Tremmell Darden : « Nous pouvons gagner le titre »

A quelques heures du choc face au Mans, Tremmell Darden fait le point avec nous sur sa carrière et sur la saison du SLUC.

BasketActu : Comment as-tu débuté le basket ?
Tremmell Darden : J’ai commencé à 5 ans, à 7 ans j’étais organisé, je suivais comme tous les jeunes aux USA, Jordan, Dr J, Magic, Bird, et nous voulions tous être comme eux. On les regardaient jouer à la télé, puis nous allions les imiter sur les playgrounds.

BasketActu : Tu es né à L.A., les Lakers étaient importants pour toi ?
TD : Oui, ils l’étaient, j’étais un fan des Lakers, c’était le Showtime ! Mais j’étais vraiment jeune, je ne m’y connaissais pas autant que plus tard. Le vrai fan, c’est celui  qui l’est avec les hauts et les bas. Presque tout le monde qui est d’Inglewood, de la région de Los Angeles, est fan des Lakers. Même à Vegas, là où j’ai grandi, les Lakers sont la team !

BasketActu : Ton but était déjà d’être pro ?
TD : Oui, être pro en Amérique, c’est jouer en NBA, c’est toujours un des mes rêves, même aujourd’hui. Je remercie chaque jour Dieu de l’opportunité que j’ai de jouer au basket à un haut niveau.

BasketActu : Tu peux nous raconter tes débuts ?
TD : Mon histoire est différente de celle des autres déjà à l’école. J’ai eu un très bon entraîneur en High-school qui croyait en moi et pensait que je pouvais jouer en Division 1 NCAA. Je n’ai pas été recruté, il a envoyé des cassettes aux universités et j’ai eu une réponse de l’Université de Niagara. Sur ce, mon coach d’université Mihalich pensait que je pouvais jouer à ce niveau et dans ses systèmes. Par la grâce de Dieu, par mon travail acharné, j’ai pu jouer dès que je suis arrivé à l’école, même si je ne pensais pas y être prêt tout de suite. Mon université était une petite école, et nous avions l’opportunité d’exceller en cours et sur le terrain. Mais la clef c’était le travail.

BasketActu : Après cela tu n’as pas été drafté, c’était une déception ?
TD : Je voulais être drafté, mais je ne connaissais pas le processus pour l’être, et j’ai donc raté tout ça. Donc j’étais déçu, mais je l’étais plus encore quand j’ai appris et entendu le processus pour être drafté, et que j’avais raté ça ! Je pense que si j’avais suivi le processus, les workouts, les camps, j’aurais eu une bien meilleure chance. Je n’étais pas du tout au courant de tout ça. Je n’ai pas cherché ces informations, donc je ne peux m’en prendre qu’à moi même. Il y a beaucoup de choses, tu dois te faire inviter et avoir les bonnes personnes pour obtenir certaines choses, te montrer… En plus, je n’étais pas prêt mentalement à jouer à ce niveau.

BasketActu : Ensuite, tu es parti en Turquie. Pas trop difficile l’adaptation ?
TD : Oui, c’était dur, le plus difficile était de s’acclimater à une vie loin des USA. En Amérique, tout est pratique, et vivre dans une petite ville de Turquie rend l’adaptation plus difficile. Je suis heureux d’avoir eux des vétérans, des anciens dans l’équipe, et dans l’équipe féminine aussi. Mon meneur de jeu, Mark Dickel, était celui qui m’a le plus aidé. Chez les femmes, il y avait deux Américaines qui jouaient depuis pas mal d’année de ce côté là du monde, et leurs expériences m’ont beaucoup aidé. Les avoir autour de moi m’a permis de rester fort durant cette première année.

BasketActu : Puis tu es allé en Belgique…
TD : Oui, une année à Leuven et deux à Charleroi, ma première grosse équipe. J’ai remporté le titre avec Matt Walsh (ASVEL) et Wes Wilkinson (LeHavre).

BasketActu : Ça été un moment important de ta carrière ?
TD : La victoire ! Il est uniquement sujet de victoire, pouvoir être champion avec ce groupe, c’était super ! Avoir des titres dans ton cv montre que tu es un gagnant et que tu peux aider une équipe.

BasketActu : Après ça, tu pars en Australie pourquoi ?
TD : C’était une bonne opportunité pour jouer pour un coach de légende Brian Goorjian.

BasketActu : Le basket était différent ?
TD : Oui, je dirais que c’est entre le style NBA et le style européen. Les matches duraient 48 minutes, et le grand pas n’est pas appelé un marcher comme ici en Europe. Jouer là-bas a été une bonne expérience pour ma carrière, c’est là-bas que je me suis le plus amélioré, et que j’ai le plus appris. En plus c’est super de vivre là-bas, et avec ma famille nous avons tissé de bonnes relations.

