Thomas Mobisa, des playgrounds aixois à l’équipe de France (Première partie)

Alors que Thomas Mobisa n’a débuté le basket qu’à l’âge de 16 ans, le joueur du Sapela était cet été en équipe de France de 3 vs 3, une trajectoire incroyable pour celui qui n’a pas encore fêté ses 28 printemps. Découverte, en deux parties, d’un parcours aussi atypique que surprenant.

Alors que Thomas Mobisa a débuté tardivement le basket à l’age de16 ans, le joueur du Sapela était cet été en équipe de France de 3 vs 3. Pour ce joueur phare de la région PACA, c’est une trajectoire incroyable alors qu’il n’a pas encore fêté ses 28 printemps. Nous vous proposons de découvrir en deux parties* ce parcours aussi atypique que surprenant.

BasketActu : Tu as commencé par faire du football à Aix en Provence. Et ensuite tu te mets au basket à 16 ans, pourquoi un tel changement aussi tardif ?
Thomas Mobisa : Tous mes collègues faisaient du foot et je me suis inscrit. Je n’étais pas mauvais mais arrivé en U15, l’horizon était un peu bouché. L’ambiance était lourde également avec les parents omniprésents, des altercations. J’y allais seul la plupart du temps et je n’ai pas pris du plaisir par la suite. Au stade Carcassonne, le terrain de basket était à côté. Mon père étant joueur professionnel, j’ai également un peu grandi autour de ça. Je me suis fait 2-3 potes et ça a commencé comme ça.

Thomas MobisaBasketActu : Tu commences aux Golgoths 13, club des quartiers aixois. Tout se passe bien jusqu’en sénior et là, les premières fausses notes. Est-ce que tu as douté de toi ?
TM : J’avais un cercle d’amis avec lesquels on partageait plus que du basket. Il y avait le sport en lui-même mais aussi l’ambiance qu’il y a autour, et c’est grâce à ça que je me suis épanoui. Quand je suis passé en sénior, ces gars-là m’ont toujours soutenu quand j’étais en difficulté. Grâce à eux, j’ai redoublé d’efforts. Même l’année en NM3 où je n’avais pas le temps de jeu escompté, je pense avoir progressé et ça m’a permis d’apprendre beaucoup sur moi-même. Ça m’a fait grandir.

« J’avais le sentiment d’avoir fait le tour aux Golgoths »

BasketActu : Pourquoi avoir décidé de passer ensuite chez l’ASPTT Aix, le club « rival » de la ville ?
TM : Même si on est descendus avec les Golgoths (ils finissent avant-derniers de NM3), j’estimais avoir franchi un cap. L’ambiance, le fait que je sentais que les choses n’évolueraient plus aux Golgoths, tout ça m’a fait comprendre que je voulais partir. Je souhaitai découvrir une nouvelle dimension au niveau basket. Les Golgoths, c’était un club très familial et j’avais le sentiment d’avoir fait le tour. Géographiquement, l’ASPTT était le plus proche et on m’a contacté pour que je vienne. J’ai aussi accepté car je voulais m’ouvrir à d’autres projets plus « professionnels » tout en restant proche de ma famille, à l’époque ma mère et ma sœur.

BasketActu : Après une première année d’adaptation à naviguer entre la pré-nationale et la NM3, tu rencontres Hélène Guillaume en 2012, encore ta coach aujourd’hui. C’est elle qui t’a aidé à atteindre ton niveau actuel. Qu’est-ce qu’elle représente pour toi ?
TM : Ça fait cinq saisons qu’on évolue ensemble. Elle et moi, on a des similitudes. On veut gagner, on est francs, il n’y a pas de triche entre nous deux. C’est une coach qui m’a fait confiance et qui m’a donné confiance en moi. Elle m’a fait me remettre en question au quotidien. J’ai passé un cap chaque année avec elle.

BasketActu : Tu vis la double-montée en deux ans (de NM3 à NM1) au PABA (qui remplace l’ASPTT Aix) Mais la saison en NM2 à Aix ne se passe pas très bien pour des raisons assez extérieures (le club a dépose le bilan en fin de saison). Comment tu as vécu cette saison particulière ?
TM : C’est une saison qui m’a fait comprendre pourquoi je faisais du sport et du basket. C’était le plus haut niveau auquel j’ai joué. Je ne pensais pas pouvoir jouer un jour avec de tels coéquipiers. Le coach (Laurent Kleefstra) a joué un grand rôle dans tout ça. Nous n’étions plus payé lors des six derniers mois et il nous a rappelé pourquoi on était là. Ça a été compliqué sur le plan financier mais sportivement, avec cette montée en NM1, c’était quelque chose de grand. J’ai aussi pu relativiser dans le fait que ma femme est tombée enceinte cette année-là.

« Signer à Sapela était un choix familial plus que sportif »

BasketActu : Tu dois donc te trouver un club et tu signes au Sapela qui évolue en pré-national, soit deux divisions en dessous. Pourquoi ce choix surprenant ?
TM : J’ai vite fermé les portes aux sollicitations car ma femme devait accoucher en août. Le but était de faire grandir notre bébé dans un environnement sain avec nos familles qui étaient proches. J’aurais même arrêté le basket si j’avais eu à le faire. Mais le projet du Sapela était familial avec une sécurité de l’emploi et un cadre de vie intéressant. C’était le plus simple pour ma femme et ma famille. En réalité, signer à Sapela était un choix familial plus que sportif.

BasketActu : Cela fait maintenant trois ans que tu es au Sapela. Quels sont tes axes de progression et surtout, est-ce que tu te vois toujours au club l’an prochain ?
TM : Je dois déjà trouver une certaine constance dans mon jeu pour progresser. Je peux mettre 34 points comme 6 points et c’est ce que je dois changer. Je ne suis pas fermé à l’idée de bouger, de changer de club. Ma femme est prête à partir, ce qui n’était pas le cas avant, donc pourquoi pas. Pour l’instant, je suis épanoui à Sapela et j’ai toujours estimé que c’était le plus important. S’il y a une proposition extérieure, il faudra vraiment que ce soit quelque chose où ma famille sera en sécurité.

Crédit photo : Ceshoot

*Deuxième partie sur l’EDF 3*3 demain

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