Richard Dacoury : « Ca n’a absolument rien de comparable avec l’après-Sydney »

Lors du shooting organisé par la LNB dimanche dernier, Richard Dacoury nous a accordé quelques minutes. Entretien.

BasketActu : Que vous inspirent cette ambiance et cette réunion entre NBAers français et jeunes espoirs du championnat Pro A ?

Richard Dacoury : Ça ne m’inspire que du bien. Ce que je trouve merveilleux dans l’histoire, c’est que nos stars françaises qui évoluent aux Etats-Unis se prêtent totalement au jeu et donnent de leur personne pour aider la ligue. Et à côté d’eux, on a nos stars et nos espoirs du championnat français qui sont présents. Et c’est vraiment sympa. C’est aussi une volonté de la ligue de faire bouger les choses. Elle le fait en s’appuyant sur tout le buzz autour de la médaille. C’est un coup de projecteur et ça va permettre aux gens de mieux connaître la ligue, de se rendre compte qu’il y a des personnes qui travaillent et que l’on a un championnat de très bonne qualité. C’est un très beau message qu’Alain Béral et son équipe envoient. Et on ressent derrière tout ça un fourmillement, quelque chose qui naît ou qui est peut-être naît depuis un moment mais qui est en train de grandir.

BasketActu : Le lockout a bien aidé.

R.D. : Pour le basket français et la ligue, les astres se sont alignés de manière idéale pour que notre sport brille de mille feux. C’est une image un peu tirée par les cheveux mais c’est ça. A la ligue de travailler pour valoriser et faire durer cet été. Et ils doivent le faire en s’appuyant justement sur une base concrète qui est un championnat de France avec des joueurs de qualités comme tous ces jeunes qui sont réunis aujourd’hui. C’est comme un match de basket, on a plusieurs éléments qui s’enchaînent pour que l’exploit arrive. C’est notre chance à nous, à nous de la saisir.

BasketActu : Les leçons de l’après-Sydney ont bien été retenues…

R.D. : En terme de communication et de relations presse et publique, ça n’a absolument rien de comparable avec l’après-Sydney ! Cette année, l’équipe de France s’investit et c’est très important. Aujourd’hui, nous sommes dans un monde de communication et si on ne valorise pas nos exploits, ils vont disparaître. Les choses vont vite, les journalistes et le public ont envie de choses en permanence. C’est à nous d’entretenir la flamme. En 2000, au-delà de la formidable médaille olympique, les joueurs ne se sont pas prêtés au jeu. Au-delà de la beauté du métal, il avait y derrière un vrai travail d’investissement que les joueurs n’ont pas cru devoir donner. Aujourd’hui, nos joueurs donnent largement et ça change tout.

Ce que je regrette en 2000, c’est que les joueurs ne se soient pas prêtés au jeu des plateaux télés, de la communication. Peut-être parce qu’il manquait quelque chose, un élément fédérateur, une explication de texte pour faire comprendre qu’au-delà de l’exploit qui leur appartenait et qui est merveilleux, il appartenait aussi au basket français. Et en cela, ils avaient une obligation. Ça, les jeunes d’aujourd’hui l’ont bien compris. Et peut-être que ceux de Sydney le regretteront toujours. Parce qu’ils se sont blâmés les uns les autres mais la faute leur revient directement.

BasketActu : Comme vous avez, le contexte est également différent. Avec l’émergence d’Internet, des réseaux sociaux, toute cette aspect communication est plus exploitable non ?!

R.D. : Tout a changé mais malgré tout, le fondement de tout ça, c’est cette volonté de s’investir personnellement, de donner de sa personne. Pour des raisons X et Y surlesquelles je ne reviendrais pas, ça ne s’est pas passé comme ça et c’est dommage.

BasketActu : Tony Parker a eu et a encore son rôle à jouer dans tout ça. Il est l’élément fédérateur dont on avait besoin ?

R.D. : Tony est un leader qui a grandi. Je l’ai vu grandir d’un coup en quelques mois. C’était déjà un grand aux USA mais le large public ne le savait pas. Aujourd’hui, il a réuni tout le monde, même les non-initiés. On a vu un géant du sport français et international et on a aussi vu un gars charismatique qui derrière lui tout le basket. Et il est bien aidé par les lieutenants tout aussi merveilleux que sont Boris, Ronny ou Nicolas. Je suis bluffé parce ce que Tony a fait et ce qu’il est devenu.

BasketActu : Le soir de la finale, juste après le coup de sifflet final, on vous a vu vous précipiter vers Tony et lui murmurer quelque chose à l’oreille. On peut savoir ce que vous lui avez dit ?

R.D. : Ça fait partie des choses qu’on se dit entre sportifs. J’étais à la fois groupie, à la fois ex-joueur et à la fois ami. C’est une relation qu’on a tous les deux, notre intimité. J’avais juste envie de lui témoigner toute mon admiration et lui faire comprendre qu’il n’était pas seul. Ils ont fait des choses extraordinaires en Lituanie, avant même la défaite en finale. Et je les voyais comme ça, tout malheureux après la finale. Alors que l’exploit est fabuleux et mérité. Ils voulaient vraiment gagner, ils étaient persuadés qu’ils allaient gagner. Mais parfois, il faut savoir admettre que l’on est tombé sur plus fort, sans pour autant laisser tomber la bataille.

BasketActu : Et que vous a-t-il répondu ?

R.D. : Il m’a immédiatement répondu : « Aux JO, on les battra ! » (Rires)

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Comments

Commentaires (10)

  1. AIRGUH

    "Aujourd’hui, nos joueurs donnent largement et ça change tout.

    Ce que je regrette en 2000, c’est que les joueurs ne se soient pas prêtés au jeu des plateaux télés, de la communication"

    Peut être que les joueurs se sont aperçus qu'on a eu un parcours un peu chanceux à l'image d'un France 98 avec la victoire en moins. Du coup pas envie de faire l'effort et aussi peut être parce qu'à l'époque les joueurs étaient pas habitués à être exposés comme le sont nos NBAers…

  2. Niko

    joli interview !

  3. MMD

    "Aux JO on les battera" Ouais bien, sûr! Si on naturalise Kevin Durant et Lamarcus Aldridge!

  4. braziou

    toujours à la ramasse dans les commentaires le Dac

    ça l'a pas géné qu'il commente seulement sur France 4 et pas la 2 ou la 3 ?

    le Basket fait toujours rire :
    http://www.lequipe.fr/QDJ/Question_du_jour-2391.h

  5. Circlepit

    Bien sur qu'on peut battre l'Espagne !!! On a une équipe qui prend forme alors que la leur sera en fin de vie. En plus, y'a pas un monde entre les 2 équipes. Nos arrières et ailiers sont plus fort et notre jeu intérieur le sera aussi dans quelques années. Bref, de belles années devant nous !

  6. Jah

    J'adore ce mec ! Et je trouve son analyse très intéressante qui plus est ! Bref, que du bonus !

  7. François_ST

    Je vois pas bien en quoi le Dac est à la ramasse dans ce qu'il dit, son analyse est clairvoyante et intéressante. Faut respecter les anciens. Certes il n'est pas le meilleur commentateur, il ne s'enflamme pas comme Geoges Eddy mais comme analyste, il est toujours juste. Son passé de basketteur plaide pour lui. Il avait un QI basket, surtout en fin de carrière, assez unique.

  8. OscarAbine

    Ah, y'a des arrières plus forts que Navarro en France ? Qui ?