Preview : France Vs Serbie, un match aux enjeux complexes

L’EDF affronte la Serbie à 15h30. L’occasion de vous présenter le prochain adversaire des Bleus et les enjeux de la rencontre mais aussi de revenir ce qui a marché ou non face au Brésil hier.

Deuxième jour de cette Coupe du Monde FIBA à Grenade. Ce premier tour de compétition se joue sur un rythme infernal et c’est donc moins de vingt-quatre heures après sa défaite inaugurale face au Brésil que l’équipe de France affrontera la Serbie, à 15h30. Un match à enjeu, déjà, même s’il ne s’agit pas d’une rencontre couperet. En effet, si la France devait s’incliner et que la logique du groupe était respectée – Espagne impériale en première position, Brésil et Serbie derrière – les hommes de Vincent Collet joueront leur qualification face à l’Iran jeudi prochain. A priori pas un obstacle insurmontable, évidemment, mais il est toujours préférable d’éviter ces matches pièges et épuisants – sur le plan physique mais surtout mental – en fin de premier tour.

Ce qui s’est passé hier

GobertLa France a donc perdu son premier match de deux petits points – sans démériter. Elle a couru après le score pendant trois QT, sans pour autant donner la réelle impression de pouvoir repasser devant. Chacun des paniers importants des tricolores (isolation de Boris Diaw, trois-points de Mike Gelabale et Thomas Heurtel) ont été suivis d’une pénétration de ce génie de Marcelinho Huertas, d’un tir venu d’ailleurs de Marquinhos ou d’un rebond offensif de Varejao.

« On aurait dû mieux protéger le rebond, il n’y a pas de marge d’erreur dans un match comme ça », expliquait Nicolas Batum avant de nuancer : « C’est un petit score, il n’y a pas eu de paniers faciles des deux côtés. On a fait du bon boulot à l’intérieur, les Brésiliens auraient pu faire plus de dégâts. »

Les intérieurs français ont répondu présents avec notamment 15 points du capitaine Boris Diaw ou encore 6 pts, 3 rbds et 2 blocks d’un Rudy Gobert actif dès son entrée en jeu. Joffrey Lauvergne a été intéressant – il termine avec un différentiel de +7 – mais il n’a passé que 11 minutes sur le parquet, gêné par des fautes rapides. Les petites erreurs se sont payées cash, comme l’expliquait hier Vincent Collet. La faute à un manque de rigueur plus qu’à un manque d’envie.

« Cela fait trois jours que l’on répète que Garcia ne shoote pas mais coupe dans le dos de la défense. Résultat, on se fait quand même avoir en match », pestait le sélectionneur tricolore.

Le chiffre : 16

16 comme le nombre de balles perdues par l’équipe de France hier.

« C’est quatre de trop », insiste Collet. « 12 balles perdues, c’est la moyenne pour les matches de ce niveau. »

On peut retenir plusieurs facteurs pour expliquer ces TO : les fautes d’inattention, le manque de mouvement, la défense solide du Brésil et aussi parfois l’envie d’en faire trop.

16, c’est aussi le nombre de rebonds offensifs captés par les Brésiliens hier soir. Là encore, « c’est trois ou quatre de trop » pour le coach des Bleus. La raquette des Auriverde composé des colosses estampillés NBA Nene, Varejao et Splitter ont fait souffrir les tricolores. Les joueurs de Ruben Magnano ont donc tenté neuf tirs de plus que leurs adversaires – mais aussi 8 lancers-francs de plus – et ont inscrit 15 points suite à ces deuxièmes chances (contre 5 pts pour la France dans la même situation mais les Bleus ont préféré assurer le repli défensif, une stratégie cohérente). Le rebond est une affaire collective et Boris Diaw et ses coéquipiers devront s’assurer de bloquer à cinq les joueurs adverses – en faisant les écrans retards – afin de limiter ce nombre. Mais l’ont répété les joueurs hier, l’équipe adverse ne bénéficiera pas d’une telle densité à l’intérieur.

Ce qu’il faut garder

Si l’on a beaucoup évoqué les points négatifs de la rencontre, il ne faut pas pour autant dramatiser cette défaite. La France a parfois proposé des séquences offensives intéressantes, même si son point fort demeure évidemment la défense. Vincent Collet et ses hommes ont tous souligné « l’envie et l’intensité de l’équipe » pour son premier match de Coupe du Monde.

« On doit garder cette même mentalité », notait Nicolas Batum.

Cette attitude bagarreuse est un bon point, assurément, et les Bleus devront conserver cette détermination durant le reste de la compétition. S’ils parviennent en plus à gommer certaines erreurs faciles à éviter – en théorie – les champions d’Europe en tire seront au rendez-vous.

