Raphael Desroses : « Il nous manque une âme de guerriers »

Pour tenter de comprendre les difficultés auxquelles est confronté Limoges, nous nous sommes entretenus avec Raphael Desroses.

Le CSP est l’équipe qui a sûrement connu le plus de mouvements cette saison. Il est donc très difficile pour les joueurs de créer une alchimie dans le groupe puisque plusieurs joueurs et même le coach Eric Girard se sont vus remercier par les dirigeants. Le roster de Limoges est donc en perpétuelle mutation et ça se ressent sur les résultats.

Ce week-end, les Limougeauds se sont inclinés face à une équipe du Havre déterminée 93-74.Fraichement remonté de Pro B cette saison, le CSP va avoir fort à faire pour assurer son maintien. A l’instar d’Orléans, l’équipe est compétitive mais n’arrive pas à repartir avec des victoires. Si Orléans a su s’en sortir de justesse hier soir face à Vichy (65-67), le CSP, lui a pris l’eau.

BasketActu : Après s’être hissé en Pro A l’an passé, le club traverse une période difficile en ce moment, Que se passe-t-il ?
Raphael Desroses :
On n’a jamais pu trouver d’alchimie. Depuis l’été, chaque mois en moyenne on a eu un nouveau joueur ou un événement. Ce n’est pas évident de trouver une alchimie d’équipe dans ces conditions. On a commencé à en trouver une à cheval entre la fin d’année et le début d’année mais on est tombé sur des gros matches au calendrier et puis, vu la position qu’on avait au classement, le club a fait des gros changements. Encore une fois, il faut du temps pour acclimater tout le monde. Sur le papier, on a une équipe qui est bonne, cohérente. On a quand même des bons joueurs. Le basket est un jeu collectif, et là dessus on pêche un peu depuis le début d’année.

BA : D’un autre coté, vous manquez de taille à l’intérieur. N’est ce pas ce qui vous cuit ?
RD :
C’est sûr que lorsqu’on voit le dernier match, la chose qui marque immédiatement c’est la différence de rebonds. Ce sont les choix du coach, c’est sa philosophie de jeu. Il aime bien le jeu écarté avec 4 extérieurs. Il nous manque Aurélien qui va revenir la semaine prochaine. C’est clair que pour l’instant on se cherche. Sa vision ce n’était pas de changer l’équipe pour un ou deux matches mais pour le reste de la saison. C’est clair qu’il est un peu tôt pour voir le résultat. Pour l’instant, on se débrouille avec un ailier qui joue en 4, là c’était moi, le match d’avant Karim. Je ne pense pas que l’on doive s’arrêter là-dessus, c’est plus un problème de cohésion d’équipe, que ce soit en défense ou en attaque. Sur le dernier match, ce qui a manqué c’est un sentiment d’urgence, on commence le match comme un match de plus et ça c’est pas normal.

BA : Vous attendiez vous à un tel résultat face à Poitiers la semaine passée ?
RD :
Tu sais, avec tous les événements qu’il y a eu, on était plus concentrés sur nous que sur cette rencontre. D’habitude, ce genre de match et ce derby tu les attends, que ce soit Pau ou Poitiers. Là, avec les changements qu’il y eu, avec le nouveau coach on est vraiment concentrés sur comment se trouver. On ne pense plus à qui est en face de nous. Il y a eu tellement de travail fait de notre coté, ça ne s’est pas vu sur le résultat. Je n’ai du coup pas pensé au derby en lui même. Après, si tu regardes l’équipe, je ne suis pas sûr qu’avec toutes les nouvelles arrivées si tu leur parles du derby de Poitiers, ça leur parle vraiment. Pour eux, c’est un match comme un autre. L’année dernière, on avait un McCord, des mecs qui sont là depuis longtemps donc qui connaissent ces rivalités. Là, on était déçu d’avoir perdu face à une équipe de bas de tableau.

BA : Il y a eu trois arrivées récentes, mais on parle aussi du cas de Zack Wright qui pourrait revenir. Qu’est-ce qu’il se passe ?
RD :
Même pour nous les joueurs, c’est fou car on ne sait pas du tout ce qui se passe en coulisses. Moi, le cas Zach Wright, je l’ai appris dans la presse comme tout le monde. Les nouveaux joueurs, on les a vu lorsqu’ils sont arrivés. On est au courant de rien, ce sont les choix du staff, on n’est pas mêlé à tout ça. Le joueur lui même n’était pas au courant de ce qui se passait.

BA : Quel est la différence de philosophie entre Eric Girard et Zare Markovski ?
RD :
Je ne l’ai pas encore complètement vu, mais c’est beaucoup plus agressif en défense. En attaque, Zare veut vraiment qu’on attaque le défenseur. Au niveau des rotations, il y a des différences. Il veut un jeu beaucoup plus en mouvement. Avant, on donnait la balle à l’intérieur et on s’adaptait en fonction. Lui, il veut un jeu plus en mouvement avec beaucoup de pick n’ roll et un jeu aussi basé en partie sur l’adresse.

BA : Au Havre, qu’elles étaient les consignes ?
RD :
En début de semaine, on a fait beaucoup de travail physique très dur pour se préparer. En fin de semaine, on s’est basé sur le travail de nos adversaires. On les a scoutés, on sait quelles sont leurs forces, leurs faiblesses et on a essayé d’exploiter ça.

BA : Qu’est ce qu’il manque pour que vous vous retrouviez ?
RD :
Une âme de guerriers, une unité, que l’on rentre vraiment dans le tas. Après on peut rater des shoots comme à Poitiers, mais la différence se fera en défense, on doit leur rentrer dedans. On ne peut pas être un peu nonchalant comme on a pu l’être par séquences, on doit vraiment être agressif, être les agresseurs des deux cotés du terrain.

BA : Vous avez un superbe public mais qui est très exigeant. Ils sont même allés jusqu’à demander la démission de Forte. Comment les joueurs réagissent ?
RD :
Ben, je dois dire que la moitié des joueurs sur le terrain ne comprennent pas le français, donc quand le public scande « démission », ils ne savent pas ce qui se dit. Avec mon expérience à Limoges, je sais que c’est un public exigeant mais on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Quand tu as 5 500 personnes à chaque match, au moins 5000 même en Pro B, tu ne peux pas leur demander d’être des « Bisounours ». Les gars font du bruit parce qu’ils sont passionnés. Forcément, il y a le revers de la médaille. Parfois, ils sont exigeants. A l’image du club, on veut tout, tout de suite à Limoges. En sortant de Pro B en début de saison, on voulait bien faire. Ça reste raisonnable, on n’est pas non plus en Grèce où ils jettent des pièces et crachent sur les joueurs. Tant qu’il y a du bruit dans la salle, moi je prends. Après c’est à nous, par notre attitude et en engrangeant les victoires, de les garder de notre coté. Quand on regarde le match de Poitiers, ils se sont fâchés pendant les 3 dernières minutes, après ils nous ont soutenu. En dépit des défaites, on est tout de même dans tous les matches, les seuls matchs qui étaient pliés c’était Chalon et le Havre.

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Comments

Commentaires (1)

  1. maksim

    Je pensas que c'était une ITW que Syra aurait voulu faire…

    Par contre il pointe bien l'une des grosses faiblesses du roster : le poste 4.

    Guinn a pas le niveau et Salmon a fait UN seul bon match.