Rudy Gobert a été admirable et méritait mieux

Rudy Gobert et le Jazz ont été éliminés au 1er tour des playoffs. Malgré ça, le Français a montré un mental et un courage qu’il faut souligner.

On ne peut pas reprocher à Rudy Gobert de ne pas avoir tout fait pour sauver le Jazz de l’élimination. Le pivot français a été magnifique dans le game 7, notamment lors de la deuxième mi-temps où Utah a gommé un gros retard et fait suer les Nuggets jusqu’à l’ultime seconde. Le double meilleur défenseur de l’année en NBA – 3e cette année – a inscrit 13 de de ses 19 points après le repos, en apportant à son équipe l’âme qui lui faisait défaut dans ce match crucial. C’est simple, sans son sursaut d’orgueil, Utah serait sorti par la toute petite porte. Il y a certes cette défaite après avoir mené 3-1, la 12e de l’histoire, mais Rudy est tombé les armes à la main.

Défensivement, notamment, Gobert a activé le mode muraille comme on ne l’avait plus vu faire depuis quelques matches. L’intérieur des Bleus a empêché les Nuggets de driver aussi facilement qu’ils y arrivaient jusque-là et son agressivité a inspiré ses partenaires. Il ne lui a finalement manqué qu’un stop de plus, sur Nikola Jokic, à 27 secondes de la fin, lorsque le Serbe a déroulé sa patte pour inscrire le panier de la gagne, pour être définitivement héroïque. Juste avant, il était allé claquer un dunk sur alley-oop par-dessus Mason Plumlee pour égaliser à 78-78.

Les fans du Jazz et les observateurs risquent malheureusement de surtout retenir de cette campagne l’élimination et les cartons offensifs de Donovan Mitchell. Rudy a pourtant tout donné et aura, espérons-le, le respect qu’il mérite de la part de sa direction et de ses camarades cet été. On lit déjà, ici et là, notamment chez nos amis américains, que Rudy Gobert aurait dû donner le ballon à Mitchell plutôt qu’à Conley sur la dernière action. Ou que de toute façon son pied avait mordu la ligne après le rebond sur le lay-up raté de Torrey Craig et que l’action n’aurait dans tous les cas pas été valable.

Depuis le malheureux incident des micros avant la pandémie, les fans, aux Etats-Unis mais pas que, ont du mal à accorder du crédit à Rudy et se concentrent sur tout ce qui pourrait être négatif. C’est injuste.

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Peu de joueurs, particulièrement des intérieurs, sont capables d’avoir cet impact défensif sur un match et sur une équipe en général. Il se dit que le pivot du Jazz est surcoté et risque d’être payé beaucoup trop cher par rapport à ce qu’il apporte. On n’est pas d’accord et on espère que la direction du Jazz n’est pas de cet avis non plus. On pourra toujours dire qu’il aurait pu faire mieux sur les matches précédents dans la série, mais ça vaut pour pratiquement tous ses camarades. Même Mitchell, dont l’impact offensif grandissant ne doit pas faire oublier qu’il a été complètement anodin, pour ne pas dire pénalisant, dans le secteur défensif.

Mentalement, Rudy Gobert a montré qu’il était extrêmement fort en revenant de cette période où il a été désigné comme « le patient zéro » et été le bouc émissaire d’une situation qu’il n’a pas provoquée et pour laquelle il a largement expié sa bêtise initiale. Il y aura à coup sûr des discussions autour du projet. De la relation technique et personnelle entre Gobert et Mitchell. De la pertinence de continuer à les associer pour les années à venir. On ne sait pas ce que décidera la Jazz. On se dit juste qu’un big man capable d’être constamment l’un des trois meilleurs défenseurs de la ligue tout en inscrivant 15 points par match, ça ne court pas forcément les rues.

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