Top 10 des joueurs laissés pour compte

En cette fin de saison régulière, BasketActu revient sur les plus beaux placards de la saison 2011-12 en Europe.

Ils n’ont pas donné satisfaction, sont en froid avec leur coach ou ont un temps de jeu inversement proportionnel à revenu salarial, ils ont été mis de côté lors de la saison 2011-12. Voici un petit florilège des plus beaux placards de l’année sportive en cours. Bien évidemment, ce classement non-exhaustif, on vous l’accorde, ne tient pas compte des joueurs trop crédules pour ne pas voir que quelques sombres clubs de l’Europe de l’Est allaient les piéger dès leur arrivée.

1 – Benjamin Eze

L’ancien intérieur de Montepaschi Siena se la coule douce en Lombardie. Débarqué du côté de Milan en janvier 2011, après avoir fait les frais de la politique contractuelle du BC Khimki , l’italo-nigérian perçoit un million d’euro par an. Jusqu’ici, tout va bien. Seulement voilà, ses dirigeants ont décidé de confier les rênes de l’équipe première à Sergio Scariolo en juin dernier. En froid avec le sélectionneur de la Roja, qu’il avait côtoyé pendant cinq mois en Russie, Eze se voit prié de se trouver un nouveau club. Ne désirant pas s’asseoir sur son contrat en or massif, le joueur décide alors de rester du côté de Milan et prend donc place toutes les semaines dans les tribunes dégarnies du Mediolanum Forum. Enfin, quand il y est convié… Inscrit sur aucun des listings du club, que ce soit en championnat, en Euroleague ou sur le site officiel, Benjamin Eze est donc un lofteur façon Jérome Rothen ou Peguy Luyindula au PSG. En fin de bail, l’intérieur jouit toujours d’une belle cote en Italie puisque Sienne voudrait le rapatrier afin de prendre la succession de Shaun Stonerook.

Ses statistiques : 0 pt, 0 rb, 0 pd, 0 minute.

2 – Samuel Mejia

MVP étranger 2010-11 du championnat de France et auteur de performances remarquées en Euroleague cette même saison, Samuel Mejia pensait prendre son envol en rejoignant le CSKA Moscou. Courtisé par le Maccabi Tel Aviv, celui qui tournait 18 pts, 5.1 rbds et 4 pds de moyenne par match en Pro A s’imaginait avoir tout gagné en paraphant un contrat devant lui rapporter deux millions de dollars sur deux ans. Toutefois, le Dominicain a très vite déchanté. Victime du lock-out, ayant permis l’arrivée d’Andreï Kirilenko, et de l’explosion d’Alexey Shved, celui qui devait devenir le successeur de Trajan Langdon voit son expérience tourner en eau de boudin. Relégué sur le banc pendant la pré-saison, Sammy Mejia passe après Jamont Gordon et Ramunas Siskauskas dans l’ordre de préférence de son coach. Pour le consoler, les dirigeants du CSKA voulaient le prêter à l’inter-saison mais, malgré l’intérêt de Gran Canaria, aucune équipe n’a été en mesure d’assumer son salaire. Motif d’espoir : Jonas Kazlauskas l’a promis, le joueur drafté par les Detroit Pistons en 2007 jouera plus la saison prochaine. On attend de voir…

Ses statistiques Euroleague : 5 pts, 1.5 rbd, 1 pd en 10 minutes.

