Quai 54 2017 – Day 1 : les favoris assurent, le show est bien là

Le Quai 54 a ouvert ses portes à tous les passionnés du basket. Une nouvelle fois, les fans en ont eu pour leur argent.

Le rendez-vous était donné vers 10h du matin. Cela ne sera pas réellement le cas mais peu importe. Le Quai 54 était de retour après un an d’absence et on n’allait clairement pas bouder notre plaisir. Tous les amoureux du streetball devaient répondre présent pour cette édition 2017.

Etalé sur deux jours, le plus grand tournoi de streetball au monde, opposant des joueurs professionnels mais aussi des amateurs, démarrait hier. Pour cette première matinée, place aux huitièmes de finales. Une manière de juger les forces en présence et notamment, les deux gros poissons du tournoi. D’un côté, La Fusion, privée d’Amara Sy cette année (blessé) mais emmenée par son frère Bandja et des joueurs confirmés comme Georgi Joseph, Modibo Niakaté ou Jerry Boutsiele. De l’autre, le champion en titre Yard La Relève crée l’évènement avec la présence d’Evan Fournier. L’arrière du Magic est venu se confronter à la concurrence. Mais il n’est pas seul et évoluent aux milieux de joueurs qui ont déjà fait leur preuve sur les parquets et sur l’asphalte, comme Andrew Albicy ou Fernando Raposo.

C’est La Fusion qui jouera avant son grand rival. Elle affrontait l’une des deux équipes anglaises de Midnight Madness. Après un début de match où Bandja Sy forçait peut-être un peu, la machine s’est peu à peu mise en route. Les Anglais n’ont jamais été très loin, tenant même le score à 16-14. Mais le dernier run de La Fusion aura été décisif. Le favori l’emporte finalement 23-18 et passe en quart de finale.

La journée avançait et les organismes souffraient de plus en plus de la chaleur. Arrivé à 13h53 précisément, l’historique maître de cérémonie, Mokobé du 113, s’en rend compte immédiatement.

« Le soleil tape fort comme Solange dans l’ascenseur », blague-t-il au micro.

Une référence à Jay-Z, rien de mieux pour réveiller une foule forcément un peu assommée par la chaleur. L’autre moyen, c’est tout simplement de faire entrer Evan Fournier. Il est immédiatement ovationné. Une seconde ovation a eu lieu au moment où Mokobé a découvert que Fournier avait de la famille algérienne. Après ses amabilités, le match de Yard La Relève a enfin débuté, face au Staff Médical (c’est bien leur nom). Le match s’est avéré extrêmement serré, malgré le statut de champion de La Relève. Les deux équipes ne se lâchaient pas. A une petite seconde du terme, c’était l’heure pour Andrew Albicy d’honorer son maillot. Il a floqué son surnom « Swaggy Drew » et il ne s’est pas fait prier pour se prendre pour Kyrie Irving. Excellent tout le match, il a pris la dernière possession en un-contre-un. Dribbles à tout-va, puis le crossover qui fait lever la foule. Son défenseur est effacé, Albicy n’avait plus qu’à finir par un petit shoot avec la planche. La Relève s’en sort 23-21 et pouvait remercier son meneur de jeu.

Du suspense et des records

Tory Lanez - Quai 54Le Quai 54 n’est pas seulement un évènement de streetball. C’est aussi l’occasion de voir de nombreux artistes. Si dans les francophones, Keblack a eu beaucoup de succès, que dire de Tory Lanez ? Le Canadien n’est pas resté longtemps mais il a mis un feu pas possible. Ce tournoi est un événement international. Présents sur place, Jabari Parker, Victor Oladipo et Kemba Walker sont venus observés le jeu. Ils ont rapidement salué la foule, laissant le temps à Oladipo de rentrer un tir du milieu de terrain. Sereinement. Leur passage fût bref mais c’est toujours impressionnant de voir des joueurs NBA en vrai. Presque aussi impressionnant que les cicatrices sur les genoux de Parker…

Le reste des huitièmes finales de ce Quai 54 2017 a apporté son lot de mouvements inattendus. Tout d’abord, il faut l’avouer, certaines équipes n’ont pas réussi à se mettre au niveau le jour J. Que cela soit lié à la pression ou aux conditions difficiles, certains n’ont pas brillé. Pire encore, les Young Blood ont passé une journée cauchemardesque. Opposés à la deuxième équipe estampillée Midnight Madness, ils ont vu leur match commencé par un contre du dénommé Numbers, mimant ensuite le « Not in my house » de Mutombo. Un signe annonciateur car les Français n’ont pas marqué en première mi-temps (8-0). La seconde resta difficile, le premier panier dans le jeu arrivant à 4 minutes de la fin d’une rencontre où ils n’ont pas existé (défaite 20-7).