BasketActu : Après tu choisis de revenir en Europe…
TD : Oui, tu as plus de chance de faire avancer ta carrière en Europe. Après la NBA, l’Euroleague est la deuxième meilleure chose. A tel point que la France produit beaucoup de talents pour la NBA.

BasketActu : Ton année à Strasbourg a été celle la plus difficile ?
TD : Non, ma deuxième année professionnelle a été plus difficile. L’année dernière, j’ai appris beaucoup de choses. Nous n’avons pas gagné comme nous l’aurions voulu, mais nous nous ne sommes pas abandonnés les uns les autres, et nous n’avons pas laissé tomber l’équipe. Nous avons travaillé dur jusqu’au dernier match. J’ai beaucoup progressé dans ma foi cette saison là, autant pendant les bas que pendant les hauts.

BasketActu : Puis tu es venu à Nançy où Ricardo Greer avait une grosse importance… Quel a été le discours du coach ? TD : Il m’a juste dit de jouer mon jeu. Ne viens pas ici en essayant de jouer comme lui. Tu dois jouer ton jeu puis évoluer à partir de ça.

BasketActu : Et tu n’as jamais douté, tu as directement accepté ?
TD : Non, je n’ai jamais douté. Quand j’ai su qu’ils étaient intéressés j’ai été choqué, et j’ai voulu travailler plus dur pour préparer cette saison.

BasketActu : C’était un bon challenge de prendre la place du MVP ?
TD : Clairement ! Mais nous grandissons, nous apprenons beaucoup au fil de notre parcours et des défis que nous relevons.

BasketActu : Et premier match 17 points, 18 rebonds… C’était l’excitation du premier match ?
TD : Je suis toujours excité de jouer un match, et commencer une saison est un soulagement. Parce que tu travailles très dur pendant l’off-season, pendant la présaison, tu es prêt à en découdre.

BasketActu : C’était donc juste le fruit d’un gros travail de présaison ?
TD : Tout venait de Dieu. Je suis juste venu chercher les ballons. J’étais concentré sur le rebond parce que je n’avais pas bien réussi dans ce domaine durant la présaison.

BasketActu : Tu pensais que tu pourrais et que vous pourriez réussir une si grosse saison ?
TD : Je pense toujours que l’équipe dans laquelle je joue va bien faire. Tu dois croire que tu va gagner si tu veux gagner. Ça commence par penser que tu peux gagner, puis les victoires viennent. En plus, j’ai toujours pensé que si j’avais l’occasion de montrer ce dont j’étais capable, le résultat serait positif.

BasketActu : Tu penses que cette équipe peut gagner le titre ?
TD : Oui ! Si nous continuons à nous améliorer à chaque entraînement, que nous continuons à croire en chacun, nous pouvons le gagner.

BasketActu : Quelles sont les plus grandes forces et défauts de cette équipe ?
TD : Nous avons du caractère, et c’est notre plus grande force je pense. Nous n’abandonnons jamais et nous jouons dur. Nous devons nous améliorer chaque jour défensivement, vous pouvez tenir le coup en défense et toujours avoir une chance de gagner avec la défense.

BasketActu : Quel est le coéquipier qui t’impressionne le plus ?
TD : John Linehan. Sa capacité à changer le court d’un match en défense est impressionnante. Il est dur au mal, et sa présence devant est très forte ! Il perturbe toute l’attaque adverse.

BasketActu : Tu avais déjà joué avec quelqu’un comme ça ?
TD : Non, jamais, il met une telle pression sur le ballon, il a un tel impact ! J’ai déjà joué avec des gars qui mettent la pression, mais jamais a un tel point que les joueurs ne veulent pas mettre le ballon face à lui ! Sa dureté et sa capacité à changer le court d’un match instantanément est exceptionnelle.

BasketActu : Tu es le MVP du mois, et beaucoup de gens parlent déjà de toi pour le titre de MVP, c’est une fierté ?
TD : Je suis heureux d’être le MVP du mois, mais finir la saison fort, et que notre équipe joue le meilleur basket possible au bon moment est vraiment important pour moi.

BasketActu : Quel est le meilleur joueur contre qui tu aies joué ?
TD : C’est difficile, je défends toujours sur le meilleur ailier de l’équipe adverse.

BasketActu : Celui que tu as eu le plus de mal à arrêter ?
TD : C’est dur d’arrêter quelqu’un en un contre un, donc j’essaye juste de leur rendre le travail plus difficile, et je crois en mes coéquipiers et leurs aides.

BasketActu : Tu parles beaucoup de tes coéquipiers mais si tu devais te décrire en tant que joueur et en tant qu’homme ?
TD : Un bon croyant qui vit pour plaire à Dieu, qui essaie d’aider les autres à s’améliorer. En tant que joueur, un gars avec qui les autres aiment jouer. Un gars qui va se donner à 100% et va aider là où l’équipe en aura besoin.

