  1. Buk

    Tout d'abord un grand bravo à Vincent pour cet article long et complet, et en plus sérieux avec de très bons arguments! Ca fait plaisir sérieux!

    Juste deux-trois petites remarques à discuter…

    – "Au final, l’effectif a certes été rajeuni, mais il apparait que le « projet jeunes », si ardemment désiré par les propriétaires, a bien vite atteint ses limites." ==> C'est la seule phrase avec laquelle je ne suis pas tout à fait d'accord. Ok les deux jeunes US sont partis (Lucas et Howard) donc le côté prospect US a raté. Mais c'est aussi début 2012 que les jeunes grecs de l'Olympiakos explosent, or je pense qu'ils sont d'autant plus importants au projet des boss de l'Oly.

    Sloukas comme tu le dis explose soudain alors qu'avant Ivkovic le laissait sur le banc en expliquant qu'il avait besoin de comprendre certaines choses défensivement (en gros il avait besoin de plus de maturité). Maturité qu'il a atteint en faisant des matchs magnifiques (taux de réussite quasi-parfait au shoot, belles assists, defense honorable même si là il doit encore taffer) au Top16 (il a été le principal artisan de l'élimination du Galata) puis une belle série contre Sienne (surtout un 4ème match où il aura été énorme MVP avec Hines de cette rencontre).

    Mantzaris prend de l'assurance, devient à 21ans l'arme défensive numéro un de Ivkovic (il défend sur diamantidis lors de la victoire face au Pana, sur McCalleb contre Sienne! et tous deux avec une grande réussite) tandis que parallèlement il prend confiance en son shoot et devient un tant soit peu une menace offensive (contre Sienne il attaque même le cercle à plusieurs reprises avec réussite).

    Enfin c'est aussi le moment où Keselj est parqué sur le banc, où Papanikolaou et sa hargne/volonté de vaincre phénoménale deviennent starters avec un gros match (21pts je crois) à l'Efes lors de cette victoire décisive à l'extérieur puis de gros matchs de combattants face à Sienne.

    – Antic il est vrai à la base refuse souvent le combat et préfère shooter à 3pts mais contre Sienne il aura été une bête en furie, fonçant sur chaque rebond, se battant sous les paniers contre les bigs italiens etc. Je crois que la grinta de toute l'équipe l'ont un peu transcendé à ce niveau là. A confirmer contre la front line de Barcelone évidemment.

    – Enfin j'en parlais sur les jeunes mais je serai vraiment intéressé de voir le boulot défensif de Mantzaris sur Navarro (comme Calathes l'année passée). J'ai l'impression qu'il pourrait en tirer son épingle du jeu. Mais pour être honnête ça dépend aussi un peu de l'humeur de JuanCa.

    – et encore une fois, très bon preview ;)