Rémi Giuitta : « Jouer sans rien à perdre »

Saison régulière, playoffs, recrutement, projet de wild-card… petit tour d’horizon de l’actualité de Fos sur Mer avec l’entraineur Rémi Giuitta.

BasketActu : Cette qualification pour les playoffs, c’est une confirmation du travail de l’an dernier ?
Rémi Giuitta : On espérait se requalifier pour les playoffs, c’était un peu l’objectif interne au groupe. Le club avait fixé officiellement l’objectif de se maintenir mais on avait un groupe ambitieux et c’est une satisfaction de se requalifier. On aurait espéré faire mieux que l’an dernier mais là on est à une place en moins à cause d’un point-average qui nous est défavorable par rapport à Aix-Maurienne. Mais en début de saison, on aurait signé pour un tel résultat. Après il y a un petit peu un goût amer car il y a plusieurs matches à notre portée qu’on a laissé passer : Vichy, Rouen, Denain à Denain… On a eu quelques contre-performances et sans ça on aurait presque pu faire mieux.

BasketActu : Il doit y avoir de la satisfaction aussi par rapport aux paris faits au niveau du recrutement…
RG : C’est pour ça que je dis que l’on peut quand même se satisfaire des résultats car on avait pris des risques, notamment concernant Edouard (Choquet). Il n’avait plus joué meneur depuis ses années cadet et j’avais eu envie de le replacer sur ce rôle-là. On n’avait pas vraiment assuré de deuxième meneur. Mohamed Hachad pouvait tenir ce rôle, mais il n’a pu jouer qu’un match sur la saison, le premier. Donc c’est vrai que par rapport à ça, on est très satisfait. Après, on est autant frustré que Sacha (Giffa), qui a été beaucoup blessé cette année. Il a enchainé les pépins physiques et il n’a jamais pu être vraiment à 100%. C’est quand même un peu une déception parce qu’on a eu plusieurs facteurs qui nous ont été défavorables dans ce domaine. Après, Bill Clark, ça reste un rookie avec les irrégularités qu’il peut y avoir avec ce genre de joueur. Mais il avait l’état d’esprit, il avait adhéré au projet. Dans l’ensemble, je pense que le recrutement a été réussi. Malgré quelques blessures, ça reste très positif.

BasketActu : Même au niveau des pigistes il n’y a pas eu d’erreur finalement ?
RG : On n’a pas vraiment eu de problèmes. Sur sa pige, Blake Hoffarber nous a bien aidés lors des matches aller contre Aix-Maurienne notamment, à Antibes aussi. Il nous a sorti des matches où ses qualités d’adresse nous ont vraiment fait du bien. Comme Richard Roby dernièrement, qui n’était pas en forme physique quand il est arrivé. On refait un travail là-dessus pour le rendre encore plus opérationnel en vue des playoffs. Il compense un peu plus l’absence d’Hachad par rapport à ce que faisait Blake Hoffarber, parce qu’avec lui on avait pris l’option d’être dans un registre complètement différent. Offensivement, il est vrai que ça nous amène une menace supplémentaire. Mais personne n’a vraiment remplacé Hachad et je pense que c’est vraiment le gros point noir de cette saison.  C’est un joueur qui, dans mon dispositif, était vraiment hyper-important parce qu’il avait cette polyvalence, c’est quelqu’un très altruiste. C’était notre meilleur rebondeur l’année dernière alors qu’il jouait poste 2. Des postes 2 comme lui un peu atypiques, qui peuvent faire plein de choses, on ne les remplace pas par un autre joueur. Il faudrait 2-3 joueur entre guillemets avec des profils différents pour combler tout ce que lui était censé apporter.

BasketActu : Côté blessure, Philippe Haquet a fait son retour face à Lille, c’était important que lui et certains autres joueurs puissent jouer un peu avant les playoffs ?
RG : Ce match c’était un peu difficile à aborder d’abord après dix jours de coupure. L’avantage que l’on avait c’est qu’il n’y avait plus d’enjeu pour nous. Ce que j’avais décidé, c’était surtout de faire un gros travail physique, notamment avec les retardataires Soliman, Giffa, Haquet et Roby, quitte à prendre des risques et à ne pas gagner à Lille. Mais en même temps, j’avais demandé aux joueurs de prendre le match au sérieux pour ne pas fausser le championnat. On avait un peu en travers de la gorge le fait que Limoges n’ait pas préservé sa suprématie à domicile face à Aix-Maurienne, ce qui a un peu réduit nos chances d’obtenir la quatrième place. On a voulu jouer le jeu jusqu’à la fin, sérieusement et en faisant tourner l’effectif.

BasketActu : Le retour d’Haquet va-t-il vous permettre de faire souffler un peu Sherman Gay au poste 4 ?
RG : A vrai dire, Sherman, je le fais davantage jouer poste 5. Le gros avantage à pouvoir récupérer Philippe Haquet c’est qu’il a un profil que personne d’autre n’a dans l’équipe,  qui peut être intéressant et que l’on a beaucoup utilisé depuis l’année dernière avec beaucoup de réussite. Donc c’était important de pouvoir récupérer une arme supplémentaire avant de pouvoir jouer contre une équipe comme Aix-Maurienne. On sait que la donne n’est pas simple, qu’il y’a beaucoup de talent, de verticalité et une grosse puissance physique dans la raquette.  S’il n’y a pas de soucis d’ici là, se retrouver avec un effectif au complet, ça ne sera pas du luxe.

