Preview Euroleague : Real Madrid, la peur du vide ?

Barcelone et Madrid se rencontrent pour un énième clasico. Diminués, les Catalans useront de leur expérience pour faire tomber la Casa Blanca.

Le Real Madrid a remporté huit Euroleague, mais seulement une en format Final Four, pour quatre apparitions. Le club si cher à Florentino Perez aime collectionner les trophées européens mais a grand peine à faire parler son standing, comme l’épisode de 2011 le rappelle. Pourtant favoris de leur demie face à un Maccabi Tel Aviv privé de Doron Perkins, Felipe Reyes et ses coéquipiers l’avaient joué petit bras, laissant ainsi filer une coupe qui se refuse à eux depuis 1995.

« Nous manquions d’expérience et nous étions trop gentils. Nous ne pouvons pas nous le permettre cette année. Nous devons sortir avec le couteau entre les dents et jouer le Barça comme s’il s’agissait d’une finale dans laquelle nous jouons gros, ce qui est le cas », prévenait Reyes. « Le facteur mental influe énormément dans ces rencontres. L’équipe qui réussira à contrôle le mieux sa nervosité sera celle avec le plus de chance de gagner ».

A l’image de son comportement sur le parquet, le pivot trentenaire a de la bouche, mais une fois dans le cambouis, il la ramène beaucoup moins. Preuve en a été l’an passé, en finale de l’ACB. Parvenu à arracher la victoire en Catalogne, la bande à Kyle Singler pensait régler tranquillement l’affaire dans le match 4. Une paire de slips Desigual souillée plus tard, les Blaugranas remportaient la mise.

« Si seule l’expérience des Final Four comptait, Barcelone serait clairement favori. Au final, il y a beaucoup d’aspects importants. La plupart de mes joueurs ont été dans de gros matchs, et pas seulement en Euroleague mais avec l’équipe nationale ou en championnat. Je considère que j’ai une équipe jeune qui a de l’expérience pour ce genre de rendez-vous. Barcelone a un plus puisque plusieurs de ses joueurs ont joué le Final Four et savent de quoi il en retourne », commentait Pablo Laso sur le site de l’Euroleague.

Foutu Pablo. Le mec a la voix de Jacques Monclar, parle anglais comme une vache espagnole et lâche toujours la phrase de trop en interview. Inutile dès lors d’en dire plus, « Lolaso » a encore frappé : le Real n’est pas serein. D’autant plus que côté Barça, la confiance règne.

« Nous serons compétitifs et nous allons jouer à la limite de nos possibilités. (…) J’ai une confiance illimitée en mon équipe. Nous prenons l’avion tous les ans avec l’espoir de remporter l’Euroleague. L’équipe a très bien travaillé et nous arrivons à Londres fin prêts », annonçait Xavi Pascual en conférence de presse.

Pourtant les Barcelonais ont de quoi s’inquiéter. CJ Wallace et Nathan Jawai, deux éléments clés en sortie de banc, sont incertains, tandis que Juanca Navarro et Xavi Rabaseda sortent tout juste de l’infirmerie. Pire encore, Pete Mickeal, acteur majeur de toutes les victoires catalanes face au Real, est en semi-retraite.

« Pete est un joueur unique de par ses caractéristiques. Beaucoup de choses que nous faisions étaient basées sur son jeu, donc nous devions nous adapter et trouver une autre façon de gagner. Il est clair que nous ne pouvons pas le remplacer, mais ce que nous pouvons faire, comme je l’ai dit, c’est de trouver une autre façon de gagner », concédait Pascual.

Et l’autre façon de gagner, Barcelone l’a trouvée. Ou plutôt, Barcelone la connaissait déjà. Capable de suivre le jeu up tempo madrilène en la présence de Mickeal, les Catalans vont devoir tirer le frein à main en permanence, tel qu’ils l’avait fait le mois dernier au Palacio de los Deportes. Parvenus à embarquer los Blancos dans un faux rythme, Huertas et consorts avaient pris la main dans le dernier quart-temps, avant de finir par lâcher prise.