BasketActu : La chose la plus marrante de ta carrière ?
TD : Pendant mon année rookie, j’étais en train de prendre un rebond et de tomber au sol. Pour pas que les arbitres sifflent un marché, j’ai essayé de demander un temps mort en tombant. Tout le monde me regardait en se demandant « Qu’est ce qu’il fait ? ». Je ne savais pas que je ne pouvais pas demander de temps mort ! En plus le match était télévisé !

BasketActu : Le joueur le plus marrant de Nançy ?

TD : John!

BasketActu : Ton meilleur ami dans le basket ?
TD : André Riddick, nous sommes de bons amis, nous parlons beaucoup de basket et de la vie.

BasketActu : Si tu pouvais choisir deux personnes avec qui dîner ?
TD : Michael Jordan et le Dr Creflo Dollar qui est un pasteur. Quand je me suis résolu à vivre pour le Christ, j’ai écouté beaucoup de ses sermons qui m’ont amené sur la bonne voie, la bonne direction. Mais j’aurais bien invité le pasteur de mon église à Vegas, Dr Fowler.

BasketActu : Une chanson ?
TD : « Here I am » de Marvin Sapp.

BasketActu : Un film ?
TD : « Un prince à New York ». C’est mon film !

BasketActu : Un acteur ou actrice ?
TD : J’aime bien Robert De Niro.

BasketActu : Un phrase ? Un dicton ?
TD : Aime ton prochain comme toi même, où ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse.

BasketActu : Quelque chose à ajouter ?
TD : Tout est dans la croyance, la confiance, si tu ne crois pas en quelque chose, elle ne peut pas arriver.

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Comments
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Commentaires (16)

  1. Jean

    Big dedicace a andy tu pourras pas dire quon te gatte pas toi !! Akin, Tremmel …

  2. BCMers

    vraiment sympa ce genre d'interviews,

    mais faut arrêter avec les croyants ^^

  3. Syra

    C'est un truc de nanceiens, c'est fou !

  4. AND11

    Superbe interview. Franchement elle est top. Très intéressante. D'ailleurs, un site concurrent sort également une interview de Darden aujourd'hui, mais moins intéressante.

    Faut pas que ça le perturbe toutes ces sollicitations médiatiques :) Notre futur MVP :)

  5. Testo

    Il a l'air d'etre un bon gars, qui pense d'abord a l'equipe et avec un regard lucide sur sa carriere et ses chances. Bonne interview.

    Mais ca commence quand meme a etre ennervant tous ces americains qui ne reussissent dans la vie que grace a dieu. C'est presque se devaloriser soi meme et nier le fait que c'est avant tout grace a leurs propre efforts qu'ils sont la ou ils sont.

  6. ld21

    Une des rares fois où j'ai l'impression que tout le blabla sur l'equipe le collectif etc, est vraiment sincere.

  7. Binsou

    J'vois pas en quoi "Dieu" à intervenir dans le basket.

  8. Gohn

    Une interwiew dans le style "Du côté de chez…" dans Maxi (sauf qu'au lieu de citer 3 personnes avec qui dîner, vous ne lui en avaient demandé seulement 2 ^^).

    J'aime bien ce joueur, il fait ses stats sans jouer pour sa gueule, il à l'air cool, pas arrogant non plus, bref un bon mec.

  9. Sergi Bhaka

    "Un prince à NY"?! Pu…n, comment saboter une bonne interview en une seule question!!!

  10. OscarAbine

    Ca, le côté "dieu" à toutes les phrases, c'est saoûlant…

    Et c'est marrant, on en fait jamais un tel fromage sur les joueurs athées (ni même musulmans ou juifs, d'ailleurs). A se demander pourquoi ? (un peu de provo ne nuit jamais ;-)

  11. OscarAbine

    Andy, le problème est pas de respecter ou non le degré de croyance des autres. Ou alors faut que ça soit à double sens. Faire la promo de ses croyances à longueur d'interview, est-ce respecter les croyances, éventuellement différentes, des lecteurs ?

    Moi, ça me dérange pas, qu'il soit croyant. C'est son problème. Ce qui me dérange, c'est qu'il en fasse part à tout bout de champ.

  12. OscarAbine

    Ben, tu connais pas la "passe divine", le "rebond oecuménique" ?

    C'est clair qu'un dieu passe ses journées auprès des terrains de basket pour aider un joueur à foutre une grosse baballe orange dans un cercle. C'est ptêt pour ça qu'il y a des tremblement de terre au Japon, le dieu était occupé à mater un match, il pouvait pas tout faire en même temps…