Rodrigue Mels : « J’ai été vendeur dans un magasin de sport après la Grèce »

Rodrigue Mels revient avec nous sur sa courte et difficile expérience en Grèce et sa saison avec le CCRB.

BasketActu : La saison dernière, tu as commencé l’année en Grèce avec l’AEK puis tu as quitté le club 6 mois plus tard. Comment ça se fait ?

Rodrigue Mels : Ça ne s’est pas très bien passé puisque j’ai fini par démissionner. Je suis parti simplement parce qu’on n’était pas payé. Les dirigeants continuaient à dire « Vous serez payés le mois prochain » mais on n’a jamais rien eu. La plupart des étrangers sont partis. Ils en ont fait venir d’autres avec les mêmes mensonges.

BasketActu : Ces étrangers n’étaient pas au courant de la situation ?

R.M. : Non pas du tout, ils arrivaient en pensant que tout allait bien mais ils déchantaient vite. C’est une situation particulière à l’AEK. Disons que d’autres clubs ont des problèmes financiers mais ce club-là est quand même le pire. Niveau réputation, c’est l’un des plus gros clubs de Grèce avec le Pana et l’Olympiakos. Mais financièrement, c’est un gouffre.

BasketActu : Comment s’est passé la séparation ?

R.M. : Mon agent a discuté avec les dirigeants mais c’était vraiment le bordel. J’ai dû payer moi-même mon billet d’avion pour rentrer.

BasketActu : Et sportivement, ça se passait comment ? J’imagine que la motivation devait être proche de zéro.

R.M. : Ça a été dur parce qu’on a changé trois fois de coach. Même eux se barraient. Le dernier coach qu’on a eu a réussi à motiver le groupe. On le sentait plus de notre côté que de celui des dirigeants. Il comprenait la situation.

BasketActu : Tu as finalement passé 6 mois sans jouer à la suite de cela et cette saison tu as signé à Reims-Châlons. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour retrouver un club ?

R.M. : J’étais complètement dégoûté et j’ai décidé de rentrer en Guadeloupe et d’y rester pour la fin de la saison. J’ai cherché du travail et je continuais de jouer.

BasketActu : Du travail ? Tu as bossé dans quoi ?

R.M. : J’ai été vendeur dans un magasin de sport.

BasketActu : Et tu jouais où ?

R.M. : Je jouais avec mon ancienne équipe pour garder la forme. Ça correspond à un niveau N1.

BasketActu : Ça doit être frustrant de devoir faire vendeur alors que quelques mois plus tôt, tu étais basketteur professionnel ?

R.M. : Dans ce genre de situation, tu n’as pas le choix. Il faut bien survivre, je ne touchais plus rien et je n’avais pas été payé durant mon séjour en Grèce. J’ai voulu tout recommencer à zéro, je ne voulais plus penser à la Grèce, je voulais juste faire un break.

BasketActu : A la rentrée, tu t’es engagé à Reims Châlons donc. Pourquoi avoir choisi la Pro B ? Tu n’avais pas de propositions en Pro A ?

R.M : Si j’ai eu des propositions. Mais je voulais retrouver du temps de jeu. Je me suis dit que si je montais en Pro A à ma sortie de Grèce, ça ferait trop tout de suite. Je préférais aller retrouver mon jeu en Pro B.

BasketActu : Pourquoi Reims Châlons ?

R.M. : Ce sont eux qui m’ont fait la meilleure offre sur le plan sportif mais également financier. Le coach m’a dit qu’il comptait sur moi pour être un joueur cadre de l’équipe. C’est un challenge qui m’a bien plus.

BasketActu : Tu as connu le championnat Espoir avec Nancy mais tu n’avais pas eu l’occasion de jouer en pro avant de partir de France.

R.M. : C’est ça. J’étais en espoir à Nancy et je n’ai pas vraiment foulé le parquet des pros. Là ça m’a fait bizarre de retrouver les gars avec qui j’ai joué en Espoir. C’est marrant de voir que tout le monde a grandi, chacun a évolué à sa façon et pris des chemines différents.

BasketActu : Quelle différence fais-tu entre le championnat de France et le championnat grec ?

R.M. : En Grèce, le jeu est beaucoup plu physique. Quand tu joues des équipes comme le Pana ou l’Olympiakos, tu sais que tu touches le haut-niveau. Ça n’a vraiment rien à voir avec ce que l’on a ici. Et le jeu est beaucoup plus placé. En France, en revanche, c’est beaucoup plus athlétique, ça court très vite. C‘est un autre style.

BasketActu : Du coup, ça t’a permis de développer d’autres aspects de ton jeu ?

