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Souvenir : Team USA remporte l’or à Pekin dans une des plus belles finales de l’histoire

Retour sur la dernière finale entre les USA et l’Espagne en 2008 à Pekin.

24 août 2008. Team USA remporte la finale Olympique dans un match historique face à des Espagnols qui sont passés tout près de l’exploit. Après des années de frustration, Team USA est revenue sur le toit du monde. La Redemption Team est née. A quelques heures du coup d’envoi de la grande revanche entre les deux meilleures équipes de basket au monde, retour sur ce match historique.

 

TEAM USA À NOUVEAU AU TOP DU BASKET MONDIAL

Article du 24/08/2008 Par Julien Deschuyteneer

Jusque-là, la quête de rédemption américaine laissait un goût d’inachevé. Pas parce qu’il manquait encore l’or. Mais plutôt parce qu’on n’avait pas l’impression qu’ils avaient joué des équipes au sommet de leur art. Certes le niveau américain était incroyable, l’intensité défensive hallucinante, la force de frappe énorme, les progrès sur jeu placé flagrants, l’attitude enfin bonne.

Mais entre la Grèce du premier tour qui lâche au bout du 2ème quart, comme pour se réserver pour plus tard, l’Espagne qui fait à peu près la même et mange 37 pts, ou, en demi-finale, une Argentine qui ne compte que 6 réels joueurs et qui perd Ginobili et joue avec un Nocioni sur une jambe, on était loin de la Grèce, aucune des grosses nations n’avaient opposé son meilleur basket aux Américains. Alors forcément, même si l’or était en ligne de mire, la rédemption n’était pas totale. Jusqu’à ce qui restera comme certainement l’une des plus belles finales, et l’un des meilleurs matches tout court, de l’histoire du basket au terme de laquelle les USA ont retrouvé le sommet du basket mondial, sur un 118-107 un peu flatteur. Car les Espagnols ont délivré un match exceptionnel, restant tout le match dans le sillage d’une Team USA sur un nuage (qui a scoré 69 pts en une mi-temps d’une finale !), avec une balle pour recoller à 3 pts à 1 »33 de la fin… Et la victoire américaine n’en fut que plus belle.

Pourtant, avec Calderon finalement absent sur blessure (pression des Raptors et de Bryan Colangelo, fils du boss de Team USA ?) et des bookmakers qui annonçaient les Etats-Unis vainqueurs avec une moyenne 21,5 pts d’avance, beaucoup d’observateurs imaginaient une victoire facile. Mais dès le début, avec un Navarro jusqu’alors transparent dans le tournoi et un meneur de 17 ans, Rubio, dans le 5, les Espagnols rendent coup pour coup aux USA. LeBron commence par un 3 pts face à une zone 2-3, mais Gasol, sur un superbe pick and roll avec Jimenez, égalise sur une action à trois points. Les Américains sont appliqués en défense, mais Navarro et Rubio montrent qu’ils sont au niveau : steal de Navarro, Rubio remonte la balle, feinte de regard qui mystifie la défense et dime pour un dunk facile de Gasol. Après un 3 pts de Carmelo Anthony, et la réponse de Jimenez, l’Espagne prend 4 pts d’avance sur 3 lancers de Navarro. 13-9.

Wade commence alors son show. Un drive, puis un autre, avec une faute provoquée en prime. Il finira le quart-temps avec 13 pts à 100% en 6 »30, et une grosse activité défensive. Les US jouent à une vitesse incroyable, jouant la contre-attaque même sur panier encaissé. Mais les Espagnols tiennent le choc, malgré l’absence de rotation à la mène, Raul Lopez ne passant que deux minutes sur le terrain, tant il a du mal. Les Espagnols jouent vite, mais réussissent bien sur jeu placé également avec une belle alternance intérieur-extérieur. Contrairement au match de poule, ils arrivent à trouver Gasol à l’intérieur (7 pts dans le 1er quart). Et Navarro est complètement transfiguré (6 pts). Après un 3 pts de Garbajosa, les Américains prennent l’avantage sur deux fautes étranges sifflées sur la zone espagnole, puis un tir longue distance de Wade : 38-31, score énorme pour un premier quart-temps d’une finale. Les défenses n’ont pourtant rien de passoire.

Rudy Fernandez a trois-pointsRudy Fernandez, qui n’a pas foulé le parquet avant, ce qui a permis à Navarro de retrouver de la confiance, débute la deuxième période. Mais c’est Kobe qui plante derrière l’arc, avant de dunker malgré un marcher, avant que Melo ne donne 13 pts d’avance sur un nouveau three. Les USA en sont alors à 5/7 aux tirs primés, ce qui limite grandement l’impact de la zone espagnole et les rend quasi-injouables. Sauf pour les Espagnols qui recollent à 6 pts à 5 ». Mais les Espagnols sont alors obligés de jouer avec un 2, Navarro, à la mène et l’inévitable Wade poursuit son ahurissante prestation avec un steal dans les mains de Navarro pour scorer, puis avec un nouveau 3 pts (il en est à 18, à 100%), avant de fixer et ressortir pour James qui plante, dans un fauteuil, à 7 mètres. Plus 14. Le KO est proche, mais Rudy Fernandez entre dans la même zone que Wade et maintient les siens en vie : il met un 5-0 aux US, puis répond directement à un nouveau trois points de D-Wade. Il sort à une minute de la pause, en ayant scoré 13 pts en 9 minutes, pour ramener les siens à 8 pts. Seul Wade fait mieux sur le terrain : 21 pts.