3 – Theo Papaloukas

Les Yougos ont régné sur l’Europe pendant une décennie, puis Théo Papaloukas est apparu. Chef d’orchestre par excellence, le meneur grec était capable de survoler un match sans rentrer plus de 10 points. Débarqué au Maccabi cet été, après avoir fui un Olympiacos miné par la crise économique, « Papa » savait que son intégration dans le collectif de David Blatt allait être compliquée. Choix par défaut d’un club israélien qui avait tellement de piste à la mène qu’en fait il n’en avait aucune, le vétéran se doutait que son profil « à l’ancienne » n’était que peu compatible avec l’idéologie d’un coach ayant toujours préféré les meneurs de petites tailles, très toniques et si possible scoreurs (ex: Brian Chase, Aaron Miles ou Doron Perkins). Utilisé comme joker en début de saison, Papaloukas s’est depuis brouillé avec son entraineur. Petite problème: Blatt a droit de vie et de mort au Club Nation. Faisant quelques apparitions par-ci, par-là, selon les humeurs du tacticien israélo-américain, le joueur de 34 ans se cherche une porte de sortie. Pas sûr toutefois que son grand age et son amour pour les billets verts ne joue en sa faveur.

Ses stats Euroleague : 3 pts, 1.2 rbd, 1.6 pd en 9 minutes.

4 – Fran Vazquez

Pour la plupart, le Barça c’est surtout un centre de formation hors du commun, des joueurs talentueux, un jeu léché, un club UNICEF, une ferveur populaire… Oui, mais c’est aussi une dette astronomique, un arme de propagande sous l’ère Laporta et des pratiques peu recommandables vis à vis de ses joueurs ne souhaitant pas prolonger. Après Ricky Rubio la saison passée, Fran Vazquez vit une fin d’aventure compliquée en Catalogne. Si le renouvellement de son bail était la priorité absolue des Blaugranas en début d’exercice, ses envies de départs vers la NBA ont complétement changé la donne. Présumé moins fort que Boniface Ndong alors qu’il était la charpente qui soutenait l’édifice de Xavi Pascual il y a peu, Vazquez fait désormais valoir ses longs segments au moment où l’équipe adverse est déjà distancée. Mais pas trop quand même, car Kosta Perovic, le remplaçant du remplaçant, se bat lui aussi pour avoir un peu de temps de jeu… Un joker à 1.9 millions d’euros par an, un pourboire pour les Blaugranas.

Ses stats en championnat : 5.3 pts, 4.3 rbds, 1.1 ctr en 15 minutes.

5 – Gerald Fitch

Débarqué en cours de saison passée en Andalousie, Gerald Fitch avait aidé Malaga à finir parmi les huit premiers du championnat espagnol. Plutôt décevant cette année, l’arrière a été tenu pour partie responsable des mauvais résultats actuels d’Unicaja. Ne pouvant inscrire que deux joueurs extra-communautaires sur la feuille de match, ses dirigeants l’avaient pressés de se trouver un passeport étranger sous peine de devoir faire ses valises. Passé derrière Tremmell Darden et le jeune Mark Payne dans la hiérarchie des joueurs US, Fitch avait jusqu’ici sauvé sa place grâce aux blessures à répétition de l’ancien nancéien. Reculant encore d’un rang après la venue de Troy DeVies, l’ex-joueur du Heat de Miami s’est alors résigné à rompre son contrat. Aujourd’hui, Gerald Fitch est l’un des free agents les plus courtisés d’Europe, alors qu’Unicaja Malaga, toujours privé de Darden, enchaine les défaites.

Ses statistiques en ACB : 10 pts, 2.7 rbds, 1.8 pd pour 9.7 d’évaluation en 22 minutes.

6 – Demond Mallet

Magnifique au tout début de la campagne Euroleague du Spirou Charleroi, Demond Mallet pensaient avoir la chance de sa vie en s’engageant pour six mois avec le Maccabi Tel Aviv. Arrivé en janvier avec le statut de titulaire en puissance, le meneur de 34 ans est aujourd’hui mis sur la touche par David Blatt. Ne soutenant pas la comparaison avec Doron Perkins, qui un an après est toujours dans le cœur du coach du Club Nation, Mallet possède un profil trop similaire à celui de Keith Langford. De plus, l’éclosion de Yogev Ohayon, le nouveau chouchou de tout un peuple, l’empêche de retrouver sa place. Courtisé par plusieurs clubs italiens il y a quelques semaines, l’ancien joueur de Badalona s’est vu bloquer par un Maccabi en manque de rotation extérieure. Son retour en Belgique pour les playoffs n’est toutefois pas à exclure.