R.M. : Oui ! Principalement, ma vision du jeu et mon jeu de passes.

BasketActu : Comment s’est passé ton arrivée à Reims ?

R.M. : Très bien. Je connaissais quelques joueurs. Gary Chathuant par exemple qui est guadeloupéen ou encore Etienne Plateau avec qui j’ai fait l’INSEP

BasketActu : Nikola Antic est pour beaucoup le meilleur coach de Pro B cette saison.

R.M. : Je mets deux pouces en l’air. Il est vraiment bon. Il ne suffit pas d’être coach, il faut aussi comprendre son équipe, pouvoir s’adapter. C’est ce qu’il fait de mieux. Il sait ce dont chacun a besoin. Il utilise ses méthodes en fonction des joueurs.

BasketActu : Vous faites une grosse fin de saison avec notamment cette victoire à Limoges.

R.M. : On joue avec beaucoup moins de pression. Nos objectifs sont quasi atteints. On n’est ni premier ni dernier. Là on vise le Top 5. Et surtout, on joue beaucoup mieux. On a appris à grandir ensemble tout au long de l’année. Notre cohésion de groupe est plus flagrante, on est devenue une vraie équipe.

BasketActu : Individuellement, tu montes également en puissance (Rodrigue a notamment claqué 30 pts à 10/16 dont 7/11 à 3 pts face à Lille la semaine dernière).

R.M. : Je progresse en même temps que les autres. C’est grâce à l’équipe et au coach, chacun a trouvé sa place dans le groupe.

BasketActu : La performance de la saison, c’est quand même votre victoire à Beaublanc.

R.M. : Oui l’ambiance là-bas est vraiment folle. Ce n’est pas évident de les jouer chez eux. Et puis ont de très bons joueurs surtout à l’intérieur. Mais on peut qualifier cette victoire d’exploit parce qu’ils étaient quasi invaincus dans leur salle. On a juste joué notre basket, on est arrivé concentré et on a fait ce qu’il fallait pour gagner. On connaissait leurs points faibles et points forts. On s’était bien préparé.

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Comments

Commentaires (18)

  1. icecross

    PARCONTRE UNE EQUIPE DE GUADELOUPE AVEC LE NIVEAU DE LA N1 FAUT PAS ABUSE HEIN LOL LA MEILLEUR TEAM DE GUADELOUPE SI ELLE ALE NIVEAU N 3 C EST DEJA BIEN

  2. icecross

    J AI HATE DE LE REVOIR SUR LES PARQUETS DE PRO A POUR QU IL MONTRE TOUT SON TALENT

  3. Vincent Ricard

    parcours chaotique… c'est fou :s

    J'espère qu'on le verra en Pro A l'année prochaine, au CCRB ou ailleurs.

  4. AND11

    Et après on dit que Nancy ne forme aucun joueurs français…

  5. ranger97one

    le champion de guadeloupe est oppossé au champion N1 pr les finales interzone.

    AND 1 Dire que rodrigue a été formé a nancy c un peu gros et un peu negliger le travail du ban e lot , du pole espoir guadeloupe et de l'inseep …. quand il est arriver a nancy c'etait déja un des meilleur 85 de france …

  6. icecross

    a bon il est oppose au champion de n1 depuis kel annee? parce que j ai souvent vu des matchs des equipe de guadeloupe ou de martinique jouer en coupe de france contre des team n2 n3 et aussi dans les demi finale de champion de n3 et souvent il prenait 20 pts donc j ose imagine le score contre de la n1

  7. Jimmer971

    Nancy n'a rien foutu pour lui le gros pb c'est que beaucoup de nos joueur gwada ce font dégouté en France !

  8. Le piéton

    "J’ai dû payer moi-même mon billet d’avion pour rentrer" … j'ai arrêté de lire l'itw à cette phrase.

  9. A-Sir

    Si Mels n'a pas été formé par le SLUC, alors Cholet n'a jamais formé aucun joueur. C'est ridicule.

  10. Le piéton

    Sans dec ? "Et pourquoi ça ?"

    Franchement, un basketteur pro qui peut pas mettre 500€ pour s'acheter un billet d'avion pour rentrer chez lui, même s'il a pas été payé depuis 3 mois … c'est un peu abusé. Il faut pas oublier qu'ils gagnent bien leur vie pendant leur carrière et que s'ils sont un peu intelligents et bien entourés, ils ont le temps de mettre un peu d'argent de côté.

    Après, sur le principe, si t'es pas payé par ton club et que tu veux rentrer chez toi … faut pas t'attendre à ce qu'ils te paie le billet pour rentrer chez toi, non ?