BasketActu : Ça sera « la » clé du match cet effectif au complet face à une équipe un peu « surprise » ?
RG : Surprise pas tant dans les résultats, parce qu’il y a quand même un effectif de grande qualité. Il y a trois Américains vraiment performants, les deux arrières Darnauzan et Ekanga qui font une superbe saison, jeunes en rotation qui ont pris confiance… Souvent les équipes d’Antoine Michon sont des équipes très offensives qui partagent beaucoup le ballon, où il y a beaucoup de plaisir donc je ne suis pas étonné de leurs résultats. On voit que Darnauzan a résigné pour deux ans en refusant d’aller à Pau. Donc voilà, c’est aussi une équipe qui réussit de part sa dynamique de groupe. Ils ont aussi un gros secteur intérieur qui use bien les défenses adverses.

BasketActu : L’expérience acquise l’an dernier sera un autre atout ?
RG : Oui ça sera peut-être un petit plus. Eux aussi en ont. Peut-être que l’on va aborder avec moins de pression, être moins stressés dans ces playoffs que l’année dernière où on était à un match de Bercy mais avec une marche peut-être un peu trop haute. On va pouvoir jouer avec un peu plus de sérénité. En plus le dernier face à Maurienne on avait été surclassé chez eux pendant une mi-temps. On avait été jusqu’a -30 à un moment donné. Donc cette fois, on va jouer avec presque rien à perdre et des fois c’est presque là qu’on est meilleur.

BasketActu : Il n’y a quand même pas un petit regret de ne pas avoir réussi à obtenir cette quatrième place ?
RG : Oui parce que c’est toujours préjudiciable. On a fait un gros parcours à domicile cette saison donc ça veut dire que chez nous il est toujours difficile pour nos adversaires de venir gagner. Avoir l’avantage du terrain c’est toujours un plus.

Maintenant il faut être capable d’aller gagner des matchs à l’extérieur si on veut pouvoir faire un parcours en play-offs que ça soit en quart ou en demie. C’est la réalité. On l’a fait l’année dernière à Evreux, à Nanterre au match 1. On espère qu’on sera capable de le faire à Aix-Maurienne au match 1 et au match 3 si on va jusque là.

BasketActu : On a aussi beaucoup entendu parler de la wild-card ces derniers jours ; il y’a eu des avancées concrètes à ce sujet ?
RG : Nous ce projet de wild-card, ça n’était pas un projet club au départ. C’est un projet de la Ligue. Notre projet au sein du club c’est de se rapprocher de Marseille pour disputer des matchs au Palais des Sports, continuer à développer notre club. C’est pour ça aussi que j’ai résigné deux ans, que l’on garde l’ossature de cette année.  On bosse sur ce projet depuis ans quand la wild-card n’avait pas été évoquée. Mais nous ce qui nous importe c’est de venir sur la commune de Marseille disputer des matchs, créer des liens avec le public, faire progresser notre club au niveau commercial, avoir plus de financements privés pour équilibrer par rapport au fort soutien des collectivités locales que l’on a actuellement…. On a de plus en plus de monde et les gens se sont pris au jeu notamment grâce aux play-offs de l’année dernière.

Derrière il est vrai qu’est apparu ce projet de wild-card avec la LNB qui a dit qu’elle aimerait avoir un club sur Marseille. Naturellement touts les regards se portent sur nous parce qu’à Marseille il ‘y a rien et que l’on pourrait s’appuyer sur notre club pour monter le projet. On ne serait pas contre mais pas dans n’importe quelles conditions. On n’est pas prêt pour la Pro A et il faudrait réunir tout le monde autour de la table pour avoir le soutien de tout le monde, le public, le privé…. Après ça n’est pas que l’on refuse, ça nous intéresse mais ça n’était pas nous qui étions candidat pour faire ça à l’heure actuelle. Mais pour l’instant le plus important pour nous c’est de rapprocher notre club de Marseille, développer notre image et voir si après on y arrive sportivement. Je crois que ça serait toujours mieux que sur un dossier administratif.

BasketActu : Les resignatures récentes s’inscrivent dans ce projet de construction du club ?
RG : Elles s’inscrivent dans notre projet, pas dans le projet wild-card. On continue avec des joueurs qui ont montrés qu’ils avaient la valeur de la Pro B comme on fait depuis plusieurs années. Après pour nous le projet wild-card c’est encore loin. Des candidats il va y en avoir beaucoup, peut-être meilleur que nous : Antibes, Pau… Ca n’est pas ce qui va manquer. C’est trop hypothétique pour baser un recrutement là-dessus.

BasketActu : est ce que l’on peut attendre d’autres réengagements notamment ceux de joueurs US ?
RG : On est en train de discuter. Ma volonté c’est de garder de la continuité et essayer de maintenir une ossature. On a déjà six joueurs surs de cette année, plus les deux coachs. C’est déjà pas mal. On va voir si on arrive à faire mieux. On va attendre, il y’a beaucoup de joueurs qui sortent de blessures. On va voir ce qui va se passer avec les étrangers car ça n’est jamais simple aussi. Mais la volonté est là, continuer à progresser.

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