Ses stats Euroleague au Maccabi : 4.6 pts, 0.5 pd pour 2.4 d’éval en 11 minutes

7 – Xavi Rabaseda

Arrivé au Barça à 13 ans, Xavi Rabaseda a fait toutes ses classes dans les équipes de jeunes des Blaugranas. Annoncé comme l’un des plus grands espoirs de sa génération, l’ailier est prêté successivement en troisième, deuxième puis première division. Auteur d’une saison 2010-11 plus qu’honorable à Fuenlabrada, où il tournait à 9 pts et 3 rbds de moyenne pour 8 d’éval en ACB, Rabaseda pensait avoir enfin sa chance dans son club formateur lorsque Xavi Pascual lui a annoncé qu’il restait en Catalogne cette année. Que nenni. En fait, si le joueur de 23 ans est toujours à Barcelone, c’est surtout parce qu’il possède le statut de joueur formé localement. De par sa présence, le natif de Girona permet donc au géant Catalan d’atteindre les quotas ACB nécessaires pour inscrire sur la feuille de match un effectif aussi long qu’un bras de Roberto Dueñas. Que les fans du jeune espagnol se rassurent, celui-ci entre en jeu lorsque Pete Mickael, Chuck Eidson et Joe Ingles ont besoin de souffler…

Ses stats en ACB : 2.8 pts, 1.3 fautes pour 1.6 d’éval en 9 minutes

8 – Jon Sheyer

Star à Duke, le « Jewish Jordan » savait que son profil ne lui permettrait pas de faire carrière en NBA. De fait, à cause la hype autour de son CV et de ses origines, Sheyer a très vite été lié au Maccabi Tel Aviv, club ayant toujours rapatrié bon nombre de jeunes ricains à cause/grâce à ce fameux droit de retour sur la Terre Promise. Malheureusement, après en être restées aux préliminaires il y a un an, les deux parties ont vécu une relation bien compliquée cette saison. N’ayant tout simplement pas le niveau pour évoluer dans une équipe de l’élite Euroleague, Jon Sheyer a, à de nombreuses reprises, refusé de partir. Possédant quelques touches avec l’Asefa Estudiantes début 2012, l’ancien Bleu Devil comptait se faire la malle sans trop de difficultés mais s’est fait bloquer par David Blatt. Trainant son mal-être, le joueur a demandé, et obtenu, d’être libéré de son contrat quelques heures avant le début des Quarts de finale contre le Panathinaïkos. Pas sûr qu’on reparle de lui au Maccabi de si tôt.

Ses stats en Israël : 3 pts (à 37.5%), 1 rbd, 1 faute en 12 minutes

9 – Aleks Maric

Adulé lorsqu’il enfilait les perles au Partizan Belgrade, en 2009-10, Aleks Maric est aujourd’hui un paria au Pana et en Serbie. Accusé d’avoir préféré rejoindre l’équipe nationale australienne plutôt que la sélection serbe, le pivot s’est aussi vautré en beauté en Grèce. Censé remplacer Nikola Pekovic, qui était déjà son prédécesseur au Partizan, l’Aussie et son contrat plaqué or (1 millions par an) ont alterné blessures à répétition et performances en demi-teintes la première année à Athènes. Mis sur le banc au profit l’inusable Mike Batiste, dont la présence sur le parquet est indispensable pour Zeljko Obradovic, le natif de Sydney doit se contenter de bouts de match, aussi bien en championnat qu’en Euroleague. Pourtant toujours aussi prolifique en attaque lorsqu’il joue, sa performance lors du match 5 contre le Maccabi le prouve, l’intransigeant coach Serbe le renvoie systématiquement sur la touche après chaque erreur défensive. Et vu que Maric n’a jamais été réputé pour être un bon défenseur, c’est désormais Ian Vougioukas qui lui est préféré en sortie de banc. En fin de bail, le Maccabi Tel Aviv le suivrait attentivement.

