Thomas Mobisa : « L’équipe de France de 3 vs 3 ? J’avais les yeux remplis d’étoiles » (Deuxième partie)

Dans la deuxième partie de notre focus sur Thomas Mobisa, nous avons évoqué avec lui l’équipe de France 3*3.

Alors qu’il a commencé le basket tardivement (à 16 ans), Thomas Mobisa fait désormais partie du groupe France en 3µ3. Un parcours assez incroyable sur lequel il revient avec nous.

Thomas MobisaBasketActu : Thomas, tu es joueur au Sapela et, parallèlement, tu fais également partie du groupe France en 3 vs 3. Qu’est-ce qui t’a orienté vers cette discipline ?
Thomas Mobisa : J’ai fait du 3 vs 3 avant de faire du 5 vs 5. Quand je jouais au Stade Carcassonne à Aix en Provence, c’était ce qu’il y avait de plus populaire. Je me suis toujours investi à fond dans le 3 vs 3 même lorsque je jouais en club. La Fédération s’est ensuite mis à organiser des tournois et je me suis inséré là-dedans. Le déclic s’est fait lors de l’Open de France où nous avons atteint la finale à la surprise générale contre l’équipe de France actuelle. On leur tient tête et c’est à ce moment-là que Karim Souchu, l’entraîneur de l’EDF, m’a contacté.

BasketActu : Tu es le seul joueur non professionnel à intégrer un groupe élargie en vu de la Coupe du Monde et de l’Euro. Quel a été ton sentiment ?
TM : Déjà, je ne m’attendais absolument pas à être pris. J’ai débuté l’aventure pour un stage de trois jours en février. Honnêtement, je n’ai jamais vu une telle intensité dans des entraînements ! On avait des vidéos, des systèmes, c’était très pro. Le staff m’a alors rappelé pour faire les deux semaines de préparation avant l’été, nous n’étions plus que huit (ils étaient 16 en février). J’avais les yeux remplis d’étoiles.

BasketActu : Tu es le dernier joueur coupé avant la Coupe du Monde. C’est plutôt la fierté vu ton parcours atypique ou de la déception qui prédominait ?
TM : Pendant le stage, on sait que les places se jouent. Mais c’est un sport collectif donc on a besoin de chacun. Dès qu’un gars était moins bien, on ne se tirait pas dans les pattes, bien au contraire. On se bat même si on sait que certains ont des facilités à intégrer ce groupe France. J’y ai cru, je me suis dit que déjà si j’étais là, c’était un miracle. Mais je n’ai pas honte de le dire, dès l’annonce de la liste finale, c’est la déception. Mais rapidement, la fierté prend le dessus. On a la famille au téléphone qui nous rappelle d’où on vient, le chemin parcouru. On doit savourer ce moment aussi car on est des privilégiés.

« Les JO de 2020, ça reste dans un coin de ma tête»

BasketActu : Qu’est-ce qui change vraiment entre le 3 vs 3 et le 5 vs 5 ?
TM : Plus je pratique le 3 vs 3, plus je me dis que ça n’a rien à voir. Ce sont deux disciplines complètement différentes. Dans l’approche déjà, on est que trois, il n’y a pas de coach sur le banc. Les choses se font entre vous. Si un joueur se fait dépasser en défense, derrière il y a panier. Les responsabilités sont bien plus individuelles que dans le 5 vs 5. Tous les manques sont visibles et ça change clairement le jeu, les joueurs. Les matches sont aussi plus courts, l’arbitrage beaucoup plus laxiste. Ce n’est pas parce que tu es un bon joueur de 5 vs 5 que tu es un bon joueur de 3 vs 3, et inversement. C’est un tout autre sport.

BasketActu : Le 3 vs 3 va être olympique en 2020 aux JO de Tokyo. Est-ce que tu en fais un objectif ?
TM : J’aime bien me fixer les objectifs quand j’ai les cartes en mains. Mon avenir dans le 3 vs 3 au niveau national est incertain. Je garde l’espoir, ça reste dans un coin de ma tête quoi qu’il arrive. Dès que j’ai l’occasion de faire un tournoi, je le fais car ça me rapporte des points à moi mais aussi à la Fédération. Je vais tout faire pour y arriver quand les occasions se présenteront mais ce n’est pas un objectif vraiment établi.

BasketActu : Tu as également été au Redbull King of the rock en 2015. Est-ce que ça t’a apporté quelque chose pour le 3 vs 3 ou le 5 vs 5 ?
TM : Oui, j’ai été en quart de finale dans ce tournoi mondial qui se déroulait en Turquie. C’est encore un autre sport et ça m’a permis de comprendre des choses notamment la gestion des matches. Ça m’a aidé dans les deux disciplines. Karim Souchu m’a dit que j’avais une carte à jouer sur ça (sa capacité à remporter les duels) dans le 3 vs 3. J’arrivais à dépasser des joueurs qui restaient dans un format plus structuré. Ma fougue et ma détermination sur les duels m’ont permis de prendre le dessus sur des joueurs pro.

BasketActu : Cette sélection a-t-elle changé quelque chose pour toi ?
TM : Dans les médias, oui. J’ai donné pas mal d’interviews à des journaux locaux et nationaux. J’ai fait la couverture de Basketball Magazine avec une page complète. Certains jeunes ont suivi mon parcours grâce aux réseaux sociaux. Et c’est ce qui m’a fait le plus plaisir car ils venaient vers moi pour me demander des conseils, savoir comment ça s’était passé.

Première partie du focus ici

Crédit photo : Faricelli

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