Certains matches ont tout simplement été des ballades de santé. Face à la team Switzerland, Hood Mix n’a pas franchement douté. Les champions 2014 ont déroulé et se sont imposés 29-16. Comme souvent au Quai 54, d’autres matches ont, eux, offert un combat physique de tous les instants. Premiers à entrer en liste dans la compétitions, les Kingz of Congo ont tout donné face aux Hollandais d’Open Run. Portés par un excellent Weezy, ils se sont imposés 31-26 en devant batailler à la fin. Le duel entre Django Squad et Mali World a aussi tenu ses promesses. Les Maliens ont fait le show dès le début de match avec un gros dunk puis un trois points avec célébration. Au final, ils se sont faits rattraper sur la fin. Ce qui a d’ailleurs causé de grosses tensions. Plusieurs fois, les arbitres ont dû envoyer des fautes techniques pour calmer les joueurs.

Deux équipes internationales nous ont tapé dans l’oeil. Tout d’abord, Der Stamm a été très cool à suivre. L’équipe allemande a livré une guerre sans fin à Evolution. Les Belges pensaient tenir le match en main après un panier clutch. Si au football, ce sont toujours les Allemands qui gagnent la fin, cet adage s’est confirmé au Quai 54 hier. Der Stamm marque au buzzer et remporte le match 29-28 ! De la pure folie. Du beau jeu, il y en a eu aussi de la part de l’Espagne. L’équipe El Paso est très facilement venue à bout des BNB, issus des qualifications vendredi au Hoops Factory. Un beau collectif, deux trois snipers et pourquoi pas une rivalité avec la France ?

« Non, non, pas du tout », insiste le capitaine. « Nous, on vient juste jouer. On est une bande de potes qui se réunit, on ne vient pas pour se battre. »

Malgré tout, ils ont eu le droit d’être accusé de flopping par le speaker, c’est de bonne guerre. De toute façon, ils ont vite eu l’occasion de montrer à nouveau leur talent. Ils étaient les premiers quarts de finalistes à jouer.

La Relève et La Fusion, des leaders assumés

La légende du Quai 54 est venue coacher ses héritiers

Les deux favoris du tournoi ont été les premières à se lancer dans les quarts de finale. C’est une nouvelle fois La Fusion qui a frappé en premier. Pour ce match face à El Paso, l’équipe pouvait compter sur un invité de marque sur le banc : Amara Sy. A peine arrivé, l’Amiral a en quelque sorte coaché ses héritiers. Cela lui réussit car ça a été une formalité pour les joueurs. Le match a vite été plié, permettant à Bandja Sy et Jerry Boutsiele de claquer des dunks bien sentis. La Fusion s’est imposé 38-21 et a frappé un grand coup.

Après le surpuissant showcase de Tory Lanez, place à La Revèle. Vraiment dommage mais désormais classique au Quai 54 : les tribunes se sont presque entièrement vidées après le concert. Dans l’euphorie, elles ont peut-être emporté Evan Fournier avec elles. Le joueur du Magic n’était pas présent pour ce quart de finale. Pas de soucis, Swaggy Drew prend les choses en main face aux Kings of Congo. Il réalise une superbe première mi-temps ponctuée par une action à quatre points au buzzer de la mi-temps (faute à trois points et une technique pour son adversaire). Le match s’est tendu, les contacts se sont intensifiés. Malgré tout, Albicy fait encore le show et offre une victoire certaine à son équipe, 31-22.

Les deux gros ont déjà validé leurs tickets pour les demi-finales du tournoi. Ajoutez à cela du spectacle, de l’ambiance et du (trop ?) grand soleil. Tout était réuni et cela a été un premier jour réussi pour le comeback du Quai 54. Comme chaque année, entre le concours de dunk qui s’annonce lourd et le titre dans le viseur de chaque équipe, la deuxième journée devrait monter un intensité. Même s’il risque d’y avoir moins de soleil ce dimanche, il risque de faire à nouveau très, très chaud Pelouse de Reuilly…

Crédit Photos : Karen Mandau

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