Ses stats Euroleague : 3 pts, 1.9 rbds, 4 d’éval en moins de 7 minutes.

10 – Tre Simmons

Débauché au CEZ Nymburk il y a une semaine à peine, Chester « Tre » Simmons ne sera pas resté longtemps du côté de l’Emporio Armani Milano. Venu pour remplacer poste pour poste Drew Nicholas, le swingman a d’abord vu son contrat gelé par un club lombard ayant appris la blessure longue durée de son combo-guard, JR Bremer. Parti à la recherche d’un joueur capable d’évoluer aux postes 1 et 2, Milan a réexpédié Simmons en République Tchèque hier soir afin de faire signer un gros poisson. C’est donc ça, la classe italienne…

Ses stats en Italie : 0 pt, 0 rbd, 0 pd, 0 match, une semaine de tourisme et le billet aller-retour le plus cher de l’année tous frais payés.

Les bonus :

Dominic James : prisonnier à l’Aris, star au Partizan.
Phil Goss : le sale gosse semble retrouver son niveau en Italie après son idylle lyonnaise.
Joey Dorsey : invisible à Caja Laboral, très bon à l’Oly… quand il ne sort pas pour 5 fautes.
Moussa Badiane : une faute de trop à Bilbao et direct au placard. A transformé Antibes depuis.
Errick Craven : trop dauphin.
Antoine Mendy : trop requin.
Matt Howard : nul à l’Olympiacos, il revit en Allemagne.
Kalin Lucas : comme Howard, mais en Turquie.
Marko Keselj : mi-blessé, mi-placardisé. Retrouve du temps de jeu depuis son coup de gueule de janvier dernier.
Adam Morrison : après avoir pris en otage le compte en banque de l’Etoile Rouge, a squatté les tribunes du Besiktas. L’arroseur arrosé.
Reggie Williams : la légende raconte qu’il a joué à Caja Laboral en début de saison.
Abdel Kader Sylla: Quoi ? Il n’est pas au placard ? Ah…

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Comments
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Commentaires (11)

  1. kicanovic

    " un lofteur façon Jérome Rothen ou Peguy Luyindula au PSG "

    Jérome Rothen est tout sauf un lofteur au SCB , meilleur joueur de L2 et un des principaux artisans de la très probable remontée en L1 des bleus de BASTIA

  2. Startrak

    Putain je l'avais oublié Vazquez!! On l'a tellement très peu vu!

  3. lexa

    Errick Craven : trop dauphin.

    Antoine Mendy : trop requin.

    j'adore

  4. Rorschach69

    En voilà une liste de joueurs qu'aurait dû sonder l'ASVEL pour essayer d'accrocher une place en playoffs… (hormis ceux avec un salaire vraiment mirobolant).

    Mais bon, comme la dit P.V. continuons de croire au playoffs sans lacombe, avec un jackson démotivé, un bangaly fofana à son meilleur niveau (malheureusement)…

  5. Foals

    'Accusé d’avoir préféré rejoindre l’équipe nationale australienne plutôt que la sélection serbe'.

    Sauf que, A. Maric a effectué ses classes dans les équipes de jeunes en Australie. Logique, qu'il continue …

    (et pas de traces de cet 'affront' dans la presse Serbe à l'époque …).

  6. Athos

    En manque de synonymes pour qualifier le M. Tel-Aviv ?

    'Club Nation x 2

    le nouveau chouchou de tout un peuple

    Terre Promise.'

    Fatiguant !!!! Et légèrement léche-bottes !

  7. Legendary Derrick Po

    Ben moi, je te relance !! ;)