« C’est notre identité de jeu : aller vite, favoriser le jeu de transition et ne pas hésiter à prendre des shoots ouverts. Au final, il y a beaucoup d’aspects dans ce jeu et vous devez le perfectionner pour avoir de la défense, des écrans, du rebond et de bonnes passes. L’équipe a mûri  Si vous regardez les play-offs contre le Maccabi, l’équipe a bien défendu ».

Le coach madrilène se veut rassurant mais il occulte volontairement d’autres aspects. Souvent brillants face aux petites équipes, le Real peine contre les formations au jeu résolument défensif (Unicaja, Athènes, Moscou et même un Zalgiris diminué).

Que plus est, bien que vainqueur du Maccabi en quarts, Laso oublie de parler des exploits individuels de Sergio Llull ou Jaycee Carroll, ainsi que de l’extrême pauvreté offensive d’Israéliens peu habitués à trouver des adversaires plus athlétiques que James et Hickman.

Toutefois, puisqu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, il convient d’avouer que le Real Madrid possède tout de même de très sérieux atouts sur jeu placé. Nikola Mirotic performe des deux côtés du parquet, Felipe Reyes sait mettre le couvercle, Rudy prend les intervalles à merveille et, surtout, de très nombreux joueurs sont aptes à prendre feu à tout moment.

En janvier dernier le CSKA avait fait les frais de la furia de Jaycee Carroll, Sergio Llull a cartonné en avril et Sergio Rodriguez n’est jamais aussi fort que lorsqu’il est oublié.

De plus, défensivement, la Maison blanche a prouvé qu’elle pouvait tenir le choc en dépit des assauts d’Erazem Lorbek ou Ante Tomic, tel que ce fut le cas en finale de la Supercoupe d’Espagne.

Pour l’emporter, le FC Regal devra donc serrer les dents et dicter son rythme. Habituellement très fort en défense sur PnR, les hommes de Pascual devront rester recroquevillés de manière à contraindre Madrid à shooter à longue distance (dernier du Top 16 avec 30.5%) et empêcher tout rebond offensif (1er de l’Euroleague avec 11.6 prises/match).

Le danger principal : laisser Rudy pénétrer.

De l’autre côté du parquet, l’apport de Huertas et Sarunas Jasikevicius sur PnR sera précieux, à l’instar des matchs 1 et 4 face au Panathinaikos.

De même, il faudra varier le jeu intérieur/extérieur et rechercher un partenaire démarqué à longue distance. En effet, Brad Oleson non qualifié, le FCB compense son manque de spécialiste à trois points par sa capacité à créer les décalages pour des spots ouverts (40.1% au Top 16). Mis à mal par la défense du Pana, les Barcelonais avait trop souvent oublié de jouer collectif et s’étaient entêtés à forcer à longues distance (31.8%). Ce faux pas ne saurait leur être permis en demie.

Pour le reste, il y a la bomba : Juan Carlos Navarro.

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Comments
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Commentaires (3)

  1. FJB

    "Pourtant les Barcelonais ont de quoi s’inquiéter. CJ Wallace et Nathan Jawai, deux éléments clés en sortie de banc, sont incertains, tandis que Juanca Navarro et Xavi Rabaseda sortent tout juste de l’infirmerie."
    >>Ça c'est juste pour gonfler la taille de l'article, toute personne non naïve qui suit le Barça sait que c'est juste de l'intox au sujet de Wallace et Jawai (bobos de rien du tout, mis au frigo pour ce match), que Navarro est annoncé blessé tous les deux jours mais qu'il a l'air très bien portant à chaque fois qu'il joue, et que Rabaseda a plutôt perdu la faveur de Pascual qu'autre chose (au profit d'Abrines).