Le score à la pause est tout simplement ahurissant (69-61), à l’image de ce début de match, plus belle mi-temps jamais vue sur un parquet.

d12 au dunkSur un turnaround jumper sur la tête d’Howard, Gasol ramène les Espagnols à 4 pts. Les USA et les Espagnols se rendent coup pour coup et l’écart reste à peu près le même pendant de longues minutes, au cours desquelles Marc Gasol rate un panier facile qui aurait permis de revenir à 2 pts. Mais à un peu plus de 2 min de la pause, Wade donne 10 pts d’avance aux siens. Les Américains attaquent beaucoup mieux la zone qu’en demi-finale face à l’Argentine, avec une belle circulation et un jeu beaucoup plus en mouvement. Le match est plus intense et l’adresse s’en ressent. Mais le spectacle reste énorme. Et après un nouveau 3 pts d’un très précieux Carmelo Anthony, les US comptent 11 pts d’avance. Mais un Navarro retrouvé met son huitième point sur un drive au buzzer.

Navarro, fatigué, rate deux 1 contre 1 consécutifs. Bien que sauvé par la claquette d’un Gasol rageur, loin de la softitude dont on l’accuse souvent, Juanca est remplacé par Fernandez. Grosse prise de risque d’Aïto puisque que Rudy a 4 fautes. Mais coaching payant. Le génial arrière espagnol est énorme, juste devant son futur coach, Nate McMillan, assistant de coach K. Il lance un alley oop pour Pau Gasol, et enchaîne avec un 3 pts, qui ramène des Espagnols héroïques à 2 pts. Mais Kobe, après avoir déçu en Finales NBA, montre pourquoi il est considéré comme l’un des plus grands prédateurs du sport mondial. Sur un exploit individuel, il redonne de l’air, 93-89. Puis fixe la défense pour libérer Deron Williams qui plante à 3 : 96-89. Après un dunk de D12, Fernandez rate un shoot, mais un Reyes magnifique d’intensité récupère et ressort pour Rudy qui ne rate pas sa deuxième tentative : 98-92. Mais Kobe, toujours aussi cold as ice, continue et remet un tir primé dans le corner, avant que James ne score sur un nouveau rebond offensif arraché. 103-92 à 5  »18. Le trou semble fait.

Mais, guerrier doté de cojones plus grosse que la gonfle, Rudy Fernandez postérise Dwight Howard qui fait faute en voulant le contrer. Moins 8 et la confiance de retour. Malgré des arbitres souvent dépassés par le niveau, le match est somptueux. Et après deux lancers-francs, Pau Gasol plante so 8ème point du quart-temps, seul à 5 mètres grâce à un ménage quasi-illégal de son frère dans la raquette. 104-99. Kobe reprend à nouveau les choses en main, avec l’action décisive du match : 3 pts sur la tête de Rudy qui commet sa 5ème faute en cherchant à contrer Mamba. 108-99 à 3 »10.

A nouveau, on croit les Espagnols finis. Mais ce match défie toute logique. Navarro lâche un tera drop, puis Jimenez met un gros 3 pts pour ramener l’Espagne à 4 longueurs (108-104) avec 2 »20 au chrono. Seulement, LeBron qui a fixé la zone ressort pour Wade qui allume longue distance. 111-104. Après un lancer de Navarro sur une faute plus que discutable de Kobe, Jimenez rate un 3 pts à 1’30. Dans la foulée, Kobe drive et conclue avec un toucher magnifique. Le Laker a plié le match. Il mettra encore deux lancers-francs, sur une technique ridiculement sifflée à Rubio, pour finir le dernier quart avec 13 points.

Le match a été bien plus serré, intense que ce que le score final peut laisser penser. Cette rencontre, l’une des plus belles de l’histoire du sport international, fut tout simplement le théâtre parfait pour concrétiser les 3 années de travail de Team USA pour revenir sur le toit du monde et décroché l’Or Olympique. Une médaille que les stars NBA ont grandement savouré sur le podium, le visage de Kobe, autant que son énorme quatrième quart-temps, prouvant qu’il ne bluffait pas quand il avouait que le titre olympique revêtait plus d’importance à ses yeux que n’importe quel titre NBA.

Cette équipe mérite désormais son surnom de Redemption Team. Mieux, Team USA est enfin redevenue la Dream Team.

La célébration en images :

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Comments

Commentaires (1)

  1. rapid

    Pour moi c'est pas l'un des plus belles, c'est la plus belle finale ! Et c'est aussi le plus beau match en contexte FIBA que j'ai vu. L'équipe d'Espagne était incroyable et était beaucoup moins arrogante qu'elle l'est aujourd'hui.

    Navarro était en mode génie sur la finale, Rudy était un régal à voir jouer (son dunk sur Howard !), Gasol héroique, et puis il y avait Rubio. 17 ans le gamin et pas impressioné du tout… Les américains poussés par les espagnols avaient du sortir le grand jeu, cette fin de match de Kobe qui assassine les derniers espoirs espagnols ! Rien que d'y penser, j'ai envie de revivre un match comme ça.