L’adversaire du jour

Et il faudra commencer dès aujourd’hui face à la Serbie, une équipe qui nous a fait une bonne impression même si elle a joué face à l’adversaire le plus faible du groupe – l’Egypte – hier. Les joueurs de Sasha Djordjevic se sont imposés 85-64, sans forcer. Comme les Français, les Serbes ont fait des petites erreurs – 18 ballons perdues – et ils auraient pu l’emporter avec un écart bien plus important s’ils n’avaient pas eux aussi manqué de rigueur sur certaines actions. Néanmoins, malgré les absences, la Serbie se présente avec une équipe au profil intéressant et un banc redoutable – Nemanja Bjelica, Milos Teodosis et Nenad Krstic étaient tous les trois remplaçants hier. Les Bleus ont déjà rencontré les coéquipiers de Miroslav Raduljica il y a quelques jours et ils s’étaient inclinés (69-79), dominés à l’intérieur – tiens, tiens – malgré un bon Joffrey Lauvergne (17 pts).

« On avait fait un très mauvais match », se remémorait Vincent Collet hier.

Le joueur à suivre

Vu les absences des Bleus dans la raquette, la tournure du premier match et la prestation du pivot serbe face à l’Egypte, Miroslav Raduljica, alias « fear the beard », semble être le joueur idéal pour cette section. Auteur de 14 pts face aux Bleus en préparation, il a encore inscrit 13 pts (et 6 rebonds) hier… en 12 minutes ! L’ancien joueur des Milwaukee Bucks a massacré la raquette égyptienne avant de retourner sur le banc, comme un prince. Il bénéficiera sans doute d’un temps de jeu plus élevé aujourd’hui. Mais nous vous invitons à suivre avec attention le jeune Bodgan Bodganovic (aucun lien de parenté avec les frères Bodganov). Le joueur drafté en juin dernier par les Phoenix Suns transpire le basket, même si cela ne se ressent pas forcément dans la ligne de statistiques (3 pts, 3 rbds et 4 pds). Son différentiel hier (+23) en dit déjà plus sur le bonhomme. Il a joué juste et il a créé des opportunités pour ses coéquipiers sans chercher à se mettre en valeur. Il leur a facilité la vie. Il sera important pour l’équipe de France de ne pas lui laisser trop d’espace pour manœuvrer.

La déclaration du coach.

« Nous avons beaucoup de respect pour le basket français et pour l’équipe de France. Ils ont bien joué leur du dernier match (de préparation, la France n’avait pas encore affronté le Brésil au moment de l’interview). Nous les respectons et nous espérons être à la hauteur demain. » Sasha Djordjevic.

Nous aussi on te respecte Sasha, nous aussi. T’es un grand.

Ce que l’on veut voir

Lauvergne-Edf-BIG-950On espère donc que l’équipe de France saura garder la même intensité tout en affichant plus de rigueur autant dans la défense du rebond que dans la circulation de balle.

« Il faut que l’on partage plus la balle », répétaient en cœur Vincent Collet et Boris Diaw.

On s’attend aussi à une belle prestation de Joffrey Lauvergne, limité par les fautes hier, et bien connu des joueurs serbes. Mais on aimerait aussi vous éclairer sur le petit rendement des arrières tricolores hier soir. Edwin Jackson et surtout Evan Fournier n’ont pas pesé en attaque (0 point et 2 balles perdues pour le joueur du Magic). Le dernier nommé est censé apporter de la création et du scoring en sortie de banc et on espère qu’il sera plus à l’aise face à la Serbie, un adversaire qui pratique un basket au tempo plus élevé que le Brésil. La rencontre se jouera sans doute sur un tout autre rythme et serait préférable de ne pas connaître de trop longs passages à vide – et de préférence aucun – au risque de prendre un éclat dans le deuxième ou troisième QT.

Pourquoi ce n’est pas grave si la France perd

Imaginons que l’équipe de France l’emporte. Elle terminerait sans doute troisième de son groupe – derrière le Brésil et l’Espagne… si la logique est respectée – et pourrait donc croiser à nouveau le fer avec les ogres espagnols dès les quarts de finale. Le tableau est fait de telle manière qu’il est préférable de terminer deuxième ou quatrième. En s’inclinant aujourd’hui, les Bleus pourraient donc terminer en quatrième position – en espérant qu’ils s’imposent face à l’Iran et l’Egypte – et affronter le premier du groupe B en huitièmes (Argentine, Croatie, Sénégal, Grèce, Philippines ou Porto Rico). Evidemment, Vincent Collet ne préfère pas évoquer ce genre de calcul aussi tôt dans la compétition. Les Bleus sont champions d’Europe en titre. Ils ont un statut à assumer et à défendre. Et cela passe par une victoire face  la Serbie dès cette après-midi.

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